‹ Traitement des lésions traumatiques des nerfsChapitre 6 sur 27 · LE FAT · texte numérisé non relu

LE FAT

tendineuse, les articulations s’ankylosent en position vicieuse et laissent des lésions le plus souvent définitives, griffes, pieds bots paralytiques, ete. Ces phénomènes semblent bien être sous la dépendance des fibres sympathiques.

Tels sont les symptômes principaux qui révèlent une lésion nerveuse; minutieusement analysés par le neurologiste, ils demandent, à moins d’être frustes et sans gravité, une intervention chirurgicale, et cela pour plusieurs raisons ue nous allons examiner rapidement.

1° Développement du tissu de sclérose. — Toute plaie des nerfs suit la loi de pathologie générale d’après laquelle les pertes de substance se comblent par du tissu conjonctif. Prenons le cas type d’un nerf sectionné. Sous l’influence de leur élasticité, les fibres nerveuses se rétractent. Le tissu conjonctif intermédiaire prolifère; il se forme un cordon fibreux renflé au niveau des extrémités nerveuses et connu sous le nom de névrôme (1). Ce tissu conjonctif va d’abord comprimer le nerf, léser les eylindraxes et étouffer les vaisseaux périnerveux. Puis il s’insinue lentement, mais sans arrôt entre les fibres, détruisant, en plus de l’élément noble du nerf, ses vaisseaux. À mesure que la lésion progresse, ce lent travail d’envahissement fibreux s’étend. Les chances de restauration des eylindraxes diminuent et, par suite,

la possibilité d’une guérison.

20 Dégénérescence des extrémités nerveuses. — Même ans l’intervention dun tissu scléreux dont nous venons de

(1) En réalité, il ne s'agit là que d’un pseudo-névrome, le névrome proprement dit étant formé de fibres nerveuses pures, sans réaction conjonctive ; le type le plus intéressant de ces névromes purs est le névrome des moignons d'amputation.

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montrer le rôle et quelque conception que l’on admette sur

| la dégénérescence du bout central et du bout périphérique,

théorie du neurone ou théorie caténaire il est manifeste que le temps détruit peu à peu les cylindraxes et les cellules nerveuses centrales. Un moment vient où elles ne sont plus aptes à conduire l’influx nerveux.

3° Attitudes vicieuses. — Un groupe musculaire déterminé étant paralysé, les antagonistes l’emportent et le membre se met dans la position déterminée par ces deruiers. Au début, le mal n’est pas grand et les mouvements peuvent revenir. Mais, à la longue, même avec une restauration nerveuse parfaite, le retour des mouvements devient de plus en plus difficile.

En effet, à cause de leur raccourcissement continuel et facile, les antagonistes se rétractent par diminution de leur iongueur normale. Ils perdent leur tonicité et leur élasticité; ils constituent donc un véritable obstacle à leur allongement ultérieur. De plus, les muscles paralysés s’atrophient, les fibres musculaires sont envahies par du tissu conjonctif et leur fonctionnement compromis. Bientôt le squelette et la peau elle-même s’adaptent à leur nouvelle position, il se produit des déformations définitives. Sans doute, on peut les éviter par une correction au moyen d’appareils orthopédiques ou de plâtrés, mais si l’attitude vicieuse est ainsi supprimée, on ne peut en aucun cas modifier les troubles trophiques qui sont presque toujours définitifs.

4° Complication d'ordre inorganique. — Sous l’influence d’une mauvaise attitude, le blessé prédisposé peut greffer sur sa lésion organique des phénomènes d’ordre psychique, avec troubles intellectuels qui sont parfois assez prononcés pour qu’on les ait décrits sous le nom de psychose poly-

RTS névritique (Korsakoff). Il en résulte des manifestations qui jetteront le trouble dans la symptomatologie pré-opératoire et qui d’un autre côté masqueront souvent les résultats obtenus après l’opération.

Pour ces diverses raisons, le diagnostic de lésion ñerveuse solidement établi, l'intervention s'impose. Mais il est des cas où elle sera inutile ou impossible, dangereuse même ; il y a des contre-indications absolues à toute opération ; les voici rapidement examinées.

[l. — ConNTRE-INDICATIONS

1° L’infection. — C’est la plus importante. Aucune suture nerveuse ne doit être pratiquée dans une plaie non encore cicatrisée ou dans laquelle des prélèvements bactériologiques révèlent la présence de germes microbiens. Indépendamment de l’échec certain d’une suture faite dans ces conditions, on s’exposerait à des phénomènes de névrite et à un envahissement rapide du nerf par le tissu fibreux.

2° La trop grande ancienneté des lésions. — Après trois ans une intervention n’a plus grande chance de réussir et il vaut mieux s’abstenir. Les statistiques publiées montrent que les résultats sont d’autant plus favorables que l’on intervient plus tôt.

3° La présence de lésions osseuses, vasculaires, musculaires, concomitantes, telles que tout essai de suture serait illusoire. La complexité des lésions nerveuses est encore une contre-indication. En général, dans les gros fracas des

— À — membres, avec vaste perte de substance osseuse et musculaire, on constate des lésions vasculaires et nerveuses qui sont au-dessus des ressources de la thérapeutique. Dans ces grosses lésions d’ailleurs, les attitudes vicieuses vien-

nent habituellement compliquer les sections nerveuses et rendent inutile toute intervention.

4 Le petit calibre des nerfs. — Ces lésions ne sont pas très importantes et c’est en général pour celles des nerfs plus considérables que le chirurgien intervient. Pourtant un cubital et un radial à l’avant-bras se suturent encore assez facilement.

ILRAQTA

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