‹ Traitement des Infections dues au Staphylocoque et au StreptocoqueChapitre 6 sur 20 · PAR LES · texte numérisé non relu

PAR LES

VACCINS-SENSIBILISES

LES VACCINS

C’est au cours des dernières années du xix° siècle que les retentissants essais thérapeutiques que Sir A.-E. Wright fit à Saint-Mary’s Hospital, généralisèrent la méthode de vaccination humaine par cultures chauffées et élevèrent à la dignité de remède guérisseur ce qui n’était, jusqu'alors, qu'un moyen d’immunisation artificiel contre certaines maladies infectieuses.

On connaissait déjà l’immunité, cette propriété que possède l’organisme de résister victorieusement à une seconde agression de maladies dont il a subi une première alteinte et dont les fièvres éruptives sont le type. À côté de cette immunilé acquise, plus ou moins durable, plus ou moins accusée suivant les races et les individus même, avait pris place la notion de l’immunité artificiellement acquise. On répétait

que les Chinois s’efforçaient de limiter les épidémies de variole en inoculant aux sujets sains le contenu des pustules de la maladie. Ce mode fruste mais réellement efficace s'était répandu en Asie, et Lady Montagne l’avait apporté de Constantinople en Europe en l’année 1921. Puis Jenner montra que l’inoculation du cow-pox, maladie vésiculeuse des vaches, préservait des atteintes de la variole ceux qui y étaient soumis. Enfin vint l’ère pastorienne. Pasteur et son école étendirent la méthode dont Jenner avait posé les bases et la médecine humaine et vétérinaire bénéficièrent largement de la thérapeutique nouvelle.

On connut dès lors deux modes d'’immunisation artificielle ; /’immunisation passive qui consiste à injecter à un sujet le sérum d’un animal préparé contre l'infection par des injections répétées de son agent spécifique. Ainsi sont fournis à l'organisme les anticorps immunisants tout préparés qui ont élé provoqués chez l’animal inoculé fournisseur du sérum. Cette méthode présente entre autres inconvénients celui de ne conférer qu’une immunité peu durable et d'exposer, lors de la répétition, à des chocs anaphylactiques d'intensité variable.

Au contraire, la vaccinothérapie proprement dite, en introduisant dans les humeurs l’antigène spécifique, le contraint à élaborer lui-même les anticorps. Cette immunité active est de durée plus longue, n'expose pas à l’anaphylaxie, mais apparaît plus tardivement.

Comment se réalise la protection de l'organisme après une vaccination ? Les notions de physiologie actuelle permettent de fournir à cet endroit de bien séduisantes hypothèses.

On peut tout d’abord admettre que les propriétés qu’acquiert le sérum sanguin, lorsque s'établit l'immunilé active, facilitent la phagocytose : il s’y élabore des substances appelées opsonines, qui, fixées sur les microbes, en augmentent la vulnérabilité, Îles offrent pour ainsi dire à l’action leucocytaire comme une proie plus facile. Ces opsonines sont d’ailleurs spécifiques dans une très large mesure: c’est ainsi que l’inoculation du bacille d'Éberth augmente le pouvoir opsonique chez cet animal, mais pour ce bacille seul et non pour tout autre mirro-organisme: L’injection de tuberculine à un animal en puissance de tuberculose n’augmente le pouvoir opsonique de son sérum que pour le seul bacille de Koch. L’inoeulation d’un virus augmente donc le pouvoir opsonique vis à-vis de ce même virus, et ainsi s’éclaire déjà l’un des modes d’actions de la vaccination.

En outre, le sérum de sujet vacciné prend la propriété de détruire les microbes, il devient bactériolÿtique et la réaction de Bordet en Gengou donne une explication ingénieuse de ce phénomène: le virus injecté ou antigène détermine l'élaboration des substances spécifiques, les anticorps encore appelés fixa-

ti — teurs, ambocepteurs, sensibilisatrices qui se combinent à une substance destructive, le complément ou cylase, ou alexine qui existe dans tout sérum normal, mais s’y trouve neutralisée et n’agit qu'en présence de l’anticorps. La destruction des microbes se produit donc lorsque les trois éléments se combinent

dans le sérum.

I s’en faut d’ailleurs de beaucoup que tous les vaccins soient identiques dans leur mode de préparation et dans leur constitution même. Les uns sont de simples cultures ou des virus atténués comme le vaccin antirabique, ou même le vaccin de la variole, bien que ce soit ici le virus de la vaccine et non de la variole qui soit utilisé. Dans la pratique, l’atténualion de virulence est obtenue par la chaleur, l'air, la lumière, le vieillissement des cultures.

D'autre fois au contraire,et nous nous approchons ici de notre sujet même, pour éviter certains accidents, pour rendre les vaccins plus actifs on recourt à des techniques spéciales de préparation, et parmi ces modes divers nous distinguerons les vaccins par autolyse, les vaccins polyvalents, les vaccins de Wright, les sérum-vaccins et enfin les vaccins sensibilisés de Besredka dont nous voulons étudier les effets dans les maladies relevant de l'infection streptococcique et staphylococcique.

Les vaccins par autolyse sont préconisés par Vincent pour la préparation du vaccin antityphique qui est proprement une macération ou un extrait de bacilles stérilisés par addition d’éther puis chauffés à 38 degrés.

Les vaccins polyvalents sont constitués par plusieurs races de la même espèce microbienne ou par plusieurs espèces voisines. C’est ainsi que Vincent recommande la réunion des paratyphiques aux diverses races de bacille d'Eberth. Il est certain que les propriétés pathogènes des races diverses d’un même microbe peuvent n'être pas absolument identiques, de même que des espèces microbiennes voisines par leur action sur l'organisme peuvent présenter des différences RAP RDRSICSUUES et culturales assez notables.

Les vaccins de Wright ou auto-vaccins sont préparés à l’aide du microbe recueilli sur le malade luimême. La technique en est simple : la culture microbienne de vingt-quatre heures est émulsionnée dans une certaine quantité d’eau physiologique,chauffée en bain-marie à une température variable pour chaque espèce et qui ne dépasse pas 65 degrés, pendant trente à quarante-cinq minutes. On pratique la numération de cette émulsion afin de pouvoir régler la dose à chaque injection. Dans le cas où plusieurs éléments microbiens sont isolés, on recherche sous le contrôle de l’indice opsonique si toutes les espèces sont infectantes dans le cas examiné, ou quelle est l’espèce à incriminer parmi elles,

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Cette méthode fut appliquée dans ces vingt dernières années, en Angleterre et dans ses colonies, aux États-Unis, avec des succès divers à toutes les espèces pathogènes connues. Elle fit merveille dans les affections de la peau et du tissu sous-cutané, donna des résultats assez satisfaisants dans le domaine de l’urologie, assez peu sensibles dans la cure des maladies| du pharynx, des fosses nasales et des oreilles. Les bronchites semblèrent heureusement améliorées, mais on n'obtint pas de résultat bien sensible dans le traitement de la coqueluche par le vaccin préparé avec le microbe de Bordet.

De l’ensemble des observations réunies Wright dégagea des faits importants: toute vaccination est suivie d’un abaissement momentané de la résistance de l'organisme, phase négative de huit à douze jours, pendant laquelle l'immunité s'établit lentement. Calmette et Salimbeni controuvèrent ces faits: le nombre des opsonines diminue et les animaux en expérimentation succombent pendant cette phase à des doses qui pour des animaux neufs ne sont pas mortelles. Puis la mesure de l'indice opsonique indique un relèvement des moyens de résistance de l'organisme. C'est alors le moment, en pleine phase positive de répéter les inoculations. On peut d’ailleurs, et c’est la pratique courante, négliger la difficile recherche du bilan des opsonines et régler les injections sous le seul contrôle de la clinique.

Les sérum-vaccins furent proposés par les bactériologistes pour pallier le danger de la phase posi-

tive. L'immunité rapide obtenue par l'addition de sérum spécifique à la culture microbienne devait en abréger la durée. Calmette et Salimbeni montrèrent d’ailleurs que cette immunité rapidement apparue était aussi rapide à s’atténuer puisque la résistance de l'organisme à l’agent spécifique a disparu au bout de quelque semaines. Les recherches de Beiranowitch et de Pfeiffer précisèrent en outre dans quelle mesnre l’addition de sérum vient limiter le

pouvoir des humeurs à élaborer des anticorps.

De Me

VACCINS SENSIBILISÉS

C'est après avoir précisé l'erreur qui consista à ajouter aux virus le sérum spécifique que Besredka eut l’idée de n’emprunter au sérum que les substances spécifiques tout en écartant les matières albuminoïdes et autres qui y sont dissoutes. Ce fut l’objet de sa communication à l’Académie des Sciences en 1902. Besredka y expose sa théorie de la sensibilisation dont voici le schéma: la sensibilisation est un phénomène biologique qui se produit quand on met en costact un virus pathogène avec son séruin spécifique qui est celui d’un animal préposé par des injections répélées de ce virus. On le dit spécifique quand,sous l'influence des injections, il s’y développe une proportion suffisante d'anticorps du virus et Besrcdka a montré que tout microbe mis en contact avec son anticorps fixe cet anticorps, le happe pour ainsi dire et ne le lâzhe plus comuwe il a pu l'écrire lui même. Cet anticorps mérite ainsi le nom de sensibilisatrice et cette fixation biologique est la sensibilisation. Elle s'accompagne d’une atténuation très marquée par ce fait que le microbe en s’incorporant la sensibilisation cède en échange son

endotoxine et perd par cela même de sa virulence,

en conservant sa vitalité.

Technique de préparation des virus-vaccins senstbilises

Une culture de vingt-quatre heures sur un milieu solide, gelose de préférence,est émulsionnée dans un peu d’eau Fhysiologique. On ajoute à cette émulsion une certaine quantité du sérum nécessaire pour obtenir la sensibilisation et on laisse ce mélange soit à l’étuve, soit à la température ordinaire, soit même à basse température pendant un temps plus ou moins long ne dépassant jamais vingt-quatre heures. On juge de la sensibilisation par l’agglutination. Quand les microbes sont sensibilisés, ils tombent au fond du tube, On enlève avec une pipette stérile le liquide qui surnage, on le remplace par 15 à 20 centimètres cubes d’eau physiologique, on émulsionne et on cenirifuge. On répète ce lavage deux ou trois fois aux fins d'enlever toute trace de sérum. Enfin, on obtient un culot de microbes ayant fixé leur ambocepteur spécifique.

Telle est la technique de préparation d’un vaccin sensibilisé vivant. Pour obtenir le vacein tué, il faut stériliser la culture microbienne par les moyens ordinaires avant la sensibilisation.

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