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Les vaccins sensibilises au laboratoire
Les premiers vaccins sensibilisés furent appliqués pour immuniser contre la peste, le choléra et l'infection typhique. C’est au cours de ces premiers essais que Besredka observa l'absence presque totale de réaction locale, souvent si intense après la première injection de vaccin de Wright et explique la bénignité de l’injection par la moindre résistance des éléments qui ont fixé leur ambocepteur et le peu de résistance qu ils offrent au travail phagocytaire. «II semble, dit-il, que l’ambocepteur exalte et active le travail des phagocytes de sorte qu’ils accomplissent leur travail intra-cellulaire en moins de temps que ne l’exigent les microbes ordinaires. » C’est dire que le temps de production de l’immunité active en est abrégé, ce qui n’entraîne pas forcément l’apparition rapide d'anticorps chez le vacciné.
Ces fait attirèrent l’atlention des savants qui étudièrent expérimentalement sur l'animal ce que la clinique avait déjà indiqué.
Le vaccin préventif de Haffkine formé par les cultures en bouillon tuées à 50 degrés tue la souris à la dose de un dixième de centimètre cube. En donnant à l’animal le vaccin sensibilisé préventivement, on peut donner vingt et trente fois plus de vaccin de Haffkine sans atteindre la dose mortelle.
Besredka constate d’autre part que l’immunité peut être obtenue chez la souris en quarante-huit
P. Deville | 2
heures avec le vaccin antipesteux, en vingt-quatre heures avec le vacein anticholérique.
Levy et Aoki ont expérimenté sur le lapin avec le prneumocoque : Les animaux qui ontreçules microbes tués sont immunisés en six jours, et ceux qui reçoivent les sensibilisés le sont en trois jours. En augmentant les doses, ces auteurs ont montré que jusqu’à six heures même après l’mjection, l'animal peut suppor. ter les doses mortelles. Marxer a observé des faits identiques en expérimentant avec le streptocoque sensibilisé.
Me Bassèches obtient des résultats semblables sur la Souris avec le paratyphique B. vivant.
Mais le triomphe de la méthode est dans le vaccin sensibilisé antityphique, comme l’out établi les expéiences décisives de Metchnikoff et Besredka.
Dans un premier groupe d'expériences, des chimpanzés reçoivent du vacein de Vincent et du vaccin
sensibilisé tué. A la suite de l'injection de cultures de bacille typhique, ils contractent la dothiénenthérie comme les témoins non inoculés la contractent euxmêmes.
Dans un second groupe, les chimpanzés vaecinés avec le sensibilisé vivant restent indemnes après injection de culture typhique en forte dose, cependant que ceux qui ont eu le vaccin tué et ses témoins £<ontraclent la maladie.
Ainsi s'avère la supériorité du vaccin sensibilisé vivant qui,comme dit Besredka,« présente une action sûre, rapide, inoffensive et durable. L'action sûre
On
et durable est due au minimum d’aiteinte que subissent les virus ; l’action rapide à l’instantanéité de leur résorbtion ; l’inocuité à l’atténuation imprimée par l'anticorps ». |
C'est pour la première fois que Broughton-Aleock praliqua la vaccination sur l'homme en mai 1912 dans les asiles de Villejuif et de Maison-Bianche. Depuis,de nombreux eas ont élé publiés. Des recherches furent faites par D.-M. Bertrand qui permirent: de répondre aux objections faites aux vaccins sensibilisés aulitÿphiques vivants, de transformer les vaccinés en porteurs de bacilles : dans aucun des 50 cas examinés par cet auteur le lendemain de l’inoc<ulation, trois jours après et huit jours après il ne fut possible de déceler le baciile dans le sang ni dans les malières des sujets.
Besredka et Jupille portèrent leurs recherches sur da vésicule biliaire où se cantonnent électivement les bacilles au cours de l'héberthémie. Ils sacrifièrent les lapins après injection de vaccin dans le ‘issu souscutané el les procès-verbaux de leurs expériences montrent la bile et son réservoir exempts des microorganismes incriminés. [ls ne retrouvèrent non plus le bacille en aucun point de l'organisme, ce qui prouve bien que la destruction en avait été totale.
Il en découle que c’est au point même de leur ino-
eulation que le bacille épuise toute sa réserve d’'énergie biologique et qu’en aucune façon une bacillémie ne peut se produire après injection d’un vaccin sensibilisé contre la typhoïde.
THÉRAPEUTIQUE PAR LES VACCINS SENSIBILISÉS
Etant donné les résultats séduisants de ces recherches de laboratoire, il était tentant de généraliser la méthode et de l'appliquer à tous les cas où l’on avait tenté le vaccin de Wright. Depuis deux ans, de nombreuses tentatives ont été faites. L'absence de réaction très intense et l’abréviation de la phase négative ont logiquement conduit à faire un traitement beaucoup plus intensif, On a immédiatement augmenté les doses, ce qui présente un intérêl : il semble que les substances formées dans l'organisme le soient en proportion de l'antigène donné. Metchnikoff et Besredka dans leur dernier travail ont indiqué que la question des doses dans la vaccination antityphique avait une grande importance et que fréquemment les doses sont trop faibles pour développer une forte immunité. On a pu, au cours d’une typhoïde et dans un but curatif, injecter des doses de 5.000 millions sans que le malade réagisse et en éprouve aucun malaise.
L'absence de la phase négative permet également de pratiquer les injections à des doses beaucoup plus rapprochées.
Peu après la première communication de Besredka, Marie en applique heureusement les principes au virus rabique, avec cette différence que le virus est représenté ici par de la moelle rabique. On y mêle le sérum électif et le mélange après contact suffisant est lavé à l’eau physiologique, débarrassé par plusieurs lavages du sérum. Ce vaccin est employé à l’Institut-Pasteur de façon courante, dans tous les cas graves et surtout quand les personnes mordues se présentent longtemps après les morsures. Rothe sensibilisa le bacille de la diphtérie. Ardin-Dellheil, Nègre et Reynaud ont appliqué le vaccin sensibilisé au traitement de la typhoïde. Il s'avère que Finjection raccourcissait la durée, diminuait le nombre des rechutes et abaissait le taux de la mortalité.
Broughton-Alcock fut le premier à employer le vaccin gonococcique sensibilisé que Cruveilhier généralisa à tous les modes de l'infection gonococcique,
Bertrand et Cohendy employèrent avec succès le vaccin sensibilisé anti-pneumonique polyvalent dans 8 cas de pneumonie franche dans le service de Launois. |
Bertrand et Valadier appliquèrent au traitement de Ta pyorrhée alvéolaire des auto-vaceins qui leur donnèrent toute satisfactiun.
Bertrand et M'°B. Fejgin ont appliqué le vaccin sensibilisé à Streptocoques, à staphylocoques et à paracalarrhalis, toujours tués, au traitement des métrites, et obtinrent de si beaux résultats que le’
traitement des métrites ne saurait, à l'heure actuélle, se passer de la discussion d’une thérapeutique aussi encourageante.
Nous avons limité l'étude détaillée de ces essais si intéressants aux relations du traitement des infections dues au staphylocoque et au streptocoque et nous allons entrer maintenant dans le corps même de notre sujet:
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VACCIN ANTISTAPHYLOCOCCIQUE SENSIBILISÉ
Parmi les divers vaccins expérimentés jusqu à ce Jour, le vaccin antistaphylococcique mérite surtout l'attention du praticien.
Si l'on en juge par les résultats obtenus actuellement, la technique de préparation ainsi que la posologie semblent suffisamment au point pour qu'il soit permis de dire qu'aucun malade atteint d'anthrax ou de furonculose récidivante, soit d’affections aussi désespérantes pour le malade et le médecin que le sont le sycosis ou les autres folliculites ne doit être {raité sans le secours du vaccin.
Les premiers essais thérapeutiques par le vaccin sensibilisé antistaphylococcique sont dus à Cohendy et à D.-M. Bertrand qui employèrent le vaccin vivant dont ils fixent les doses moyennes comme il suit :
Autogène vipant.
re dose : 1/7,000.000 de culture-type, sur gélose inclinée quarante-huit heures, soit environ 2.000 cocci. 2° dose : 1/3.000.000 de culture-type, soit 5.000 cocci. 3e dose et suivantes : 1/600.000 soit 25.000 cocci. Autogène tué.
x dose : 1/150.000, soit 100.000 cocei.
ot dose : 1/140, soit 100.000.000 de cocci.
3e dose et suivantes : 1/95, soit 200.000.000 de cocci. Hétérogène tué.
1" dose : 1/300 de culture-type, soit, 50.000.000 de coceï. 2° dose: 1/150 de culture-type, soit 100.000.000 de cocci. 3° dose et suivantes : 1/75 de culture-type, soit 200.000.000de cocci.
L'ensemble des résultats obtenus est si encourageant que de nombreuses observations sont venues: s’ajouter à celles de ces auteurs.
Le prélèvement est des plus simples. Après nettoyage des éléments, il suffit d’en crever un de l’extrémité d’une pipette scellée à la rampe, ouverte et flambée au bec Bunsen, d’aspirer le contenu de l’élément ouvert et de l’ensemencer sur un ou plusieurs tubes de gélose couchée. Si l’on obtient peu de pus,. aspirer dans la pipette un peu d’eau de condensation que l’on rejette dans le tube.
Les résultats obtenus sont les suivants :
L’acné qui semblait donner les résultats les moins constants avec le vaccin de Wright et qui d'ailleurs n’est que secondairement une affection staphylococcique a pu céder dans plusieurs observations où il s'agissait mêmes de formes pustuleuses et phlegmoneuses, On arrivait assez rapidement, vers la troisième injection, à transformer les pustules en simples. papules,
Dans la folliculite, qu'il s'agisse de formes frappant les régions velues ou d’essaims disséminés de.
furonculose légère des parties glabres,onobtint sinon