TECHNIQUE DE LA RÉDUCTION
On aura auparavant construit un casque pour le malade, suivant la technique décrite précédemment. Si le blessé vient consuller lardivement, il sera préférable
de lui placer un casque tout prêt, dont on doit disposer,
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et que l’on peut au besoin faire plaquer en enroulant la tête avec des bandes de gaze.
Le malade sera étendu dans le décubitus dorsal, le tronc légèrement relevé. On l’endormira au kelen, sans toutefois trop pousser l’anesthésie. Se plaçant alors à sa droite, on introduira la pince à levier de Martin dans une fosse nasale, parallèlement au plancher, et en la manœuvrant le bec levier redressera les os propres fracturés. On répètera la même opération pour la fosse nasale symétrique et pendant ce temps de réduction, on malaxera en même temps avec les trois premiers doigts de la main gauche, toute la partie dorsale du nez correspondant au bec levier. On introduira ensuite la deuxième pince de Martin, et en saisissant la cloison fracturée ou déplacée entre les mors de cette dernière, on ramènera l’arête nasale dans une position rectiligne. Il faudra toutefois ne pas serrer fortement cette pince à mors plats, car on pourrait léser un peu trop la muqueuse et produire par suite des escarres gênant sa réparation. Sargnon a abandonné cet instrument qu'il trouve trop brutal pour le remplacer par le spéculum de Killian. Il suffit pour obvier à cet inconvénient de manœuvrer comme nous venons de le dire.
Un point très important dans le maniement de ces deux pinces est de les enduire largement l'huile goménolée, qui permettra de les faire glisser plus facilement dans les fosses nasales, sans trop abîmer la muqueuse.
Lorsqu'on réduit l4 fracture, 1l se produit toujours une hémorragie. En général, elle ne persisle pas plus de quelques minutes. Il suffit de tamponner les fosses nasales avec quelques mèches d'eau oxygénée : il est rare
pou qu'elle soit plus tenace et qu'elle oblige à pratiquer un tamponnement intra-nasal laissé en place 24 neures.
- Telle est la méthode de réduction pratiquée avec les pinces de Martin. Elle présente sur les autres méthodes cet avantage d'être plus facilement exécutée, attendu que ces deux instruments sont spécialement faits pour cet usage. La réduction pratiquée ‘avec les intruments tels que le dos d'une curette, une simple spatule, le dilatateur de Tripier, le spéculum de Killian. a certainement donné également de bons résultats, mais ceux-ci dépendent surtout de l'habileté de l'opérateur. Le seul inconvénient, d’ailleurs facilement évitable, que présentent les deux pinces de Martin, est la très grande force que l'on peut déployer avec ces mtruments, dont le bras de levier est très puissant. Mais c'est aussi un avantage qui les rend supérieurs aux autres imstruments, lorsqu'il s'agit de réduire des fractures récentes en voie de consolidation dans lesquelles les fragments sont toujours difficilement mobilisables.