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CHAPITRE PREMIER

J. — SyYMPTOMES ET INDICATIONS

Toute lésion nerveuse, qu’il s’agisse d’une irritation par compression, ou d’une section — nous prenons les deux cas extrêmes — se traduit par des symptômes dans l’ordre m0teur, sensitif et trophique.

1° Moteur. — I] y a impotence motrice, allant de la parésie simple à la paralysie complète, avee diminution ou suppression de la motilité volontaire, réflexe et électrique. Si les muscles sont traversés par un courant galvanique d’intensité moyenne, les contractions musculaires au lieu d’être des secousses rapides et brèves, sont traînantes, lentes, analogues à la contraction d’un muscle lisse, ce qui est un caractère très marqué de dégénérescence.

2° Sensitif. — On trouve de l’anesthésie dans le territoire de distribution du nerf, des fourmillements, du retard de la perception, ou encore de l’hyperesthésie cutanée et musculaire, bien que des phénomènes de sensibilité collatérale et récurrente d’Arloing et Tripier et de sensibilité suppléée

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de Letiévant modifient quelquefois le tableau clinique classique. Dans les cas d’irritation, c’est la douleur qui prédomine, dont la forme principale est la causalgie & glossy skin » de Weir-Mitchell. Au moindre frôlement, le blessé éprouve une sensation atroce de brûlure que seule l’humectation de la partie calme pour quelques instants. « Deux de ces malheureux, dit Weir-Mitchell, transportaient partout avec eux une bouteille d’eau et une éponge, afin de ne pas permettre que la peau se desséchât jamais » (1). Malgré cela, la douleur est si violente qu’elle enlève le sommeil au malade, lui rend la vie insupportable, et le conduit souvent à la morphinomanie, parfois au suicide.

La pathogénie de cette causalgie n’est pas complètement élucidée ; elle s'accompagne habituellement de troubles trophiques et vaso-moteurs consistant surtout dans le refroidissement du membre paralysé. Aussi le sympathique semble-t-il jouer un rôle et nous verrons les applications thérapeutiques qu’en a tirées Leriche.

3° Trophique. — Les symptômes de cet ordre sont complexes. La peau devient d’abord rouge ou violacée, puis elle s’amincit et se fendille, rappelant l’engelure chronique. Quelquefois, sur le trajet du nerf lésé se forment des éruptions vésiculeuses, groupées en zona, qui se crèvent et laissent une ulcération saignante, très douloureuse et persistante. On observe tantôt une moiteur continuelle, tantôt une sécheresse anormale. Les ongles sont amincis ou s’épaisissent au contraire, devenant secs et cassants; ce sont Îles ongles névritiques. Le squelette lui-même peut être atteint et subit un processus d’atrophie progressive et de raréfaclion prédisposant aux fractures; par suite de la rétraction

(1) Rapporté dans Forgue : Pathologie externe p. 606.

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