IV. — COMPLICATIONS. — SOINS POST-OPÉRATOIRES
Nous avons déjà insisté sur quelques-unes des complications qui rendent si sombre, dans son ensemble, le traitement chirurgical des cancers bucco-pharyngés.
En dehors du schock opératoire qui peut tuer le malade, quelques heures après l'opération, sinon avant qu’elle ne soit terminée, ces complications résultent, pour la plupart, de l'infection du cou. Nous avons déjà énoncé la nécessité, pour la diminuer ou la limiter, de morceller autant qu’on le peut les actes opératoires.
Cette infection peut être suraiguë. Quoiqu'il n’y ait plus trace de tissu cellulaire dans le cou, on l’appelle cellulite aiguë. Quand on la constate, quoique le pronoctic soit des plus réservés, on ne doit pas rester les bras croisés. Morestin,
dans ces cas, ouvrait toute la plaie cervicale et la passait à la teinture d’iode faible et laissait tout à plat.
Plus souvent, l'infection est plus modérée ; quelquefois même, elle est assez légère, mais elle peut ulcérer la jugulaire, c’est très rare, ou beaucoup-plus souvent, la carolide. Get accident, assez fréquent, est spécial. C’est presque toujours la bifurcation de la carotide primitive qui se fissure, beaucoup plus rarement l’origine de la carotide externe, mais, même dans ce cas, il n’y a généralement pas la place à une ligature sur la carotide externe, et c’est la carotide primitive qu'il faut lier. Aussi cette ligature est-elle le plus souvent mortelle, parce que l'opération avait déjà supprimé les branches du système carotidien. Ce qu'il faut bien savoir, c'est que cette ulcération des gros vaisseaux est pour ainsi dire toujours annoncée par une ou plusieurs peliles hémorragies peu abondantes et qui cessent. Il ne faut néanmoins pas prendre pour une réalité le désir qu'on a de voir les choses s’arranger et se contenter de changer le pansement. Brusquement se produira l’hémorragie torrentielle qui vide le malade sans qu’on ait même le temps de le transporter vivant sur la table d'opération.
Lorsqu'on intervient pour prévenir cette hémorragie foudroyante, on a d’ailleurs les plus grandes difficultés, car l'anatomie est entièrement bouleversée.
La dernière et la plus fréquente des complications de cette chirurgie, c’est la broncho-pneumonie. On sait qu’elle ne donne presque pas de signes et que peu de malades en font les frais. Il faut insister sur la possibilité de la voir parfaitement bien éclater après deux et trois semaines et même quelquefois beaucoup plus.
C'est surtout pour éviter cette pneumonie que seront institués la majorité des soins post-opératoires que nous allons envisager maintenant.
Tout d’abord, il faut insister avec Vallas, sur la nécessité d’entourer ces opérés des soins les plus zélés, et même de leur réserver un personnel parfaitement dévoué. Ce sont des malades qu'il s’agit, en effét, souvent de maintenir