B. — TECHNIQUE DE LA REDUCTION DES FRACTURES SANS PARALYSIE
Le blessé, anesthésié ou non, est placé sur le ventre, sur la table la plus bassé et on le tire en dehors de la table jusqu'aux plis inguinaux.
On soulève le tronc de 25 à 30 cm. et on laisse les bras s'appuyer sur la table surélevée et rembourrée.
Si on ne dispose que de deux tables de même hauteur, on surélévera la surface de l’une d’elles par une boîte de 15 à 20 centimètres de hauteur, dont on rembourrera la face supérieure.
Afin que le corps ne puisse glisser, on attache au moyen de sangles les membres inférieurs sous le pli fessier et au-dessus de la cheville.
L'hyperextension se fait ainsi toute seule, sans toucher le blessé, Au bout d’un temps variable, dix minutes, vingt minutes, la région lombaire se creuse à nouveau en lordose et la colonne dorsale s'étend. Les apophyses articulaires subluxées se replacent, et les apophyses épineuses écartées se rapprochent. Il n° a aucun danger d'hypercorrection, à cause, en avant, de la mise en tension du puissant ligament vertébral antérieur, et des muscles antérieurs (psoas, piliers du diaphragme) ; en arrière, de la mise en contact des
apophyses articulaires et des apophyses épineuses.
Aucune lésion médullaire n'est non plus à craindre, et d’ailleurs, si une pression était exercée sur Ja moelle ou une racine, le blessé accuserait aussitôt une douleur fulgurante dans les jambes.
Cette position est fatigante, et difficile à supporter pour un blessé fatigué. Aussi Büncer place-t-1l sous les aisselles une forte sangle, attachée à des moufles, et qui attire la partie haute du thorax en haut et en arrière, complétant le mécanisme d’hyperextension.
Dès que la réduction paraît effectuée, on fait en place une radiographie de profil.
Si la réduction est bonne, on l’immobilise par un corset plâtré.
Si elle ne paraît pas suffisante, il faut avoir recours au procédé de Davis D'ERIE ; on attache aux deux che- \illes des lacs de traction ; puis on tire le blessé de façon à ce que seuls son cou et sa tête dépassent la table. Enfin on l'élève par les pieds en tirant sur les moufles jusqu'à ce que le bassin soit suspendu au-dessus du plan de la table d’une bonne largeur de main. La tête dépassant le bord de la table est appuyée au niveau du front sur. le dossier rembourré d’une chaise dont le malade agrippe les montants latéraux. On le laisse ainsi durant dix minutes, puis on refait une nouvelle radiographie de profil. La contention sera réa-
hsée en ramenant le blessé à sa première position.
CG. = TECHNIQUE DE LA REDUCTION DES FRACTURES AVEC PARALYSIES COMPLETES
Nous n'envisagerons ici que les fractures avec paralvsies complètes, car dans les cas de paralysies parüelles, il faut traiter exactement comme s’il n’y avañ pas de paralysies. On aura souvent l’heureuse surprise de voir disparaître en quelques heures des paralysies
vésicales où des paralysies isolées du sciatique.