DISCUSSION DU PROCEDE RESULTATS OPERATOIRES
Le principal avantage du recouvrement conjonctival est, nous l’avons dit à plusieurs reprises, d’empêcher toute spoliation importante de vitré.
Bien souvent, lorsque la capsule venait sans difficulté, le vitré restait en place et nous étions sûrs qu’il n'en sortirait aueune parcelle secondaïrement, une fois le recouvrement conjonctival effectué.
En effet, sans ce dernier temps, l’opérateur n’est jamais sûr que le malade ne donnera pas un brusque coup de paupière pour un motif imprévu, et c’est alors l'issue massive de vitré et un globe aux trois quarts vide, atone, perdu pour toujours.
Le second avantage est la protection contre l’infection d’origine exogène.
À plusieurs reprises, des malades, avec des voies lacrymales obstruées, des paupières en mauvais état n'auraient pas bénéficié d’une intervention que nous n’aurions pas osé entreprendre.
Mais, rassurés par le souvenir de bons résultats obtenus dans des circonstances analogues, nous ten-
tions d'opération et les suites normales nous montraient, une fois de plus, la valeur protectrice du recouvrement conjonctival.
Morax (1), dans son rapport sur les cataractes secondaires, signale comme fréquents les accès de glaucome post-opératoires.
RoCHoN-DUVIGNEAUD insiste encore plus sur &e danger et parle d’un pourcentage plus élevé.
Nous n'avons jamais constaté semblable complication. Est-ce à cause de la parfaite coaptation des bords de la plaie, empêchant tout enclavement irien ou à cause de l’absence de réaction infectieuse ?
Nous ne saurions nous prononcer, mais il nous a paru intéressant de signaler de fait, en attendant que de nouvelles observations viennent confirmer ou. . infirmer peut-être nos premières constations.
Enfin, un dernier avantage, d'ordre moral celuilà, est l’impression, justifiée d’ailleurs, qu’a l’oculiste d'entreprendre une intervention relativement peu dangereuse.
Il n’hésite plus dès lors, comme auparavant, et plusieurs malades qui, sans cela, seraient restés à demi aveugles, parce que non opérés, pourront jouir d’une bonne vue, grâce à l'extraction capsulaire, suivie du recouvrement conjonctival.
(1) Morax (V.). — Les cataractes secondaires, Bulletin de la Société d’ophtalmologie de Paris, novembre 1922.,
En ma qualité de Censeur de tour, j'ai lu la Thèse ayant pour titre :
Traitement des cataractes secondaires par l'extraction complétée systématiquement par le recouvrement conjonctival.
Je pense que la Faculté peut en permettre l’impression.
Montpellier, le 6 novembre 1933
Le Professeur,