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Nous nous sommes demandés, en rapprochant ces différents phénomènes de l'absence signalée plus haut, si le malade ne serait pas atteint, en même temps que de chorée, de mal comitial, et nous sommes enquis pour savoir si l’enfart s'était senti plus fatigué, soit après ses incontinences d'urine, soit après ces sortes d'absence, s'il avait levé les yeux pendant ces dernières; enfin, s'il s'était mordu la langue. Il nous fut répondu négativement.
La tachycardie persistait toujours. Nous renvoyons la mère en lui recommandant de mettre de suite son fils au lit pendant quatre jours et, si les mouvements ont disparu après ce temps, de permettre à l'enfant de se lever. Mais si, comme précédemment, les mouvements réapparaissent au bout de quelques jours, de faire reprendre à nouveau le repos au lit.
Nous avons revu le jeune Victor au bout d'une deuxième période de quinze jours, au cours de laquelle le traitem?nt fut suivi d’une manière très rigoureuse. Après quatre jours de lit avec isolement, et trois jours de vie normale, les mouvements qui avaient disparu, s'étant manifestés à nouveau légèrement, la mère remit son fils au lit pendant trois jours. Îl y avait quatre jours qu'il s'était levé quand nous avons présenté l'enfant à la consultation du Prof Brissaud. On a pu constater cette fois-ci une guérison presque complète. Les mouvements choréiques avaient disparu tout à fait pendant le repos, mais on en constatait cependant encore quelquesuns lors des mouvements volontaires.
Le caractère était meilleur. L'écriture était normale. L'état général s'était sensiblement amélioré. L'enfant avait meilleure mine, quoique encore assez pâle, ce qui détermina le Profr Brissaud à lui donner VI gouttes de liqueur de Fowler par jour pendant un mois.
Cette observation donne lieu à plusieurs remarques pathogéniques et thérapeutiques. Nous constatons :
1° Que nous retrouvons chez les frères et sœurs des phénomènes psychiques analogues à ceux présentés par le malade ;
2 Que parmi les antécédents personnels figure un
rhumatisme articulaire aigu et que celui-ci paraît avoir eu une localisation méningée ;
3° Que les premiers phénomènes caractéristiques de la chorée n'apparurent que longtemps après cette infection rhumatismale et qu'il n'y a peut-être pas lieu de voir entre celle-ci et celle-là une relation étiologique certaine :
4° Que, d’après les parents, les crises de chorée débutent presque toujours tout d’un coup. Cependant, il y a peu de maladies présentant un début plus insidieux ; le changement de caractère, l'apparition des premiers mouvements, la maladresse même peuvent passer inaperçues. Il faut que ces phénomènes soient devenus très intenses pour que les parents les remarquent.
Au point de vue thérapeutique, nous devons constater le peu de succès du traitement médicamenteux et au contraire les résultats décisifs et rapides obtenus grâce à l’alitement et à l'isolement conseillés par M. le Prof Brissaud.
Nous voyons encore l'intérêt qu'il y a dès la réapparlion des mouvements, à reprendre tout de suite ce mode de traitement.
Observation II (Inédite). — Communiquée par MM. Henry MeiGe et E. FEINDEL.
(Recueillie dans le service de M. le P' Brissaun, à l'Hôtel-Dieu).
Jeanne L..., 18 ans, couturière, entrée salle Sainte-Madeleine, le 17 novembre 1905.
Lorsque la malade se présenta à la consultation du mercredi, ce qui frappa dès l’abord, fut son instabilité. Pendant qu'on l’interrogeait, elle se tenait debout, remuant sans cesse, tantôt sur une jambe,
tantôt sur l’autre, chiffonnant sa robe ou arrangeant ses cheveux, grimaçant à tous propos.
Elle parle avec un blésiment très accentué. Ce trouble de la parole date de l'enfance ; mais il s’est accentué depuis une époque déjà lointaine où, certaines personnes, amusées par cette façon de parler, lui donnaient deux sous chaque fois qu'elle parlait de la sorte.
Les premiers mouvements ont apparu il y a #4 ans, en mars 1898.
Au dire de la mère, ils auraient été déterminés par une peur : une tante lui ayant montré une tête de mort. Les « mouvements nerveux » ont subi, paraît-il, une recrudescence 15 jours après, au moment de la naissance d’un frère. Ce fut, en effet, l’occasion de disputes avec la mère, celle-ci ne voulant pas lui permettre de porter l’enfant.
Cette première crise s’est terminée en juin 1898, ne laissant absolument aucune trace. Elle fut traitée par l’ipéca à dose vomitive, tous les jours pendant 3 mois.
Elle eut une deuxième atteinte en juillet 1899, il y a 3 ans. Celleci ne dura que 8 jours. Les mouvements étaient localisés au bras gauche.
En août 1900, pendant 8 jours encore, elle eut quelques mouvements toujours localisés au même bras.
Une quatrième fois, en septembre 1901, elle eut une petite crise de 4 jours.
En avril 1902, elle fut opérée d’'appendicite par le D' Lucas- Championnière, et en août elle reprit son travail.
A ce moment, les « mouvements nerveux » apparurent de nouveau, d'abord localisés au bras gauche, puis étendus au côté opposé et aux membres inférieurs. Depuis cette époque, elle n'est pas restée un seul jour, une seule heure sans remuer, excepté toutefois pendant le sommeil.
Les mouvements présentent cette particularité, d’être restés toujours à peu près les mêmes.
Dans l'intervalle de ses accès, l'enfant était absolument calme.
Jeanne n'a jamais eu ni convulsions, ni maladies fébriles ; enfin, nous ne trouvons de rhumatisme à aucun moment de sa vie; mais
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