I. — HISTORIQUE
La réduction orthopédique des fractures du rachis a toujours existé, sous des formes variables et avec «les fortunes diverses.
Avant Hippocrate étaient utilisés le procédé de sacvades sur l'échelle, de l’outre à l'air, du banc, méthodes dangereuses, inefficaces, que le maître de Cos “eJeta complètement. Il décrivit le prenuer procédé de réduction orthopédique correcte. Le blessé est couché à plat ventre sur une planche. Un aide tire par des lacs passés sous les aisselles ; un autre aide effectue la contre extension sur la taille et les genoux. Pendant ce temps l'opérateur tâche de réduire la g1bbosité par pression manuelle ou avec le pied. Dans les cas rebelles, on encastre une planche dans la muraille audessus du segment fracturé. Cette planche sert de levier et la déformation se réduit sous le poids de l'opérateur.
OniBase adopta presque sans modification le procédé hippocratique. Paul n'ÉGiNEe imagina la conten-
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LACKMANN
tion de la fracture, qu'il réalisait par une planchette vertébrale fixée par des bandes.
Ce procédé fut usité jusqu'au xr siècle de notre ère. L'école arabe, avec AVICENNE, avec ALBUCASIS, en exagéra la brutalité et c’est à grands coups de pilon que l’on essayait de réduire la déformation.
I] faut attendre la seconde moitié du xvi° siècle, avec Ambroise Paré, pour revoir une méthode orthopédique supportable et satisfaisante. Sous son influence, sous l'influence de Louis MErcarus, de Fabrice de Hizpex, de SCULPTET, et durant deux cents ans, le traitement des fractures du rachis fut le suivant : le blessé, suspendu par les aisselles, est placé verticalement. I] est ainsi mis en extension par le poids de son corps. Une planchette, repoussée par deux bâtons entourés d’étoffe, et placés de chaque côté de la gibbosité, réalisait le refoulement local.
Nous avons déjà vu les raisons qui firent que, durant plus d’un siècle, la réduction orthopédique fut à peu près abandonnée.
Elle ne réapparut que dans la deuxième moitié du xix° siècle, avec la communication de MAISoNNEUvE à la Société Nationale de Chirurgie. Malgré l'appui que lui apporta MALGAIGNXE, malgré les nombreux procédés de réduction qui furent décrits à cette période et dont nous reverrons les principaux plus loin, il faut bien dire que jusque vers 1930, la réduction resta un procédé exceptionnellement utilisé, au moins en France, et presque uniquement dans les cas de grosses déformations. En 1897, DELBET recommandait encore
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l'immobilisation pour toutes les fractures du rachis sans troubles nerveux.
C'est à la suite des travaux de vulgarisation de DAvis (1928), de Warsox Joxes (1931), de BünLer (1932) que la réduction orthopédique, par le nouveau procédé de l’hyperextension, reprit, dans le traitement des fractures du rachis, une place qu'elle n'aurait jamais dû perdre. Tous ces chirurgiens utilisent le décubitus ventral.
Le décubitus dorsal cependant, a été aussi préconisé, et cela depuis plus longtemps encore, par Dax- DRIDGE, STimMsOoN (1897), Auvray et Moucuer (1913).
Il connut peu de faveur et Micnez, MurEz et Rous- SEAUX, dans leur remarquable ouvrage de 1933, le condamnaient absolument. Duxrop et Parker, en 1933, Scnorre, de Gand, en 1934, le tirèrent de l'oubli, et actuellement, bien mis au point par notre maitre. le Professeur SÉNÈQUE, et SicARD, ce procédé de réduction par hyperextension en décubitus dorsal tend, surtout en France, à supplanter le procédé de WaTsox JoxEs, comme le prouvent les récentes observations de
Huet, René Brocn, LEPEUPLE et PARNEIX.