INTRODUCTION
. Le chapitre du traitement de la tuberculose laryngée est en perpétuel remaniement. L'apparition des antibiotiques a récemment modifié la (hérapeutique et a incité notre maître, M. le professeur CALvET, à nous suggérer le sujet de celte étude. :
Bien des traitements avaient élé proposés qui sont tombés en désuétude, après avoir été, un temps, en faveur.
La mise en repos de l'organe vocal par la cure de silence est aussi utile à titre préventif que curatif.
Les traitements médicamenteux à base d’insuffations de poudres ou d’injections endo-laryngées calment les douleurs.
La galvano-cautérisation et les caustiques dt ques ont remporté quelques succès dans des indications bien déterminées. |
L'héliothérapie, l’actinothérapie, la radiothérapie gardent leurs partisans.
L'adrénaline locale (BENDA) et les infiltrations sinocarotidiennes (GirAUD) ont donné des résultats partiels à leurs auteurs.
Les infiltrations bilaté rales des nerfs laryngés supérieurs à la novocaïne ou à l'alcool apportent au malade un soulagement appréciable, mais ne modifient pas les iésions.
Tels étaient les différents traitements mis en œuvre lorsqu” apparurent les antibiotiques.
Les premiers essais de mycothérapie effectués dans le service O.R.L. de la Grave, à Toulouse, remontent à 1947 et ont trait à la pénicilline.
La pénicilline fut utilisée en badigeonnages et ins- Uüllations quotidens; plus tard, en aérosols.
Des améliorations fonctionnelles et anatomiques parfois très rapides furent enregistrées. Mais jamais la pénicilline n'entraina de guérison anatomique avec restitutio ad integrum ou état cicatriciel du larynx.
Il semble que les améliorations soient dues à l’acion de la pénicilline sur les germes de surinfection des lésions bacillaires, sans que le produit ait modifié les lésions spécifiques.
Fin 1947, il fut possible d'expérimenter la tyrothricine au sanalorium de Purpan, avec prudence, étant donné son pouvoir hémolytique.
Elle fut utilisée en badigeonnages avec des solu- Lions à 0,5 %o ou en aérosolisalions, sans jamais occasionner d'accident.
Les résultats furent superposables à ceux de la pénicilline. Les signes fonctionnels s’améliorent. Le larynx se nettoie, s’assèche et les infiltrations diminuent sensiblement.
Mais, ici encore, il n'a jamais été constaté de guérison anatomique el il semble que l'action de la pénicilline ait été plus rapide.
La découverte de la streptomycine, antibiotique actif in vitro contre le bacille de Koch, apportait un nouvel espoir.
À partir de mars 1948, les malades du sanatorium
A Ne
de Purpan atteints de laryngite tuberculeuse bénéficièrent de ce nouveau produit.
Nou: apportons ici les résultats des observations de streptomycinothérapie suivies, à la consultation O.R.L. du sanatorium de Purpan depuis cette date.
M. le professeur MoreL à bien voulu nous autoriser à publier ces observations.
Nous rapportons également des observations dues à l'extrême obligeance de M. le le professeur TAPIE, du docteur ConEx, du docteur Lo et du docteur GAYRAL, Nous leur exprimons ici nos très vifs remerciements.
Bien que ne disposant pas d’un recul suffisant, nous pensons que ces observations sont susceptibles d'apporter, dès maintenant, une contribution intéressante au traitement de la tuberculose laryngée par la streptomycine.
Nous verrons qu'en l’état actuel de notre expérience, la streptomycine a été, de loin, le meilleur traitement de la laryngite tuberculeuse.
Fi M