IX. — TRAITEMENT DES CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR PAR LES RAYONS X
Les rayons X peuvent-ils donner de meilleurs résultats ? Nous devons d’abord exposer les caractères qui différencient les rayons X et les rayons Gamma du Radium.
On sait que les épidermoïdes sont avant tout caractérisés par le faible écart entre leur radiosensibilité et celle des tissus normaux, et qu'un rayonnement très électif est nécessaire pour attemdre les cellules cancéreuses de ces épider-
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moïdes. À ce point ges vue les rayons X sont très inférieurs au radium.
Mais à un autre Re de vue, les rayons X ont une grosse supériorité sur le radium, c’est l’égalisation d'irradiation, qui résulte de la loi du carré des distances.
Jusqu'à quel point cet énorme avantage des rayons X sur le radium compense-t-il leur manque d’électivité ? Dans l’ensemble les rayons X tels que nous savons les produire aujourd’hui donnent peu de résultats dans les cancers du maxillaire inférieur.
En tout cas, quelles sont les règles à suivre dans l’admnimistration des rayons X? Faut-il frapper fort en peu de temps, ou faiblement sur une longue durée?
Il semblé bien que cette dernière facon de procéder ne puisse donner que des désastres. Regaud a bien mis ce point en évidence dans un article intitulé « l'erreur du fractionnement des doses dans l'espace el de la répétition exagérée de doses» (1).
Les doses qui frappent les cellules cancéreuses sont fonction de deux facteurs : l’intensilé du rayonnement et sa durée. Or, on sait que le néoplasme, loin de voir augmenter sa sensibilité, se vaccine peu à peu, jusqu’à ce que surviennent isolément ou ensemble la radiorésistance el l'intolérance des lissus normaux, intolérance dont le terme ultime est la radio-nécrose.
C’est pour méconnaître cette notion fondamentale que de nombreux radiothérapeutes échelonnent des doses minimes sur des mois entiers, six et huit mois. Il est vrai que les cancers du maxillaire inférieur ne leur laissent pas souvent un délai aussi long ! La durée ne doit atteindre un mois que si des complications (réaction des muqueuses ou accidents si spéciaux d'intoxication Roentgénienne, obligent à interrompre le traitement. En dehors de ces cas on doit essayer de frapper le cancer par une dose importante répartie en une quinzaine de jours ou même moins, et cela en augmentant le nombre d'heures des séances quotidiennes.
Voici l'observation résumée d’un cas de cancer de l’amygdale, adhérent au maxillaire, traité selon ces principes
(1) Paris Médical, 4 Février 1922.
RTS LES
par Coutard, radiologiste de l’Institut Curie, et qui à amené la rétrocession totale d’une tumeus de 9 centimètres d’épaisseur avec guérison maintenue six MOIS.
Observation VIII. — Epithélioma spino-cellulaire de la région latérale du pharygnæ avec adénopathie angulo-maxillaire, Jar GépRe siæ mois par Roentgenthérapie (Coutard).
.G..., 58 ans, début en janvier 1920.
Examen le 26 août 1921. — Tumeur pharyngienne dont le point culminant correspond à l'emplacement de l’amygdale droite ; elle repousse le voile, atteint la paroi postérieure du pharynx, déborde en avant sur la branche verticale et descend jusqu’au repli aryténoépiglotique. |
Extérieurement, tumeur de 8 c. sur 8, du zigoma au bord inférieur du maxillaire, absolument fixe, peau adhérente.
Epaisseur totale de la masse : 9 cm.
Traitement : (Voir tous les détails dans l’observation). (1).
22 heures d'irradiation en trois séances, réparties sur 34 jours.
Rétrocession complète de tous les signes physiques.
Signalons que quelques auteurs associént rayons X et radium. Cest le traitement préconisé en particulier par les Belges, qui à la suite de Bayet recommandent :
19 Une irradiation préliminaire par Rayons X, sur la tumeur et les territoires lymphatiques des deux côtés du cou jusqu'aux clavicules (deux portes d'entrée par côté).
20 Le désossement de la tumeur, huit à douze jours après la dernière séance, suivi de l’aiguillage par la plaie cervicale.
30 Une irradiation post-opératoire identique à la première. / -
En France on aime peu la multiplication des séances des traitements physiothérapiques, à cause de l’augmentation de la résistance des tumeurs avec le nombre des irradiations.
(1) Bulletin de la Société du Cancer, 14 Mars 1921.