AUS 32 SE
nécessaire de la combattre par l’instillation préalable de cocaïne, si ce n’est cependant dans quelques cas d'emploi de solution de sublimé à 1 p. 500. I suffit souvent, pour calmer cette douleur, d'appliquer sur la verge une compresse imbibée d’une solution boriquée froide.
2° Doses. DIRECTION DU TRAITEMENT.
Les instillations doivent, en principe, être faites tous les jours, afin de maintenir la vessie dans un état aussi constamment antiseplique que possible. Il est cependant prudent, lorsqu'on arrive graduellement à l'emploi de solutions assez fortes (1 p. 2000, 1 p. 1000, 4 p. 500), de n'instiller d’abord que tous les deux jours puis, dès que l’instillation est bien supportée, tous les jours.
C'est d’ailleurs une question d'appréciation de la part du chirurgien. On ne saurait, à cet égard, ainsi que nous le disions plus haut, poser de règles fixes et mathématiques, car il faut avant tout étudier la sensibilité du malade, les effets produits par le sublimé et la réaction qu'il provoque, et baser sur ces connaissances la marche du traitement.
C’est ainsi que chez certains de nos malades nous avons pu passer en quelques jours à des solutions très concentrées, à 1 p. 2000, à 1 p. 1000, alors que chez d’autres la progression devait être beaucoup plus lente.
C’est là un point capital du traitement, dont l'inobservation peut avoir un résultat contraire au but cherché. Il faut done agir avec prudence, par tâtonnements quelquefois, tant qu'on ne connaît pas bien son malade,
ROGUE LS qu'on n’a pas encore étudié sa sensibilité et le mode d'action du sublimé dans son cas particulier.
C'est une règle de chirugie générale qui trouve ici son application : il faut agir avec méthode, en observant, et non pas étourdiment et sans réflexion. C'est ainsi que nous avons vu de nos amis qui nous exprimaient leur peu de confiance dans ce traitement, nous citant des insuccès dans leurs tentatives, nous pouvions tantôt nous rendre compte qu’ils avaient voulu passer trop rapidement à des solutions très fortes qui avaient fait souffrir leurs malades, et que sans notre intervention ils eussent compté pour un échec, ou même une aggravation, un cas qui sagement et méthodiquement traité aboutissait à une guérison. Tantôt au contraire, les doses n’étaient pas augmentées assez vite, une amélioration se produisait mais restait stationnaire jusqu’au jour où, sur notre conseil, on augmentait les doses, ce qui ne tardait pas à améliorer les résultats.
D'une facon générale nous pouvons dire qu’on peut commencer dès le début par des instillations à 1 p. 4000 chez l’adulte, 1 p. 5000 chez l'enfant, les solutions inférieures étant trop faibles. On augmente ensuite progressivement les doses selon le degré de tolérauce de la muqueuse vésicale. En général, dans les cystites récentes, quelle que soit leur nature, il est inutile de s’élever au-dessus des solutions à ! p. 2000 ou 1 p. 1500. Dans les cystites anciennes ou rebelles il faut monter jusqu'aux solutions à 1 p. 1000 et même 1 p. 500. Nous n'avons jamais eu, pour notre part, recours à une so-
lution plus élevée que cette dernière, nous pensons COLIN 5
RENTREE x
d’ailleurs que des solutions plus concentrées ne seraient pas tolérées, les instillations à 4 p.500 étant assez souvent douloureuses elles-mêmes, surtout quand la vessie n'y est pas encore accoulumée.
Mais tant qu'on n'aura pas obtenu une guérison complète ou une amélioration au delà de laquelle on est sûr de ne pouvoir aller, il faudra essayer, lâtonner, avec persistance, sans se décourager. C’est ainsi que, tandis que certains de nos malades ne sont restés que quelques jours au traitement, la plupart y sont restés plusieurs semaines (observat. I, IL, IT, IV, V, XIX, XX, XXI, etc.), et quelques-uns plusieurs mois (Ex : obs. VI, VIL, XVII, XXII), selon la nature, l'ancienneté, l'intensité de leurs cystites et la résistance qu'elles présentaient aux médications. ù
D'une façon générale plus une cystite est ancienne et plus elle est difficile et longue à guérir ; mais de toutes les formes de cette maladie celles qui sont dues à la tuberculose sont les plus longues à guérir, c’est-à-dire celles qui demandent au chirurgien le plus d’attention, de patience et de persévérance. :
Quant à la quantité de liquide à instiller, elle nous a paru devoir être de 2 à 5 grammes dans la vessie, de 10 à 15 gouttes au niveau du colet de la partie profonde de l’urèthre postérieur.
Les seringues dont nous nous sommes servis pour toutes nos instillations contiennent 4 grammes de liquide, une quantité inférieure nous a toujours semblé trop minime en comparaison de l'effet souvent étendu à obtenir, une quantilé supérieure à toujours été cause
de douleurs et à été mal supportée. Nous avons essayé en vain d'instiller 8 à 10 grammes, nous avons dû y renoncer, car les malades souffraient et nous avons tou- Jours tenu à éviter la douleur dont la suppression par l'emploi du sublimé est un des points les pMhs favorables à la vulgarisation de ces instillations, d'autant que nous pouvions, sans provoquer de douleurs et en agissant moins brusquement, arriver quand même aux résullats les meilleurs. Ou bien il eut fallu augmenter la quantité de liquide injecté, mais en diminuer la dose, et c’eut été perdre l'effet modificateur du sublimé à doses concentrées, or, nous sommes convaincu de ce fait que la dose de linstillation employée est beaucoup plus importante que la quantité, et qu'avec une petite quantité d’une solution forte on obtient de bien meilleurs résultats qu'avec une quantité plus grande d’une solution moins concentrée.
Fait important à noter, les solutions de sublimé employées pour les instillations doivent être préparées sans alcool, les solutions alcooliques étant beaucoup plus irritantes, douloureuses et mal tolérées. La formule
SUBIT ARS on ea nan 0--CT 20 Acidemtaririque. 20e." 4 ;srammeé Maten or are A RE ITS:
est des plus commodes et donne instantanément, en présence de la quantité d’eau bouillie nécessaire selon la dose qu’on veut obtenir, une solution facile à employer. Ajoutons enfin que le sublimé, employé ainsi que nous l'avons dit, n’a jamais produit chez aucun de nos malades le moindre accident général ou local. « Cette con-
dition favorable, dit M. le professeur Guyon (1), s’ajoute donc à toutes celles qui permettent de recommander l'usage du sublimé dans le traitement des cystites de toute nature ».
® (1) Loc. citat.
Résultats obtenus dans chaque variété de cystites, eten particulier dans les cystites blennorrhagiques et tuberculeuses.
1° CYSTITES TUBERCULEUSES.
C'est dans ces cystites que nous avons obtenu les résultats Les plus remarquables, car, avant que M. le Professeur Guyon n’ait eu l’heureuse idée de traiter ces cysütes par les instillations de sublimé, aucun traitement local n'avait donné de résultats positifs.
Nous relatons à la fin de ce travail, les observations que nous avons prises sur 16 malades atteints de cystite tuberculeuse, les résultats de notre traitement par le sublimé se décomposent ainsi :
3 guérisons.
6 très grandes améliorations.
5 améliorations.
2 insuccès (1).
En dehors de ces 16 malades qui ont été suivis jour-
(1) Ces 2 insuccès, ainsi qu’on peut le voir dans nos observations XV et XVI, ont eu lieu l’un chez un vieillard très affaibli et dans un état général très mauvais, l’autre chez un malade possesseur d’une cystite remontant à 5 ans et contre laquelle toutes les médications antérieures et postérieures à la nôtre ont échoué.
nellement et dont nous avons pu prendre scrupuleusement l'observation, nous avons eu Foccasion de traiter, en particulier au service de la consultation externe de Necker, un grand nombre de cystites tuberculeuses; dans tous ces cas nous avons constaté les bons résultats des instillations de sublimé. Le même succès a été obtenu par nos camarades et nos successeurs dans le service de Necker. Enfin notre savant Maître a consacré l'importance et les résultats favorables de ce traitement. en appliquant, dans sa pratique personnelle, les instillations de sublimé aux cystites tuberculeuses, et en les recommandant comme traitement de cette affection.
Les résultats obtenus jusqu’à ce jour sont donc frappants, étant donnée l'impuissance où l’on était trop souvent d'améliorer ces malades avant l'emploi des instillations de sublimé. Notre statistique personnelle le constate el nos résultats ont été des plus heureux, nous ne craignons pas de le dire, sachant la tenacité des cystites de cette variété, leur résistance aux autres médications et l'impossibilité presque constante où l’on était jadis non seulement de les guérir, mais même de les améliorer.
Dans sa leçon sur le traitement des eystites par le sublimé, M. le Professeur Guyon dit: « Je tiens essentiellement à ce que vous notiez que, dans les cystites tuberculeuses que nous avons traitées, le sublimé a tou- Jours été bien toléré. Sije mets pareille insistance à faire cette remarque, c’est que jusqu'à présent, après avoir essayé nombre d'agents dans la eystite tuberculeuse, je n'avais eu que des insuccès. Et l'insuccès n’était
pas seulement dans l'absence de guérisons, mais dans l’aggravation manifeste déterminée par l'emploi du traitement topique. Les mauvais effets du nitrate d'argent m'avaient en particulier amené à penser qu'il fallait renoncer au traitement local dans les cystites tubercu- Jeuses. Parmi les autres agents, il en a été de même de la créosote, du naphtol, de l'acide lactique et de plusieurs autres, je dois déclarer qu'entre mes mains l’iodoforme n'a eu que des échecs ». M. le Professeur Guyon insiste ensuite sur l'importance qu’il y a, chez tous ces malades, à instituer le traitement général de la tuberculose en mème temps qu'on fait un traitement local. Pour notre part nous nous sommes toujours très bien trouvé de cette association et nous ne saurions trop la recommander.
En résumé chez tous nos malades, sauf chez les deux derniers, le sublimé a donné de bons résultats, chez tous il a été supporté sans douleurs notables. Mème chez nos deux derniers malades les instillations ont paru diminuer un peu. la souffrance. La douleur est le premier symptôme morbide qui disparaît sous l'influence de notre traitement, elle a été annulée dans 14 cas sur 16, diminuée dans les deux autres.
Chez nos quatorze premiers malades la fréquence des mictions a toujours été, à des degrés divers, considérablement diminuée.
En même temps nous pouvions voir la capacité vésicale augmenter, les urines s’éclaireir et perdre leur dépôt. |
Les résultats bactériologiques ont été moins pro-