‹ Traitement des fractures simples de jambe par la méthode "ambulatoire"Chapitre 8 sur 19 · NUS 7 T OR · texte numérisé non relu

NUS 7 T OR

consolidation définitive du cal que M. le docteur Cestan a dressées dansson article du24avril 1897, dans la Gazette des Hôpitaux. Elles démontrent suffisamment combien de si légers mouvements, comme ceux qui pourraient se passer au niveau de la fracture, peuvent être plutôt utiles au cal qu'ils ne peuvent le retarder. Ces mouvements d’ailleurs, et nous le répétons pour la troisième ou quatrième fois, s'ils existent, sont trop peu considérables pour gêner la cicatrisation osseuse et encore moins pour amener un déplacement secondaire avec raccourcissement et chevauchement des fragments.

Nous croyons donc que la méthodeambulatoire hâte la consolidation des fractures et qu'elle rend de grands services pour la formation du cal dans les fractures dont la consolidation est retardée.

Les avantages d'ordre général ont été battus en brêche par l'adversaire de la méthode, le docteur Hennequin, dont l'expérience incontestable dans la question des fractures est des plus accréditée; mais il nous semble que l'opposition de Hennequin à tous les avantages que nous offre cette nouvelle thérapeutique, devrait être moins tenace.

Les complications que soulève presque toujours le repos forcé au lit de certains malades, tels que les vieillards et les alcooliques, c’est-à-dire les stases circulatoires, amenantles congestions hypostatiques et le délirium tremens, sont logiquement évités par la méthode ambulatoire : tel vieillard, qui

par la méthole d'immobilisation, aurait pu être entraîné à la mort par les complications pulmonaires, de par le repos forcé, pourra bénéficier de la déambulation; nous avons démontré par des faits sa possibilité : tel alcoolique qui manifeste une crise de délirium tremens pourra être remis sur pied dès le surlendemain; nous avons vu que nos fracturés de jambe avaient l'autorisation et pouvaient marcher dès le deuxième jour de leur entrée à l'hôpital. Au besoin, si le gonflement est trop considérable, on appliquerait de suite la méthode pour mettre le blessé dans des conditions physiologiques normales, quitte à refaire l'appareil quelques jours après s’il était devenu trop large pour le membre dégonflé. Nous avons vu que cette pratique était possible.

La méthode ambulatoire offre à tous, riches et pauvres, des avantages incontestables. Toujours, le riche comme le pauvre, ne pourra reprendre complètement ses occupations; mais ils pourront, les uns et les autres, satisfaire aux exigences de la vie. Dans les hôpitaux, les blessés pourront se servir eux-mêmes, s'habiller eux-mêmes, aller à leurs besoins comme les convalescents; la convalestence pour eux commencera dès les premiers jours de l'accident; par limmobilisation, elle ne commence que vers le quarantième jour. N'est-ce point là un réel avantage et doit-on le négliger ? Les professions assises ne bénéficieront-elles pas de ce traitement, qui permettra à ceux qui le suivront d’aller à leurs

bureaux ? Il est des employés dans les administra-

tions, peu fortunés, qu'un chômage de soixante et

quelquefois soixante-dix jours jette dans la misère ;

ils perdent leur place et, la plupartdutemps, ne sont

pas rémunérés, même lorsque leur absence est justi- . fée par la maladie.

Le prix de l'appareil est insignifiant et la moindre gouttière dépasse de beaucoup le prix de l’étrier que nous conseillons : du reste, ce prixest largement compensé par les bénéfices qu’en retirera le blessé, de par le temps économisé et de par les conditions dans lesquelles i] se trouvera dans la

suite. Certains arthritiques ne restent-ils pas sou-°

vent ankylosés pour toujours à la suite d'une immobilisation longtemps prolongée ?

Page 1