‹ Traitement des cystites: Par les installations de SubliméChapitre 5 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La pratique des instillations remonte à l’année 1868, date à laquelle elle fut appliquée par M. le Professeur Guyon pour l’urèthre d’abord et plus tard pour la vessie où les résultats furent au moins aussi satisfaisants. Notre Maître partait de ce principe éminemment vrai, et que nous ne saurions trop répéter après lui : « la vessie n'a pas de capacité anatomique, elle n’a qu'une capacité physiologique », — il ne faut pas distendre une vessie douloureuse.

La substance presque toujours employée fut le nitrate d'argent. C’est à la fin de l’année 1890 que le sublimé fut employé pour la première fois méthodiquement dans le service de Necker, et c'est à nous que M. le Professeur Guyon voulut bien confier les premières recherches sur ce sujet. Nous les avons poursuivies pendant l’année 1891-92 et nous n'avons cessé depuis d'étudier cette question et d'y ajouter de nouveaux documents.

Ceci étail important à dire, car si je publie aujourd’hui seulement le résultat de mes travaux, je tiens à spécifier que j'ai été le premier à recueillir les observations sur ce sujet et à appliquer cette méthode de traitement, comme en font foi la clinique de M. le Professeur Guyon parue dans les Annales des organes génito-urinaires de Janvier 1892, et les observations qui suivent. Quelques-

unes de ces dernières sont d’ailleurs reproduites à la fin COLIN 2

du présent travail avec celles que j'ai recueillies depuis cette publication. ;

Quelques observations furent également prises à celte époque par M. Perregaux, interne des hôpitaux, je tiens à le remercier ici du concours qu'il m'a apporté.

Ainsi que j'essaierai de le démontrer au cours de ce travail, les instillations de sublimé m'ont donné de bons résultats dans les différentes variétés de cystites, mais celles qui en ont retiré les plus grands bénéfices sont les cystites tuberculeuses qui n'étaient que rarement améliorées avant ce traitement.

Le traitement des cystites et en particulier des cystites tuberculeuses présentait en effet jusqu’à ces dernieres années une lacune : toute intervention intra-uréthrale était regardée comme dangereuse et proscrite pour cette raison dans la cystite tuberculeuse. Les instillations de nitrate d'argent, qu’on avait cependant quelquefois employées, n’avaient pas donné grands résultats ; elles avaient, particulièrement dans ces cas, l'inconvénient d’être très douloureuses.

Il ne restait donc de place que pour le traitement médical, peu efficace trop souvent, et dont les résultats étaient toujours très longs à se manifester — quandils se manifestaient — ou pour la cystotomie, préconisée par M. le Professeur Guyon entre les mains de qui elle avait donné souvent de bons résultats, en modifiant heureusement les symptômes de la cystite. Mais cette opération n'est pas toujours un mode de traitement facilement applicable, ni à la portée de tous les praticiens.

Il était réservé à M. le Professeur Guyon de combler

AN TERRE cette lacune et de faire faire encore un pas en avant à la thérapeutique des voies urinaires qui lui devait déjà tant et de si éminents progrès. C’est à la fin de l’année 1890 que notre Maître tenta les premières instillations intra-vésicales de sublimé dans les cystites et en particulier dans les cystites tuberculeuses. Les résultats satisfaisants qu'il obtint dès cette époque lui firent considérer que ce traitement méritait d’être étudié et que les règles devaient en être fixées. Avant de faire connaître les résultats, et désireux de ne le faire qu’à bon escient, et qu'avec l'appui de preuves nombreuses, M. Guyon voulut que la question fut étudiée avec méthode et suite dans son service de Necker. Les malades soumis au nouveau traitement furent suivis et leurs observations prises journellement. Des courbes graphiques qui indiquaient le nombre des mictions et la capacité vésicale furent tenues à jour chaque matin, permettant ainsi une vue d'ensemble sur la marche de la maladie et les résultats du traitement. Malheureusement les difficultés de l'impression ne nous ont pas permis de reproduire ici ces courbes, ainsi qu’il eût été intéressant de le faire, nous n'avons pu insérer que le résumé d’une d’entre elles (observ. IT).

Jusqu'au 1° février 1891, M. Perregaux, externe du service, eut la mission de prendre les observations, et il s’en acquitta avec un soin scrupuleux et intelligent. Les résultats ne furent pas d’abord aussi heureux qu'on l’avait espéré, car ce furent surtout des lavages de sublimé qu’on employât à cette époque, et nous verrons par la suite combien les instillations de sublimé devaient

OMOIE

être préférées aux lavages. Cependant déjà chez deux de ces malades, qui n’avaient pas bénéficié de l’action des lavages, les instillations amenèrent une amélioration. À

A cette époque (février 1891), M. le Professeur Guyon voulut bien, pendant notre année d’externat dans son service, nous confier le soin de continuer les observations en cours et d'y ajouter les nouvelles observations que nous devions recueillir, en même temps que les modifications dans le traitement que pourrait susciter par la suite la pratique que nous devions en acquérir.

Frappé des résultats obtenus dans les cystites tuberculeuses par les instillations de sublimé, nous avons appliqué celles-ci au traitement des autres variétés de cystites. Nous avons ainsi pu constater et nous essaierons de démontrer que ce traitement peut être généralisé et appliqué indistinctement et avec avantage aux cystites des différentes sortes.

Premiers essais de lavages et d'instillations avec les solutions de sublimé jusqu’au 1° février 1891.

C'est à la fin de l’année 1890 que M. le Professeur Guyon tenta pour la première fois de traiter les‘cystites par le sublimé. Les statistiques inédites de M. Perregaux ne sont pas favorables à ce traitement, mais cela tient à ce qu'on fit à cette époque presque uniquement des lavages de sublimé, les grands avantages des instillations n’ayantété démontrés que plus tard et par une plus lon- gue expérience du traitement nouveau.

Sur 8 femmes atteintes de cystite et traitées par les lavages de sublimé, on compta 2 guérisons, 1 amélioration, à insuccès et 2 aggravations.

Nul doute que ces résultats n'eussent été beaucoup plus satisfaisants si dès cette époque les instillations avaient été employées à la place des lavages, la preuve en est bien d’ailieurs dans ce fait que sur les 3 hommes atteints de cystite et traités par les lavages de sublimé, dont l'observation est relatée dans cette statistique, on compta d’abord 3 insuecès tant qu'on ne fit que des lavages, puis 2 de ces malades furent soumis aux instillations de sublimé et en retirèrent une très grande amélioration.

Suite de l’expérimentation du traitement pendant les années 1891, 1892, 1893, 1894. Modifications nouvelles.

Nous fûmes donc chargé de continuer ces observations à partir du 1° février 1891. Nous avons poursuivi nos recherches depuis cette époque jusqu'à l'heure actuelle, c’est le résultat de nos travaux que nous résumerons 101.

La première chose qui nous frappa fut l'intensité de la douleur provoquée par les lavages de sublimé.

Tout lavage qui distend une vessie douloureuse ne fait d’ailleurs qu'accroître ce symptôme douleur, « la vessie, dit M. le Professeur Guyon, n'a pas de capacité anatomique, elle n’a qu’une capacité physiologique ».

Ce principe, qui est toujours vrai, l’est surtout dans les cas pathologiques ; c’est lui qui a engendré la pratique des instillations. Une nouvelle preuve en fut faite par nous : nous fimes concurremment des lavages à une partie de nos malades et des instillations à l’autre. fl nous suffit alors de très peu de temps pour constater la supériorité de ces dernières, supériorité qui s'était déjà affirmée dans les deux observations de M. Perregaux que nous citions plus haut.

Tandis que les instillations étaient toujours à peu

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