AU NIVEAU D’UNE CICATRICE SUS-OMBILICALE
Observation due à l’obligeance du Dr Querneau,
de Quimper.
Mme M.…., 32 ans.
Le 8 octobre 1936; gstrectomie pour ulcus cicatriciel de la face postérieure de J’estomac — cicatrice étoilée, avec adhérences à distance. Gastrectomie. Anasto-
mose selon le procédé de FINSTERRER. Drainage.
Suites :
Pendant les trois premiers jours: hématémèses, vomissements bilieux; puis suites opératoires normales.
Pendant les quatre mois qui suivent l’opération: bon état général, reprise de poids. Ensuite, nouveaux troubles digestifs; brûlures, aigreurs, douleurs du côté gauche, amaigrissement. Le traitement médical et le régime améliorent progressiveent cet état et un an après l’opération la alade ne souffre plus de l’estomac, reprend du poids; elle se plaint néanmoins d’une douleur à l’effort au niveau de la cicatrice. À l’examen, on constate une éventration du tiers supérieur de la cicatrice; on fait porter une
ceinture .
Les SOS
L'état digestif et l’état général deviennent excellents, mais la malade souffre toujours de son éventration, malgré le port d’une ceinture appropriée; elle revient pour réintervention le 22 décembre 1938.
L'examen montre une cicatrice allant de l’appendice xiphoïde à l’ombilic; sur toute cette longueur il y a un diastasis important des muscles grands droits et dans la partie haute de la cicatrice où à débuté l’éventrtion, le diatasis permet d'introduire facilement quatre largeurs de doigt.
Cure de l’éventration
Anesthésie: Balsoforme.
Excision de la cicatrice cutanée, puis excision du pé-
ritoine dans la région où fait défaut le muscle.
A la partie supérieure de la cicatrice, le foie est très adhérent; à la partie inférieure adhère le colon, un peu d’épiploon, ainsi que le ligament rond et son méso-étalé. La libération n’est pas très laborieuse; elle nécessite une hémostase très complète.
Après excision de toute cette région d’adhérences, on explore la bouche gastro-jéjunale: on constate qu’elle n’est pas restée sous-mésocolique, elle est remontée à un peu moins de deux travers de doigt au-dessus du mésocolon en entraînant l’anse jéjunale. Les adhérences du méso-colon au jéjunum sont très serrées. Il y a une bonne adaptation fonctionnelle d’après l’histoire de la malade et une bonne adaptation anatomique témoignée par la dilatation du jéjunum sur 20 centimètres environ; on dé-
cide donc de ne pas toucher à cette bouche,
n°498 +7 ES
On s’attaque à la réfection de la paroi — ce qui semble à priori ‘difficile, étant donné la distance extrême des droits et l’impossibilité d’en cliver le péritoine.. De chaque côté de la plaie on décolle la peau et le tissu cellulaire sous-cutané; la face antérieure des droits étant largement dégagée, on incise l’aponévrose à 3 centimètres de la brèche pariétale — incision longitudinale depuis le rebord costal jusqu’à hauteur de l’ombilic. Ces incisions sont poussées en arrière jusqu’à la gaine postérieure des droits; à la partie supérieure, elles sont complétées par une résection du rebord costal cartilagineux bien dégagé à la rugine sur la hauteur de 3 centimètres. Hémostase soigneuse, puis fermeture de la brèche médiane en un plan séro-musculo-aponévrotique par points séparés au catgut N° 2, alternant tous les 3 points avec un crin perdu. On pratique ensuite un second plan en suturant entre eux les bords internes de la brèche aponévrotique pratiquée sur chacun des droits — ce qui matelasse considérablement l4 suture musculaire médiane. On laisse ainsi de chaque côté de la ligne médiane à une distance de 2 à 4 centimètres des brèches musculaires qui sont soutenues par les culs-de-sac de décollement profond.
Crins sur la peau avec deux drains latéraux dans
les culs-de-sac de décollement latéraux.
Suites :
À la suite de l'intervention, la malade fait une bronchite diffuse avec petite poussée congestive à la base
droite.