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« cela sans me donner le temps de rien préparer pour « le pansement, ni de transporter le malade sur le lit « d'opération. Guérison.
Sans vouloir préconiser cette précipitation opératoire, nons en concluons pourtant que le chirurgien doit se hâter et prendre une décision rapide.
Il faut aussi opérer haut, en dépassant les limites du sphacèle et de l'emphysème, très largement. Trélat a bien montré par deux observations personnelles que l’infiltration et l’altération musculaire remontent souvent bien plus haut qu'on ne pourrait le supposer tout d'abord. Terrillon a signalé ce fait : « Lorsqu'on pra- « tique l'amputation, dit-il, dans un point où il n'existe « encore que du gonflement, sans changement de « coloration de la peau, ni sphacèle, on est étonné de « voir que les muscles sont devenus livides et ne se « contractent plus sous le couteau, qu'il ne S’écoule « que très peu de sang et une faible quantité de séro- « sité colorée. »
Il faut donc par cette méthode opérer largement, pour avoir quelques chances de succès. Tantôt et suivant les cas, on devra désarticuler le coude pour une gangrène gazeuse de la main, amputer le bras pour un envahissement de l’avant-bras, désarticuler même l'épaule, quand le coude est envahi et dépassé
-par l'infiltration.
Au membre inférieur on devra recourir à la désarticulation du genou, à l'amputation ou même à la désarticulation de la hanche.
Après l'opération, on fera naturellement une soigneuse hémostase et souvent on devra renoncer à la réunion immédiate.
Le lambeau demeurera non suturé, enveloppé dans un pansement antiseptique sec, car un simple drainage serait souvent insuffisant. La guérison s'obtiendra dans ces cas par bourgeonnement avec suppuration au niveau des lambeaux.
Ainsi donc cette première méthode a pour but principal de dépasser, s'il se peut, les parties infectées et de séparer les tissus sains d'avec les tissus malades au prix des plus grands sacrifices pour sauver la vie de la malade.
La seconde méthode est la méthode conservatrice ; iei, on a essayé de plusieurs procédés. Les us ont essayé des pansements antiseptiques locaux, espérant surtout combattre l'infection générale, en faisant absorber au malade des potions phéniquées, des suldites et des hyposulfites, enfin la transmission sanguine ou l'injection intraveineuse de sérum artificiel sur laquelle les chirurgiens ont attiré l'attention dans ces derniers temps, d'une façon générale dans toutes les infections. :
Nous ne dirons rien de ces traitements évidemment insuffisants, sinon inefficaces pour quelques-uns au moins.
Les injections de serum pourront être par exemple de bons adjuvants, mais non pas des moyens curateurs,
Enfin les potions antiseptiques phéniquées surtout, NOUS paraissent non seulement des moyens illusoires mais encore dangereux; ils gênent l'élimination par les reins d’une façon évidente, à un moment ou l'émonctoire rénal est plus que jamais indispensable au malade infecté. i
Nous ne ferons que signaler encore les tentatives de
- traitement local par les injections antiseptiques souscutanée dont les effets sont très insuffisants. N'avons-
nous pas vu du reste, combien est faible l’action des antiseptiques ordinaires contre le bacille de la septicérmie.
.On a essayé des incisions multiples, des scarifications, des débridements étendus au thermo-cautère ou au bistouri. Ces méthodes ont donné un certain nombre de succès à ceux qui les ont préconisés, moins, il est vrai que l’amputation haute.
Lorsqu'on croit pouvoir employer ces larges débridements ; il faut à notre sens, en être généreux, faire de grandes incisions, multiples, remontant jusqu'à la limite de l'infiltration gazeuse, la dépassant même; mais après avoir ouvert ainsi une série de voies de drainage pour les sérosités et les gaz, nous croyons qu'il faut attacher au pansement une grande importance. L'infection que l'on combat est due à une espèce bactérienne anaérobie qui est particulièrement sensible à l'action de l'air extérieur ; d'autre part, elle est atténuée par le contact de l'iodoforme comme la
nettement établi M. Forgue par ses expériences que
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nous avons rappelées plus haut. Voilà deux conditions qui doivent toujours être présentes à l'esprit du chirurgien.
Il faudra donc après avoir fait ces incisions multiples,
bien assécher les plaies, les étancher autant que pos-
sible et les recouvrir avec de la gaze iodoformée ; on enfermera ainsi de l'air dans les plaies et c'est peutêtre là le plus sûr des agents bactéricides pour Île
microbe de la gangrène gazeuse. N'est-ce pas, en
somme, en se basant sur le même principe que les chirurgiens obligés d'opérer dans certaines circonstances, près du foyer de l'infection, ont recommandé de ne
pas suturer le lambceau, mais de le laisser ouvert en le
recouvrant d'un pansement à la gaze iodoformée?
Sans doute, cette méthode conservatrice nécessitera une grande surveillance et peut-être faudra-t-il malgré tout recourir à l'amputation ; mais dans quelques cas au mOINns ON pourra sans avoir rien compromis, obtenir une guérison sans avoir été obligé de faire le sacrifice du membre. |