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simplement des adénites strumeuses qui furent incisées à l'âge de 5 ans.
Pendant toute son enfance elle fut très coléreuse, à l’école elle battait ses camarades à tout propos. Mais son caractère s’est aigri. au moment où sa mère se remaria. Jeanne devint grincheuse, pleurarde, se disputa avec elle pour des futilités.
Antécédents héréditaires paternels. — On ne trouve que de la tuberculose, le père est mort de la poitrine à 28 ans. Le grandpère, une tante, un oncle sont morts vraisemblablement aussi tuberculeux. Il n’est pas fait mention de troubles nerveux.
Antécédents maternels. — La mère, âgée actuellement de 39 ans. est bien portante. C’est une femme très irritable, mais qui ne présente pas d'accidents névropathiques.
On retrouve également la tuberculose chez les collatéraux maternels : une sœur est morte de cette maladie et sa fille en est actuellement atteinte.
La mère de notre malade s'est mariée deux fois. Elle a eu de son premier mariage : 1° un fils âgé actuellement de 19 ans, exerçant. la profession de mécanicien, bien portant; 2° Jeanne, notre malade ; 3° une fille, 16 ans, bien portante également ; 4° une fille morte en bas-âge.
De son deuxième mariage, un fils, 5 ans 1/2, bien portant.
Dès son entrée dans le service la malade fut mise au lit, isolée des autres malades par un paravent. Elle fut très surveillée.
Peu à peu son agitation à diminué et au bout de 6 semaines elle a quitté l'hôpital absolument calme.
Dans cette observation, nous relevons les points suivants :
1° L'absence du rhumatisme. Celui-ci n’a pas précédé l'apparition des mouvements nerveux.
2° On constatera l'importance du rôle de l'émotion, de la peur et de la contrariété dans l'apparition des crises.
3° On remarquera l'influence néfaste des parents, de l'entourage, sur la blésité de l'enfant ; loin de chercher
à faire disparaître ce défaut, en l’obligeant à rectifier ses fautes, on les encourageait par des récompenses.
Rien n'eut été plus facile cependant que de lui faire perdre cette mauvaise habitude, car elle était parfaitement capable d’articuler correctement chaque fois qu'elle s'en donnait la peine. Il suffisait de lui commander de parler, en évitant de mettre la pointe de la langue entre ses dents, pour que sa parole devint correcte.
4° S'agit-il vraiment d’un cas de chorée de Sydenham ?
L'absence de phénomènes rhumatismaux ne suffit pas pour éliminer ce diagnostic, car, d'autre part, l'évolution de la maladie, avec ses rémissions et ses rechutes successives rappelle celle dela ehorée de Sydenham, comme aussi la prédominance unilatérale des mouvements nerveux.
5 Nous insisterons particulièrement sur le bon résultat obtenu par le repos au lif avec isolement relatif.
Voici maintenant les observations de quatre choréiques, frères el sœurs, qui furent soignés dans le service de M. le P' Brissaud, à l'Hôtel-Dieu. Nous avons pu suivre de près ces malades, qui ont fait l’objet d'une présentation à la Société de neurologie de Paris par
MM. Brissaud, Rathery et Bauer (séance du 2 mars 1905).
Observation III (personnelle).
Il s’agit d’une famille de choréiques, composée de quatre enfants.
1* choréique. — Le premier atteint est la fille ainée, Claire F.., âgée actuellement de 17 ans, entrée le 15 février 1905, salle Sainte- Madeleine.
C'est à l’âge de 7 ans, après une peur, qu’elle eut pour la pre. mière fois la chorée. La crise cessa après trois mois de traitement par l’antipyrine, les douches, le bromure de potassium. La maladie réapparut un mois après, plus violente que précédemment, elle dura 6 mois.
Pendant ce temps, la malade pouvait à peine parler, elle bavait sans cesse, était incapable de manger seule, avait de grandes difficultés à marcher et souvent faisait des bonds pendant la marche.
À 12 ans 1/2, Claire est prise d’une attaque de rhumatisme articulaire aigu (1 mois {/2) qui est suivie d’une nouvelle attaque de chorée ; celle-ci ne cesse qu’à 45 ans 1/2, à la puberté.
En octobre dernier, à 17 ans, Claire est atteinte à nouveau d’une attaque de rhumatisme aigu, polyarticulaire (2 mois) suivie d’une crise de chorée qui persiste encore aujourd’hui. Elle présente actuellement des mouvements involontaires ayant tous les caractères de la chorée de Sydenham : mouvements incessants des doigts et de la main, soulèvement fréquent des épaules, mouvements de la tête et des membres inférieurs, instabilité des muscles des globes oculaires et de la langue.
Les reflexes tendineux et cutanés sont normaux.
On ne trouve pas de troubles de la sensibilité (tact, douleur), pas de zones hystérogènes, pas de dyschromatopsie, ni de retrécissement du champ visuel.
Elle n’a pas non plus d’anesthésie, ni de la pituitaire, n1 des con- Jonctives.
Par contre il y a anesthésie pharyngée complète.
Elle n’a jamais eu de crises nerveuses.
Elle a un souffle mitral.
Les signes de dégénérescence sont assez nombreux : psychisme atténué, développement anormal des seins, soudure du lobule de l'oreille, faciès de dégénérée, le système pileux est à peine développé au pubis, pas du tout aux aisselles.
Le traitement prescrit fut le repos au lit avec isolement relatif, qui a été assez bien observé. Aussi le 4* mars, la malade est-elle beaucoup plus calme que lors de son entrée. Elle peut garder l'immobilité presque parfaite pendant quelques instants.
Le 15 mars, elle quitte l'hopital très améliorée ; les mouvements ont diparu.
2 choréique. — Le 2% enfant atteint, Adolphe, est actuellement âgé de 10 ans. Îl eut une première crise à 8 ans, au moment ou sa sœur était elle-même malade, cette crise a duré 3 mois. Il en eut une deuxième en juillet dernier, à 40 ans, qui a guéri complè tement après trois mois également.
3° choréique. — La 3° enfant, Constance, âgée de 12 ans 1/2, a la chorée depuis octobre 1904 ; en décembre elle semblait guérir, mais les mouvements choréiques reprirent de plus belle après Noël, tant avait été vive la joie de recevoir des cadeaux. Cette petite malade est en voie d'amélioration, bien qu'elle ait encore manifestement des mouvements involontaires des membres supérieurs et de la face.
4 choréique. — Enfin, il y a en ce moment dans le service, le 4° enfant, Christophle, âgé de 15 ans, qui, indemne jusqu’en janvier dernier, a été pris d’une attaque de chorée assez violente pour entraver son travail. Il raconte qu’au moment où ces mouvements ont commencé, il travaillait en compagnie d'un homme ayant un mouvement convulsif des muscles de la face, probablement un tie; il y aurait peut-être une certaine part d'imitation dans l’étiologie de sa chorée. Les premiers mouvements, en effet, furent localisés princeipalement à la face et un peu aux mains et aux jambes, mais ils persistaient pendant son travail.
L'enfant est aussi un dégénéré, malgré qu'il soit intelligent et travailleur ; il a en effet quelques stigmates de dégénérescence : dents d’'Hutchinson, palais ogival, strabisme convergeant, leucome sur le globe oculaire gauche.
Comme sa sœur 2 fut mis au lit dès son entrée à Saint-Charles.
Au bout de quinze jours les mouvements avaient complètement disparu et, si dans la suite, les progrès furent peu sensibles, -c'est qu'il était très difficile d'empêcher le malade de se lever et de se distraire dans cette salle de 35 malades. Quant à faire de l’isolement, il était inutile d'y songer.
Un point particulier mérite d’être signalé dans les antécédents héreditaires de cette famille : un oncle du côté maternel a eu, vers