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au cours de la maladie et qui, insuffisantes, auraient laissé l’infection s'étendre et ameéner la mort.
Donc, au cours d’une maladie infectieuse comme la Fièvre typhoïde, nous essayerons de provoquer ou de hâter la guérison, soit en fournissant à l’organisme les anticorps nécessaires au moyen de sérum provenant d’un animal inoculé — ce sera la sérothérapie — soit en provoquant Chez le malade lui-même la formation d’anticorps par l'injection d’un antigène tué ou atténué dans sa vitalité, ne pouvant déterminer la maladie, mais capable de déclencher les réactions de défense : ce sera la vaccinothérapie — ou comme l’a dit heureusement Ardin-Delteil : l’antigénothérapie.
Mais, remarquera-t-on aussitôt, le sérum antityphique nous paraît être une arme excellente : il apporte des anticorps prêts à entrer en lutte avec les bacilles; bactéricide puissant, il va détruire ex bloc une énorme quantité de germes, réalisant ainsi une immunité précoce sans demander à l’organisme un effort réactionnel qu’il serait peut-être incapable de fournir.
Certes, mais on peut craindre que la rapidité de son action constitue un véritable danger, la destruction microbienne massive venant verser dans la circulation une énorme quantité de poisons. En outre, l’immunité «passive » qu’il confère est de très courte durée.
Par la vaccinothérapie, au contraire, à un moment où le malade a une tendance naturelle à réaliser une immunité active durable, sans y réussir pourtant, les forces de l’infection étant supérieures à celles de la défense, nous allons, voyant comment agit la «vix medicatrix naturæ » l’aider dans ses moyens «quo natura vergit, eo ducendum !»
Sans doute cette immunité que le typhique doit réaliser « à ses frais ? si nous osons dire, ne s'obtient pas immédiatement.
Il y a même au début un fléchissement momentané, dû à ce que l’antigène injecté fixe les anticorps qui, présents à ce moment dans l’organisme, étaient chargés de sa défense; cette période critique, de courte durée, — et dont le mécanisme semble expliquer également les rechutes, — constitue la phase négative; on peut d’ailleurs l’éviter par l'emploi de vaccins sensibilisés; mais de toute façon elle n’a pas l’importance qu'on a voulu lui attribuer, elle n’est en rien un danger, et la destruction au cours de cette phase des microbes injectés va renforcer considérablement le pouvoir défensif du sérum. Ainsi une immunité
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s’établira bientôt, grandissant au fur et à mesure qu’apparaîtront les anticorps.
Mais objectera-t-on, qui prouve que c'est bien la vaccinothérapie et non la maladie qui les a provoqués? N’y a-t-il pas là qu’une simple coïncidence ?
Quel est le mécanisme intime de la défense? Et pourquoi voulezvous que les quelques centaines de millions ou les quelques milliards de germes que vous injectez, fassent, au point de vue mise en œuvre de moyens défensifs, plus que tous ceux déjà existant.
D'abord, nous savons où prennent naïissance les anticorps : expérimentalement, si on injecte du vaccin dans l’oreille d’un lapin, on voit son sang acquérir les propriétés que nous connaissons. Celles-ci tombent rapidement dès qu’on ampute l’oreiïlle. C’est donc bien sur place, sur le lieu même de l’injection, que se forment les corps immunisants : et il ne s’en produit pas une quantité juste suffisante pour détruire nos bacilles du vaccin, il y a une véritable surproduction d’anticorps qui, en grand nombre, vont passer dans.la circulation pour s’attaquer aux bacilles vivants. Ensuite, l’hyperleucocytose remplaçant la leucopénie connue de la période d'état, par exaltation de l’activité formatrice des tissus de défense lymphatique, les polynucléaires, nombreux à cette heur>, vont pouvoir, (soit par suite de l’apparition des oponines, soit qu'ils aient, selon Ranque et Senez, réalisé une sorte d’entraînement par la phagocytose préalable des bacilles tués ou atténués du vaccin, proie facile) triompher des bacilles vivants.
Enfin, il est vraisemblable que les bacilles vivants du malade, parce qu’ils passent continuellement, mais en quantité relativement faible à la fois dans la circulation d’une part, parce qu’ils sont à chimiotaxie négative s’accompagriant de leucopénie d’autre part, sont impuissants à provoquer une abondante surproduction d’anticorps, alors qu’on y parvient, en introduisant ex bloc, en un point limité de l’organisme une forte dose vaccinale (bacilles morts — chimiotaxie positive, hyperleucocytose).
Cette dose sera renouvelée plusieurs fôis, on l’augmentera même, afin de produire des anticorps toujours plus nombreux et des phagocytoses successives et ininterrompues.
Ainsi l’action des vaccins nous semble réelle, Le vaccin nous apparaît non comme un contrepoison, non comme un poison, mais comme un excitant à la défense spécifique de l’organisme,