‹ Traitement des cystites: Par les installations de SubliméChapitre 10 sur 23 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

Les instruments nécessaires aux instillations intravésicales sont une seringue à instillations du Professeur Guyon et un instillateur à boule perforée.

Il faut choisir ce dernier assez souple et assez fin (n° 12 à 14), à cause du danger de l’inoculation chez un tuberculeux dont la muqueuse uréthrale pourrait être lésée par un instillateur trop gros, à cause de la sensibilité très vive de la muqueuse uréthrale et en particulier de la région sphinctérienne chez les malades atteints de cystites à forme douloureuse.

Il faut avoir soin de faire uriner le malade avant l'opération, afin que l’agent thérapeutique introduit dans la vessie ne soit pas dilué dans l'urine et ne perde pas ainsi de son efficacité. |

On charge la seringue de la solution de sublimé à instiller, on introduit l'extrémité de la canule dans le pavillon de l’instillateur et on amorce celui-ci afin de ne point faire pénétrer d'air dans la vessie. Donnant alors la seringue, ainsi adaptée à l'instillateur, à tenir au malade, et toutes les précautions antiseptiques ayant été

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prises, on introduit doucement l'instillateur jusqu’à ce que la boule qui le termine ait franchi la portion membraneuse. On pousse alors Le piston de la seringue pour instiller la quantité que l’on veut. On a ainsi l'avantage de faire l’instillation dans l’urèthre postérieur qui participe toujours à l’inflammation de la vessie.

Dans mes premières observations j'avais remarqué (1) que l’instillation ainsi faite était plus douloureuse que lorsqu'on n’instillait que la vessie, mais en présence des lésions, à peu près constantes, de l’urèthre postérieur et du col vésical, ainsi que l’a démontré M. le Professeur Guyon, Je pense actuellement qu'il vaut mieux, autant que possible, instiller en même temps la vessie et l’urèthre postérieur en agissant ainsi que je l'ai indiqué plus haut. J’ai obtenu aussi de bons résultats et l’instillation de l’urèthre postérieur m'a paru moins douloureuse en introduisant directement la boule de l'instillateur dans la vessie et en n’instillant le col de la vessie et la partie profonde de l’urèthre postérieur qu'au retour, au fur et à mesure qu’on retire la sonde, en n'y faisant pénétrer que quelques gouttes. Cette dernière pratique est également de mise chez certains malades nerveux et sujets au spasme et chez lesquels, si on veut franchir la portion membraneuse, on est obligé de faire pénétrer l'instrument avec une certaine rapidité sous peine d’être arrêté par le spasme.

Enfin dans un certain nombre de cas, l’instillation de l’urèthre postérieur étant douloureuse, sans que celle de la vessie le fût, j'ai supprimé la première et je n’en

(1) Annales des organes génito-urinaires, janvier 1892.

PR es ai pas moins vu guérir mes malades (Observations I, VSXEX

Mais ici, pas plus que dans tout autre mode de traitement, on ne peut fixer des règles immuables. « C’est à l'observation attentive des effets provoqués et des résultats obtenus qu'il conviendra de demander les détails nécessaires pour bien vous guider » (F. Guyon).

Une précaution importante à prendre est de ne pas séparer la seringue de l'instillateur au moment où on retire celui-ci el où il passe à travers l’urèthre et surtout l'urèthre antérieur, car sans cette précaution le liquide contenu encore dans l'instillateur se répandrait dans le canal et y serait Le siège d’une douleur d'autant plus vive que la solution employée serait plus concentrée.

Une fois l’instillation terminée, on recommande au malade de changer de position, de ne pas rester couché sur le dos, mais de faire quelques mouvements, de se tourner alternativement d’un côté el de l’autre, puis sur le ventre, afin que le liquide introduit dans la vessie, toujours en faible quantité, n'ait pas d'action que sur la seule surface où il est déposé, mais balaye en quelque sorte toute la muqueuse vésicale et soil en contact successivement avec tous ses points.

On ne saurait trop insister sur tous ces détails, tant est délicat Le traitement dont nous nous occupons.

Les premières instillations sont quelquefois un peu douloureuses ; lorsqu'on augmente la dose ou la quantité de l’instillation, il peut y avoir aussi un peu de douleur. Quand le traitement est conduit avec méthode et prudence, cette douleur est toujours fugace, il n’est jamais

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