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L’'ANESTHÉSIE LOCALE

Pour BôünLer et son école, c'est l’anesthésie de choix ; elle est pratiquée suivant la technique de SCHNECK.

Le blessé est couché sur le côté. On effectue le repérage de la vertèbre fracturée. Le plus souvent, l’apophyse épineuse de celle-ci est facilement aperçue. C'est elle qui forme la gibbosité.

Lorsqu'elle n’est pas visible à l'inspection, on la recherche par la douleur caractéristique qui correspond à la palpation prudente. Ce n'est qu'en cas de doute et exceptionnellement qu'on aura recours à la radiographie pour la localisation. Sur une ligne perpendiculaire au rachis, à 6 % au-dessous de l’apophyse repérée, on repère le point de ponction, au cas de fracture lombaire. Dans les fractures dorsales, il faut reporter l'injection à deux travers de doigt au-dessus de ce point, en raison de l’obliquité des apophyses épineuses dorsales.

On utilise la solution de novocaïne à 1 %. Après avoir anesthésié les plans cutanés, on enfonce soit l’aiguille à ponction lombaire, soit la longue aiguille de PaUGRET pour injections paravertébrales. Cette aiguille doit faire un angle de 85° environ avec l'axe sa-

BENTIEE

gittal de la vertèbre fracturée. À une profondeur de 9 à 8 %, l'aiguille bute sur l’apophyse transverse ou sur une côte, comme cela se produit dans l’anesthésie paravertébrale. Par tâtonnements, on la fait passer au-dessus de l'obstacle, et on l’enfonce à nouveau. sans changer de direction, de 8 ou 4 % de plus. A ce moment ,on butte sur la résistance osseuse du corps vertébral. On injecte alors 5 %? de la solution à 1 %, puis on enlève la seringue en laissant l'aiguille en place. Si par le pavillon de l'aiguille il sort un liquide rosé, teinté de sang, c'est que la pointe est bien dans l’hématome périfracturaire et on injecte alors 5 %° supplémentaires de novocaïne. Si au contraire, la solution revient claire, il faut tâtonner à nouveau jusqu'à ce qu'on découvre l’hématome.

La solution de novocaïne se répand vite et l’insensibiité est rapidement obtenue. Par ailleurs, la ponction d’une racine nerveuse ou de la plèvre sont sans inconvénients.

Les auteurs de ce procédé insistent sur deux remarques essentielles :

1° Il est nécessaire d'enfoncer l'aiguille obhiquement de bas en haut pour que le liquide puisse s’écouler et donner la certitude d'être dans le foyer de fracture.

2° 11 faut employer une solution faible à 1 % et ne pas injecter plus de 10 %. En effet, une déchirure de la dure-mère ou une ponction de celle-ci restent possibles ,et ces fortes doses entraîneraient une paralysie ascendante très dangereuse.

3° Lorsque la fracture intéresse plusieurs vertèbres,

il faut refaire l'anesthésie au niveau de chacun des corps vertébraux intéressés par le traumatisme.

L'Ecole de Vienne prône beaucoup cette méthode d'anesthésie locale, peu choquante, à action rapide. BRieic, dans le service du Docteur BAGHLEGHN, à Haldbren, à réduit ainsi cinq fractures du rachis et eut l'occasion, à deux reprises, de constater un phénomène intéressant. Il s'agissait de blessés d\spnéiques et contracturés, et on pouvait discuter une lésion viscérale concomitante. Or l’anesthésie locale du fover de fracture Ssupprima en quelques minutes, outre les douleurs, la dyspnée et la contracture. On peut donc mettre aussi à l'actif de cette anesthésie locale ce moyen de diagnostic lorsqu'on suspecte une lésion abdominale concomitante.

Cependant, à ces avantages, on a opposé de nombreux inconvénients, justifiant les deux méthodes

suivantes.

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