‹ Traitement des lésions traumatiques des nerfsChapitre 18 sur 27 · LES RESULTATS · texte numérisé non relu

LES RESULTATS

La lecture des statistiques est assez décevante, car les résultats ne sont pas en rapport, semble-t-il, avec la perfection des moyens techniques actuels.

Un fait domine l’histoire clinique des opérés de suture nerveuse: le rétablissement intégral des fonctions du nerf demande un long délai correspondant à la durée de la réparation de la dégénérescenc wallérienne et de la régénération elle-même.

Si l’on adopte la nouvelle théorie, dite caténaire ou de la chaîne nerveuse, il faut un temps assez long pour que, nés de la prolifération des gaines de Schwann, les neuroblastes puissent se fusionner en bandes protoplasmiques assez différenciées pour rétablir la conduction nerveuse.

Si l’on s’en tient à la vieille théorie du neurone et du bourgeonnement central, ce délai est nécessaire pour que les fibres nouvelles, émanées du chef proximal, se portent dans toute l’étendue des gaines de Schwann, vides, du bout distal.

Il est certain d’autre part que, en créant une cicatrice linéaire, très franchissable, et en faisant un affrontement sur toute la surface de section, la suture immédiate réduit

US) DE considérablement ces délais. La conduction sensitive devance habituellement la restauration motrice; elle se produit vers le quatrième mois, tandis que la réparation motrice n’apparaît guère avant le dixième.

Eliminant les mauvais résultats dus à des attitudes vicieuses, à des scléroses musculaires ou tendineuses, etc., qui ne sont pas, à proprement parler, sous la dépendance de la lésion nerveuse elle-même, on peut dire que le retour fonctionnel dépend de plusieurs facteurs.

1° Le nerf lésé. — Tous les nerfs ne se régénèrent pas avec la même facilité: le radial se régénère plus facilement que le médian. De même les nerfs sensitifs donnent habituellement de meilleurs résultats. Dans un nerf mixte, la sensibilité revient souvent sans la motricité.

Mais il peut y avoir des anomalies de distribution, des anastomoses, des phénomènes de récurrence et de SUppléance, et, par conséquent, certains succès ne sont en réalité que des insuccès masqués par ces phénomènes heureux. TT faut aussi tenir compte, dans l’appréciation des résultats des symptômes inorganiques évoluant sur la lésion organique et en modifiant le tableau classique. C’est pour cela que l’examen du neurologiste est indispensable.

2° La nature de la lésion. — La décompression d’un nerf est évidemment l’intervention qui donne les succès les plus. francs. Tl n’y a pas ici de solution de continuité, pas de tissu fibreux si le périnèvre n’a pas été rompu. Les cylindraxes sont restés normalement accolés. C’est le moindre degré d’une lésion nerveuse.

Il en est autrement des sutures. Les chances d’insuecès seront d’autant plus nombreuses que la solution -le centinuité aura été importante, la suppuration abondante et la réaction fibreuse considérable.

3° L’ancienneté de la lésion. — TI faut pratiquer la suture nerveuse dès que la suppuration de la plaie est terminée, sinon le tissu scléreux envahira le nerf; les cylindraxes et les cellules centrales dégénèreront. Sans que lon puisse fixer de limite précise, il semble qu’on ne doive attendre aucune guérison si la lésion remonte à plus de trois ans.

4° La suppuration. — Elle est une contre-indication absolue à l’intervention; on ne doit pratiquer de suture nerveuse que sur une plaie cicatrisée ou tout au moins amicrobienne. Lt ETS

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5° Le procédé employé. — Nous avons montré ce qu’ont de défectueux les procédés du dédoublement et de la suture à un autre nerf. L’exécution correcte des temps opératoires décrits plus haut est indispensable; dans une intervention aussi délicate où le résultat dépend du moindre détail, les soins les plus attentifs seront apportés à la technique. Nous savons le rôle néfaste joué par les grosses aiguilles, les pinces maniées sans prudence, l’hémostase insuffisante, l’isolement de la suture imparfaitement assuré. L’insuccès tient souvent à une opération incomplète, üne surface de section mal avivée, et irrégulièrement coaptée. Avec le procédé de Nageotte et Sencert, il ne faut pas s’obstiner à des tractions fortes sur des troncs nerveux trop écartés.

En résumé, même si toutes les circonstances favorables sont réunies au point de vue opératoire. il est encore nécessaire d’instituer un traîtement post-opératoire destiné à mobiliser les articulations, à faire jouer les tendons dans leurs gaines, à ne pas laisser les doigts immobilisés en flexion. Sinon, lorsque la conductibilité nerveuse sera rétablie, le malade restera néanmoins un infirme, les muscles innervés ayant perdu toutes leurs propriétés.

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