‹ Traitement des fractures et des pseudarthroses par l'enclouage centro-médullaire à ciel ouvertChapitre 12 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Tels sont les résultats de l'enclouage centre-médullaire tel qu'il est pratiqué au service du Professeur FONTAINE. Ils nous ont montré que ce procédé, pratiqué selon les principes qui ont été exposé au début de ce travail, s'intègre comme une des modalités les plus utiles dans le grand cadre de l’ostéosynthèse métallique. Il n'est destiné ni à supplanter ni le traitement orthopédique des fractures, ni les autres variétés d'ostéosynthèse, mais simplement à enrichir nos possibilités thérapeutiques. Aussi doit-on s'efforcer de préciser, de plus en plus, les indications

de l'enclouage centro-médullaire en tenant compte du siège des

LCR

fractures, de leur variété (obliques, transversales, simples ou communitives) de leur âge (récentes ou anciennes, pseudarthroses) et de leurs complications (ouvertes ou non).

Mais avant de clore ce travail, quon nous permette de répondre brièvement à deux objections qui ont souvent été

faites à l’enclouage centro-médullaire :

1— On lui a reproché d'exposer à certains dangers parce qu'ils détruit la moelle. Or chez l'adulte la moelle osseuse est graisseuse et habituellement inactive. À priori déjà, sa destruction ne devrait donc pas faire craindre des répercussions graves sur la cytologie sanguine. Schuttenmeyer a d'ailleurs suivi de près l'hémogramme de plusieurs centaines d'encloués. Jamais il n'a constaté la moindre perturbation.

L'expérience montre également que le danger dembolie graisseuse est tout à fait minime.

Quant à l'action que le clou pourrait, à la rigueur exercer sur l'ostéogénèse réparatrice, Walterhofer et Schramm n'ont expérimentalement rien constaté de défavorable et la pratique leur donne raison. On peut donne entièrement souscrire à l'opinion de Leriche quant il écrit: ‘L'erreur de parler du rôle ostéogénétique de la moelle n’a plus droit de vivre, car autant dire que la graisse peut faire de los”.

2.— Reste le deuxième reproche qui a parfois été fait à l’'enclouage médullaire : la possibilité d'une intolérance de l'os vis à vis du métal. Ce problème, l’enclouage médullaire le partage d’ailleurs avec l’ostéosynthèse métallique en général et nous pensons que depuis les, déjà classiques, recherches de Ménégaux et Odiette, il peut être considéré comme pratiquement résolu. Tout le monde n'est-il pas actuellement d'accord pour estimer que les métaux qui servent à la fabrication des plaques, vis, clous et autre matériel d'ostéosynthèse doivent être inattaquables et aussi neutres que possible du point du vue physico-chimique. Pour la même raison ils doivent être polis avec soin. C'est dans ces conditions et dans ces conditions seulement que la synthèse métallique n'interfère avec l'ostéogénèse réparatrice ni en la stimulant à l'excès ni en la ralentissant outre mesure. En tout cas de ce point de vue, l'enclouage centro-médullaire n'occupe pas à notre avis une place à part. Il exige simplement comme tout l’'ostéosynthèse métallique d'ailleurs, un matériel impeccable. Grâce à lui, on pourra peu à peu, l'expérience aidant, déterminer les indications qui lui reviennent en propre.

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