‹ Traitement des cancers du maxillaire inférieur (Epithéliomas du plancher de la bouche, de la joue, de l'amygdale, propagés au maxillaire inférieur) Radium- Rayons X- ChirurgieChapitre 54 sur 57 · RÉFLEXIONS SUR LE TRAITEMENT DES CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LE TRAITEMENT DES CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR

1. La méthode Associalion Chirurgie-Curiethérapie donne des améliorations très intéressantes et quelquefois de courtes guérisons (1).

Sans être d'application anodine, sa mortalité est moindre que celle de la chirurgie. Dans les cas où le cancer disparaît, elle laisse peu de mutilation. Dans ceux où il ne disparaît pas, elle permet cependant souvent une amélioration incroyable de l’état général et de l’état local,

Ce sont ces raisons qui empêchent de rejeter la méthode Association Chirurgie Curiethérapie, d’autant que demain une amélioration de technique transformera peut-être ses résultats (2).

2. La Chirurgie compte des guérisons et quelquefois . des guérisons définitives, mais elles surnagent au milieu d’une effroyable mortalité et sont souvent acquises au prix d’une grosse mutilation.

Les reproches à faire à la chirurgie sont :

Sa mortalité : Pour Morestin, une proportion de guérison, si faible soit-elle, justifie les pourcentages de mortalité les plus élevés.

(1) Il est bien entendu qu’il ne s’agit que des cancers du Plancher, de la Joue ou de l’Amygdale propagés au maxillaire. Les mêmes cancers, même très étendus, même approchant l’os (à condition toutefois qu’ils ne l’approchent pas de trop près), sont guéris par le Radium dans une proportion importante et sans mutilation. Il semble bien que les mauvais résultats obtenus dans les cancers qui nous occupent soient dus à la nécessité où l’on se trouve de pratiquer l’opération de désossement.

(2) Peut-être ces irradiations à grande distance par des doses massives (3 et 4 gr.) qui sont essayées actuellement à l’Institut du Radium de Paris.

Ses grosses mulilalions. — Là, il ne semble pas excessif de condamner les jugements sentimentaux, et de laisser parler les intéressés : tous les opérés acceptent leur mutilation sans y penser.

Sa difficullé. — L'’argument est gros. C’est en effet une chirurgie très difficile, qui demande de l’habileté et une connaissance parfaite de l’anatomie. Il faut à l’opérateur plus que de l’audace, de la foi, car, alors qu'aujourd'hui on aime la chirurgie réglée, propre et ne donnant pas de mortalité, il s’agit là d’une chirurgie qui n’a nullement bénéficié des progrès modernes et de l’asepsie.

Parmi ses avantages, en plus de celui de donner des guérisons durables, il faut mettre en avant qu’elle réserve la possibilité, en cas d’échec ou de récidives, d’appliquer secondairement du radium, ce qui est très appréciable, puisqu'au contraire un échec du radium est sans appel.

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