‹ Traitement des Fièvres Typhoïde et Paratyphoïdes: par le vaccin iodé, les applications de glace et les lavements froidsChapitre 8 sur 37 · RER · texte numérisé non relu

RER

Est-ce dire que cette défense ne saurait être déclenchée par d’autres moyens? Nous savons que des réactions peuvent être obtenues par l’emploi de métaux colloïdaux ou de peptone, par voie intra-veineuse, ou encore de lait, par voie hypodermique. Disons en passant que l’action de ces trois substances est brutale, incertaine, éphémère, et qu’elles entraînent des phénomènes de choc qui ne sont pas sans danger. Mais les deux dernières nous intéressent, parce qu’elles font naître une nouvelle hypothèse sur le mécanisme de l’action des vaccins : dans la composition chimique fort complexe d’un corps microbien entrent des toxines, des diastases et des protéines : dès lors les vaccins nous apparaissent susceptibles d’agir par protéinothérapie. :

Une spécificité absolue est-elle nécessaire? Non. Nous utilisons fréquemment, avec des succès égaux, des stock-vaccins au lieu d’autovaccins.

‘D'autre part, Fiessinger, Ranque et Senez ont montré que des germes très différents (staphylocoques, bacilles typhiques, streptocoques) peuvent avoir des fonctions antigéniques communes à côté d’autres distinctes. Nous n’en pensons pas moins avec ces auteurs «qu’il vaut mieux employer une protéine microbienne et si possible la protéine microbienne qui a envahi le malade: on réunit ainsi à l’action antigénique de groupe, l’action antigénique spécifique ».

4° DEDUCTIONS PRATIQUES GENERALES.

Qui faut-il vacciner? Quand doit-on s'abstenir?

Presque toutes les infections typhiques ou paratyphiques sont justiciables de la vaccinothérapie.

«Elle se recommande particulièrement, dit Bordet, lorsque l’organisme ne semble pas réaliser un effort assez vigoureux de défense et a besoin d’être artificiellement stimulé pour réagir avec l’intensité voulue. »

Faut-il encore que l'organisme soit capable de lutter. Aussi on évitera de traiter par le vaccin les formes hypertoxiques avec myocardite, les débilités, les tuberculeux avancés et ceux auprès desquels on est appelé tardivement.

Pour Sacquépée, l’hémorrhagie intestinale constitue une contreindication absolue. Netter ne vaccine pas les malades accusant une

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douleur dans la région vésiculaire, qui pourrait être un début de cholécystite. Alors que l’acidose commande l’abstention, la présence d’une faible quantité de glucose ou d’albumine n’est pas un obstacle au traitement.

Quand faut-il vacciner?

Le plus tôt possible. Destinée à exciter la défense de l’organisme, la vaccinothérapie sera d’autant plus active qu’elle sera plus précoce.

Quelle voie d'introduction choisir ?

La voie intra-veineuse ne semble pas présenter d’avantages particuliers. D'une technique relativement délicate chez certains sujets, elle engendre d’une manière brutale les réactions de défense, donnant souvent lieu à des phénomènes alarmants.

La voie buccale aurait donné à Lumière et à Fournier des résultats satisfaisants.

La voie intestinale a l’inconvénient de nécessiter des doses énormes de vaccin; de plus, son action est lente.

Aussi la méthode des injections hypodermiques nous paraît être la méthode de choix : l’antigène est absorbé rapidement, mais non brutalement. On sait en outre que c’est sur le lieu même de l'injection que les réactions de défense ont leur point de départ; ce qui nous engage, lorsqu'on répétera les injections, à veiller à ne pas piquer exactement le même endroit, dans la crainte de voir les tissus formateurs d’anticorps s’épuiser et leur action cesser. |

Quelles doses faut-il injecter?

Les résultats rapportés par tous les auteurs sont également bons, soit qu’ils se soient servis de doses faibles (moins de 100 millions de bacilles) en injection intra-veineuse, ou de doses moyennes ou fortes (de 100 millions à 1 milliard et plus) par voie sous-cutanée.

Il est bien évident qu’on ne peut à coup sûr donner à un typhique la dose initiale qui lui convient exactement, puisqu'on ignore son pouvoir réactionnel à la piqûre. Mais nous pensons qu’il y a intérêt à commencer par des doses moyennes qu’on augmentera régulièrement.

Quand jaut-il répéter l'injection?

Dès que les réactions dues à la première piqûre sont tombées, et en l’absence de toute amélioration; on les renouvellera àintervalles réguliers, de manière à apporter à l'organisme qui lutte des excitations successives. Mais on les cessera si manifestement, après plusieurs essais, chez un malade dont l’état va s’aggravant, aucune réaction de défense n’a été esquissée.

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