‹ Traitement des cancers du maxillaire inférieur (Epithéliomas du plancher de la bouche, de la joue, de l'amygdale, propagés au maxillaire inférieur) Radium- Rayons X- ChirurgieChapitre 53 sur 57 · LA PROTHÈSE APRÈS LES RÉSECTIONS POUR CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

LA PROTHÈSE APRÈS LES RÉSECTIONS POUR CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR

Ses Principes (1)

I. La prothèse après l'opération de Morestin est tout à fait simple ; elle ne comporte que la prothèse éloignée qui reste définitive, et consiste dans la pose d’une arcade prenant ses points d'appui de chaque côté sur la dernière molaire. Elle est praticable chaque fois qu’existent ces dernières molaires. En leur absence, la pose d’une arcade prothétique appuyée sur la nouvelle gencive est encore posssible, le problème devenant en somme celui de l’appareillage des édentés.

IT. La Prothèse après la réseclion complèle de l'arc maxillaire n’est pas praticable. Elle n’est possible, en effet, qu’'avec un appareil prenant un appui en selle sur chacune des branches montantes qui ne tarde pas à ulcérer la muqueuse et n’est pas tolérée. Vallas a complètement renoncé à son emploi. Et c’est pour cette raison qu'il sectionne résolument les deux branches montantes plutôt que de conserver les angles de l’os sur lesquels agissent les masticateurs et qui, complètement déviés, en haut et en dedans, ulcèrent rapidement Je palais. :

[TT — Les autres opérations que nous avons envisagées dans ce travail amènent à un travail prothétique identique. Si l’on a affaire à une hémi-réseclion, 51 reste à appareiller

(1) Tous les renseignements contenus dans ce chapitre nous ont été fournis par notre collègue, Mile Pommay, qui a appareillé de nombreux cas de résection du maxillaire et va prochainement faire paraître un ouvrage sur la question,

un hémi-maxillaire. Si l’on a affaire à une résection de la branche verticale, le problème est le même, à cela près que le bras de levier à appareiller est plus long et comporte en plus de l’hémi-maxillaire opposé à la résection, la branche horizontale du même côté. Si enfin l’on a affaire à une réseclion médiane du sommet de l’arc maxillaire, le problème est encore le même, à cela près que l’on à appareiïller deux bras de levier au lieu d’un, mais deux bras de levier plus petits, et qu’on peut solidariser ensemble.

Donc dans tous ces cas, le type de l’appareillage se ramène à celui d’une hémi-résection.

La prothèse à la Claude Marlin est aujourd’hui complètement abandonnée ; elle consistait à visser dans les extrémités osseuses une pièce de caoutchouc qui déprimait la région opérée et remplaçait la portion réséquée du maxillaire. Cette méthode serait évidemment idéale si elle était tolérée. Les vis trans-osseuses déterminent de l’ostéite, et la tolérance de ces appareils a exceptionneHement atteint deux ans.

Aujourd’hui, on ne se sert plus que d'appareils qui moulent la seule portion restante de maxillaire et prennent appui sur un autre appareil qui moule l’arcade dentaire supérieure. On demande à ces appareils de ramener l’hémimaxillaire en bonne place, pendant l'occlusion de la bouche où un bon articulé est, en effet, utile, acceptant de le voir se dévier pendant l'ouverture de la bouche.

La prothèse doil êlre double et comporter un appareillage pré-opératoire, qu’on laisse en place, pendant la période de cicatrisation et d’ailleurs destiné à la guider, et plus tard un appareillage définitif.

I. L’appareillage pré-opéraloire doit être étudié et préparé à l’avance et mis en place dès le lendemain de l’opération. Il est destiné à éviter la déviation de l’hémi-maxillaire restant, arrivant à ce résultat, d’une part grâce à son action mécanique propre, d'autre part parce qu'il empêche la rétraction de la cicatrice, ce qui est d’ailleurs son intérêt principal.

Il comporte une gouttière placée sur l’arcade dentaire supérieure et une placée sur les dents de l’hémi-maxillaire

"RM0b es

restant. Chacune porte des ailettes qui entrent en contact dans l’occlusion de la bouche, et par leur glissement servent de conducteur à l’hémi-maxillaire qui, en fin de course, se trouve en situation de bon articulé dentaire. Cet appareil est laissé pendant toute la durée de la cicatrisation, il est retiré chaque jour et nettoyé (1).

IT. L'appareil définitif ne doit être posé que lorsque la région opératoire est totalement évoluée et définitivement souple. Ce moment pouvant ne survenir que longtemps après l’opération, quelquefois six mois, il peut être bon de placer un appareil transiloire, solidarisant une gouttière de la mâchoire supérieure et une gouttière de la mâchoire inférieure au moyen d’un ressort ou d’une bielle. L'appareil définitif, lui, se passe de toute espèce de solidarisation avec la mâchoire supérieure, et ne comporte plus, comme dans une prothèse dentaire banale, que des appareils supérieurs et inférieurs mettant des dents là où il en manque.

Si le sujet est édenté, la prothèse est extrêmement difficile et souvent impossible ; elle comporte des gouttières moulées sur les gencives et maintenues en place sur elles par l'effort excentrique d’un ressort qui les écarte l’une de l'autre.

Dans tous les cas, sauf celui du sujet édenté chez lequel les appareils glissent ou sont mal tolérés, la prothèse donne d'excellents résultats et permet le bon articulé dentaire et une mastication efficace.

(1) Voir l’obs. XVIII.

Page 1