‹ Traitement Des Inflammations PelviennesChapitre 12 sur 13 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(personnelle)

Sténose du col. Paramétrite aiguë, 5 février 1907, : La malade entre à l'hôpital pour de violentes douleurs à l'hypogastre.

Madame L... caissière, âgée de 23 ans.

Antécédents héréditaires, nuls.

Antécédents collatéraux, nuls.

Antécédents personnels, rougeole, fièvre typhoïde à

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13 ans.

Réglée à 16 ans, assez régulièrement; souffre un ou deux

jours avant l'apparition des menstrues; règles très doulou-

reuses, peu abondantes ; durée : trois à quatre jours. Cons-

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titution robuste : c’est une nerveuse qui pleure facilement. Constipation habituelle; pas de peaux blanches dans les matières, TNT

: Cœur et poumon paraissent sains.

,.Urine sans sucre et sans albumine.

Mariée à 21 ans; pas de grossesse. Dernières règles le 21 janvier. Pertes blanches abondantes surtout depuis son mariage. Depuis douze ou treize mois la malade souffre au niveau de la fosse iliaque gauche ; les longues marches ét la station debout prolongée sont très pénibles. Il y a trois jours, le 2 février au-matin, elle ‘est prise de violents frissons qui reparaissent dans la journée. Vomit deux fois; malaise général, courbature, vives douleurs à l'hypogastre. Le médecin appelé ordonne : repos au lit, injections vaginales chaudes, cataplasmes chauds sur l’abdomen.

Se sentant toujours trèsmalade Madame R. entre à l’hôpital ; c’est donc trois jours après le début des accidents aigus que nous l’examinons. |

Facies rouge, vultueux, peau de et sèche, langue humide ; ventre Fo ballonné. |

Vagin chaud, un peu rugueux mais ne |

Col gros, conique, un peu à droite ; orifice du museau de tanche petit. | is ns

Le cul de sac latéral gauche est occupé par nne masse pâteuse, très douloureuse à la pression,en continuité avec l'utérus et s'étendant en dehors avec les parois du petit

bassin. Cette masse forme en avant et en arrière du col

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. deux croissants, deux bourrelets, l’antérieur plus gros que

le postérieur, qui se perdent dansune masse pâteuse oceupant tout le cul de sac latéral droit. Uiérus soudé pour ainsi dire au sein de ces masses inflammatoires, Le palper très douloureux, indique que la paroi abdominale est aussr le siège d’un œdème ; l'empâtement abdominal remonte jusqu’à un travers de doigt au-dessous de l’ombilic. C’est le plastron de Chomel,

Soir. T. 39° 4; pouls 138, bien frappé,

Diagnostic : paramétrite aiguë, due à une sténose du col.

Des compresses très chaudes sont appliquées sur le ventre ; deux injections vaginales d’eau bouillie à 4». Le soir lavement de un litre d’eau bouillie à 45°.

6 février T. 39° 1 le matin. A 7 heures du matin lavement

chaud de un litre.

Toilette vulvaire et vaginale; deux valves écartent les parois vaginales ; col gros, en «pain de sucre avec orifice étroit d’où sortent des mucosités jaune sale. À l’aide d’un stylet légèrement arqué, nous mesurons la longueur de la cavité utérine (7 cent. environ) et nous nous rendons compte de la direction de la matrice quiest en antéflexion. Une laminaire de faible diamètre est introduite à 9 h. du matin. Douleurs vives à 11 h. 1/2 ; injection de morphine. À une heure du soir, extraction de la tige ; introduction d’une laminaire plus grosse que la première, Celle-ci est extraite à 6 h.; du muco-pus sanguinolent s'écoule en assez grande abondance ; injection intra-utérine d’eau bouillie à 5o° avec la sonde de Bozeman. Bock placé à

20 cent. au-dessus du plan du lit : lavage du museau de tanche et du canal cervical ; introduction lente de la sonde dans la cavité utérine ; le liquide qui s'écoule est chargé de mucus sanguinolent ; finalement l’eau sort limpide; l’injection intra-utérine a duré une dizaine de minutes, et trois litres de liquide ont passé dans l’utérus. T. 3927: pouls 150.

7 février. La malade a dormi; ventre toujours ballonné et très douloureux; T. 59°. |

Les injections intra-utérines d’eau à 5o° et les lavements sont régulièrement donnés matin et soir. |

7 février soir, 3909.

8 — matin, 3800, soir, 38%.

10 Toucher vaginal : l’empâtement a beaucoup diminué; le ventre n’est plus ballonné et l’æœdème de la paroi a disparu. T. 3706.

14 février, On trouve dans le cul de sac gauche une masse dure, douloureuse à la pression, grosse comme une noix; cul de sac droit libre.

. La malade quitte l'hôpital le 20 février, conservant un reliquat inflammatoire du côté gauche.

Nous lui conseillons les injections vaginales chaudes et les lavements chauds.

Le 2 mars, nous revoyons la malade; elle ne souffre plus; elle n’a pas de pertes; à gauche nous trouvons toujours le noyau induré et douloureux à la pression; mais

l'utérus est très mobile; nous sommes frappé de la résorp-

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tion presque complète des exsudats pathologiques qui, il y a quelques semaines seulement, formaient à l'utérus une épaisse cuirasse.

Retour des règles, le 12 mars, assez peu douloureuses; repos absolu au lit durant le flux mentruel. Durée 3 jours,

Revient à l'hôpital le 20 mars. Nouvelle dilatation à la laminaire ; 2 injections intra-utérines et 2 lavements d’eau à 50° sont administrés quotidiennement ; le 30, elle quitte

l'hôpital, guérie complètement cette fois.

OBSERVATION.II (personnelle)

Métrite hémorrhagique et paramétrite subaigüe.

Madame R..., 29 ans, entre à l'hôpital le 9 janvier 1907.

Antécédents héréditaires : Mère morte en couches, père mort poitrinaire.

A, collatéraux. — Une sœur mariée, sans enfants, qui a une bronchite chronique.

A. personnels : Réglée à 14 ans, irrégulièrement; pertes blanches très abondantes.

Mariée à 20 ans; 1° grossesse à 23 ans: accouchement à

terme, normal, bonnes suites de couches.

20 Grossesse : avortement, il y a 4 mois; fœtus expulsé à

5 mois, macéré; garde le lit durant 3 semaines; fièvre et lochies fétides. |

Depuis cet avortement, la malade a des pertes très abondantes, rosées, qui l’anémient; règles il y a 3 semaines :

ont duré 8 jours. La marche est très pénible et réveille du

— 42 — fo côté gauche du bassin et dans la région lombaire, de vives douleurs.

Femme d’aspect chétif, pâle, anémiée, amaigrie, cœur. sain; poumon droit à quelques ràles de bronchite disséminés; poumon gauche : au sommet et en arrière submatite; l'auscultation fait entendre de nombreux craquements. La malade s'enrhume aisément; elle tousse tous les hivers; n’a jamais eu d'hémoptysies,

Examen local. Par le toucher vaginal, nous sentons dans le cul de sac gauche une masse du volume d’une grosse noix, dure et très douloureuse à la pression, faisant corps

avec l'utérus.

Annexes prolabées dans le cul de sac de Douglas.

: Cul de sac latéral droit : rien ; utérus peu mobile, dou-

loureux.

La malade nous dit avoir subi au commencement de décembrce un curetage qui n’a tari que momentanément ses pertes.

Matrice en rétroflexion ; col à large orifice externebéant, déchiqueté, avec large déchirure à gauche. I] s’en écoule

un liquide muco-sanguinolent. T. 38° 2.

Traitement. Le 11 janvier introduction d’une laminaire de grosseur moyenne; extraction au bout de huit heures, suivie de l'injection intra-utérine de 2 litres 1/2 d’eau très. chaude (48° environ). T. du soir 380 8. |

12 janvier T. matin 37,7; soir 380: 2 layements très, chauds.

RDS NN ET

19 janvier T, matin 37,5; soir 380 2; 2 lav, très chauds, . 14 janvier T. matin 37,7 2%

Le toucher vaginaltrouve encore dans le cul de sac gauche

. une petite tumeur, grosse comme une amande, peu dou-

loureuse ; l'utérus n’est plus douloureux ; peu de pertes.

Le 22 janvier Madame R. quitte l'hôpital n'ayant plus de pertes: les culs de sac sont libres; la matrice n'est pas . douloureuse... HN A PT

Le traitement de lutérus, dans les inflammations pelviennes à point de départ utérin, peut donc donner des

succès: si l'intervention est faite aseptiquement, elle risque

tout au plus d’être inutile, car notre méthode n’a pas la

prétention de toujours guérir les paramétrite. Il est bien évident que dans les suppurations du tissu cellulaire pel-

vien on n’en retirera que peu ou point de bénéfice.

Le traitement intra-utérin ne donne parfois qu’une guérison temporaire; sous une influence quelconque, un excès génital par exemple, le mal peui se réveiller, puisque nous, avons laissé au sujet avec un utérus, des trompes et des ovaires très vulnérables, « l’ostéomyélite infectieuse est aussi une maladie à répétition; on ne peut se vanter, même après une intervention bien réglée et étendue, d'avoir supprimé le mal et d’avoir prévenu toute récidive pour l'avenir, tout retour offensif. Propose-t-on pour cela l’amputation du membre atteint ? Pourquoi ne pas commencer

par le commencement ?... Cest Ja lésion utérine qui a

‘engendré et qui entretient la lésion péri-utérine, commençons par nettoyer l'utérus » Bazy (1). |

Ne pourrait-on pas faire un peu de prophylaxte ? Si le mari a une goutte militaire, on lui conseillera d'uriner avant le coït; la femme prendra matin et soir des injections vaginales chaudes soit d’eau bouillie, soit de permanganate à 1/2000. La sage-femme, au moment des couches s'entourera de précautions aseptiques pour un examen, même le plus banal, des organes génitaux.

Quand, malgré la dilation et les injections intra-utérines, le pus s’accumule autour de l'utérus, il faut intervenir chirurgicalement : l'évacuation des foyers purulents est. nécessaire. Alors se posent les indications de l’hystérec- ; tomie vaginale, opération qui donne généralement de très bons résultats, de la laparotomie, de la ponction ou de. l'incision vaginale, etc, selon l’étendue et la situation de la | collection purulente.

Nous ne pouvons discuter ici les indications de chacune de ces opérations : leur étude nous éloignerait trop du plan

que nous nous sommes tracé.

(1) Bazy, Archives générales de Médecine, juillet 1891,

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