OBSERVATION IV
Le Bail Toussaint, 30 ans, est un menuisier, qui dans une rixe a reçu un coup de pied bas. Il tombe et il est abandonné de ses agresseurs. Il essaye de se relever; mais il n'y parvient pas et attend qu'on vienne le prendre et letransporter à l'hôpital. 2
Il est placé salle Malgaigne, le 2 mai. La moitié inférieure du membre droit est gonflée. La déformation est manifeste. Le pied est déjeté un peu en dehors par une coudure de l'axe du tibia. L’angle formé est très obtus, ouvert en dehors et son sommet siège au dessous de la réunion du 113 moyen et du 173 inférieur. Le fragment tibial supérieur fait une légère saillie en avant, les bords de cette saillie se réunissent et forment un V à pointe dirigée en bas. Une ecchymose légère s'étend sur la faceexterne de la jambe au niveau de la partie moyenne.
L'articulation tibio-tarsienne est normale. Le raccourcissement est de 2 centimètres environ. La fracture siège à 9 centimètres environ de l'extrémité inférieure de la malléole interne pour le tibia et le péroné est fracturé plus haut, vers la partie moyenne et au dessus du trait de fracture tibial., La crépitation est nettement perçue. :
Le 3 mai, une gouttière postérieure est placée après réduction de la fracture et le pied placé en bonne position. Cette gouttière monte à deux travers de doigt du plateau tibial, de façon qu'elle ne gêne en rien les mouvements de l'articulation du genou.
Le 4 mai, ayant constaté que le pied n’est pas en bonne position, l'Hergott est refait.
Le $ mai, l'appareil de marche est construit; le zinc
employé a une épaisseur de 1 mil. 172. L'étrier est enveloppé
de tarlatane plâtrée, et adapté comme nous l'avons dit à la gouttière de contention. Elle remonte jusqu'au « chapiteau tibial. »
Le 6 mai, le blessé marche avec son appareil sans éprouver la moindre douleur. Le 10 mai, le malade se plaint et dit éprouver une douleur à la partie supérieure de la jambe au moment de la déambulation.
Le 16 mai, l'appareil de marche est enlevé. La gouttière postérieure est conservée. |
L’angle interne de cette gouttière a produit une blessure de la grandeur d’une pièce d'un franc environ. Un pansement est fait. Le 18 mai, malgré la défense absolue qui lui a été faite de se lever, le malade se lève et peut s'appuyer sans douleur sur sa jambe. Nous examinons le cal: celui-ci est déjà formé, il est un peu gros, mais nullement vicieux ou douloureux. |
Le 30 mai, la gouttière postérieure est enlevée, le cal est un peu volumineux, très solide, pas douloureux. Le blessé s'appuie franchement sur sa jambe.
Le 10 juin, Le Bail quitte l'hôpital sans la moindre atrophie musculaire et sans la moindre raideur articulaire.