‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 28 sur 91 · GLANDES SQUIRRHEUSES DU COU · texte numérisé non relu

GLANDES SQUIRRHEUSES DU COU

Mademoiselle B*** de Rive -de- Gier , âgée de seize ans en "1846, d’un tempérament lymphaticohilieux, d’une constitution médiocre, portait depuis son jeune âge des glandes sous-maxillaires et parotidiennes engorgées, assez volumineuses, ainsi que quelques ganglions durs et roulant sous les doigts, selon le trajet des veines jugulaires; trois de ces glandes, aussi grosses que des noix allongées, étaient très dures, sans être ni bosselées ni enflammées, mais leur volume influait d’une manière fâcheuse sur la physionomie, et la malade voulait s’en débarrasser à tout prix. MM. Gensoul et Bonnet, de Lyon, consultés , proposèrent pour dernier expédient l’extirpation de ces glandes ; avant de recourir à ce moyen, mademoiselle B*** voulut essayer les traitements de Celles, où elle se rendit vers la fin de juin "1846.

Etat de la malade : Au tableau qui vient d’être tracé, ajoutons que le faciès est jaune paille, le corps peu nourri présente çàetlà quelques petits boutons rouges semblables à ceux de l’acné ; fonctions menstruelles languissantes; la malade est sujette à de fortes et fréquentes migraines, semi-aménorrhée.

Prescriptions : Traitement cuivrique associé à celui des eaux.

Trois mois de médications, en \ 846, dissipèrent les ganglions et réduisirent les plus grosses glandes au volume de simples noisettes ; la santé générale fut sensiblement améliorée, les chairs prirent de la consistance, les évolutions menstruelles devinrent abondantes, la peau devint grasse et charnue, deux autres mois d’un traitement identique, en 1847, terminèrent cette cure; aujourd’hui, mademoiselle B***, devenue mère de famille, ne porte plus de traces de ces anciens engorgements, et, jouit d’une santé, qui ne laisse rien à désirer.

MADAME FABRE (1846 et 1847).

glandes cervicales et carreau.

Madame Fabre, de Lavoulte, âgée de vingt-huit ans en \ 846, d’un tempérament lymphatico-nerveux , d’une constitution délicate, mariée à dix-huit ans, mère de quatre enfants (elle en a nourri trois), avait joui d’une santé parfaite jusqu’à l’époque de son mariage, mais elle contracta, après ses troisièmes couches, des glandes engorgées selon le trajet

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

des veines jugulaires. Consulté à cette époque, je jugeai que ces glandes étaient profondément strumeuses , et j’engageai ma consultante à se rendre aux eaux de Celles, ce qu’elle ne fit pas. Dix-huit mois plus tard, madame Fabre accoucha de son quatrième enfant ; elle entreprit de le nourrir, mais elle tomba dans un tel état de dépérissement, que mon honorable confrère, le docteur Garnier, son accoucheur, l’obligea à interrompre un allaitement dont elle s’était fait un devoir. Les souffrances de la malade prenant tous les jours plus d’intensité, elle consulta de droite, de gauche, et en désespoir de cause, elle se rendit à Celles le 26 avril i 846.

Etat de la malade : Le faciès est blême, le corps profondément amaigri, le pouls fébricitant, la langue épaisse, rouge sur son pourtour, sale vers le fond et pointillée sur le milieu ; injection rougeâtre des piliers du voile du palais ; nombreuses glandes engorgées selon le trajet des veines jugulaires ; quelques-unes sont aussi grosses que des noix ; le ventre, fortement tuméfié, est aussi volumineux que celui d’une femme enceinte de cinq ou six mois; en le percutant, on perçoit la sensation d’un liquide épanché entre les deux feuillets péritonéaux, mais en pressant avec un peu de force, on reconnaît que les glandes mésentériques sont fortement engorgées, qu’elles ont acquis une densité considérable, elles sont bosselées et pourtant arrondies dans leur pourtour.

L’appétit se soutient, mais les fonctions digestives sont languissantes, de là des éructations, des flatuosités, et même des indigestions fréquentes ; sécheresse des

intestins dénotée par une constipation des plus opiniâtres, et des coliques pour ainsi dire continues; sommeil très léger, inquiet, et souvent interrompu par des douleurs intestinales.

Prescriptions : Bains Ventadour bouillis , alternés avec ceux de Veau des yeux , associés avec la boisson de Veau des yeux , le régime laiteux et féculent ainsi que les frictions arsénico- cuivriques.

Les progrès de cette médication lurent constants, uniformes et rapides; l’amélioration de la santé fut en raison directe de la fonte des tumeurs, et au 10 septembre, époque du départ de la malade, la tuméfaction abdominale était imperceptible; glandes du cou brisées et très petites ; faciès excellent , la peau, douce au toucher, était devenue grasse et charnue.

La santé de madame Fabre s’accrut durant le cours de l’hiver, malgré qu’elle ne fit plus de remèdes. Et vers le milieu de cette saison , la menstruation se rétablit parfaitement.

En 1847, cette dame vint passer un mois à Celles, où elle se soumit à un traitement de perfectionnement, si je puis me servir de ce mot ; toutes les granulations se dissipèrent, et depuis cette époque jusqu’à ce jour, madame Fabre a joui d’une santé parfaite.

EUGÈNE S*** (1849, 1850, 1851 et 1852).

SCROFULES

Eugène S***, de Tain (Drôme), âgée de onze ans lors de son arrivée à Celles en 1849; d’un tempé-

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES. 97

rament éminemment strumeux, d’une constitution chétive ; ayant eu deux frères et une sœur morts d’affections scrofuleuses , me fut adressé par mes estimables confrères les docteurs Pialatet Jannoyer.

Les scrofules ne se manifestèrent chez le jeune S*** qu’après l’évolution de la seconde dentition. Les glandes se réunirent dans les suites en grandes masses, plusieurs s’ulcérèrent, le corps s’amaigrit, la mollesse et la flaccidité des tissus inspirèrent les craintes les plus vives aux parents, qui se déterminèrent à suivre les conseils de leurs médecins.

Deux mois de séjour à Celles, en 1849, un traitement parles bains artésiens, et les préparations stannocuivriques, produisirent un très grand bien, mais elles ne le guérirent pas.

Retour de l’enfant en 1850.

État du malade : Le faciès est toujours bouffi par les paquets glanduleux des régions parotidiennes; des esquilles osseuses sorties auprès de la commissure externe de l’œil droit, laissèrent sur ce point une cavité assez grande qui tiraille les paupières et déprécie le regard ; l’exfoliation de l’os n’étant pas complète, une suppuration iclioreuse suintait à l’extérieur par un trajet fistuleux. Les glandes cervicales offrent les unes le volume d’une noix, d’autres celui d’une amande, mais par leurs agglomérations, elles forment sur les régions parotidiennes deux espèces d’étuis ou de pilons pour mieux dire, dont les bases les plus larges sont dirigées vers les oreilles, et les extrémités fusiformes descendent vers les clavicules ;

il existe également des glandes engorgées dans les

creux des aisselles. Fonctions digestives languissantes ; peau blême; chairs flasques et molles.

Prescriptions : Bains artésiens ; pastilles avec les extraits alcalins de Veau artésienne ; traitement stanno-cuivrique à V extérieur et à V intérieur.

Deux mois de traitement produisirent un tel dégorgement, que j’eusse désiré terminer cette cure cette même année ; mais les parents voulurent se retirer et renvoyer la suite de ce traitement à l’année suivante.

Un mois de traitement en 4851, et quinze jours en 1852, terminèrent la guérison d’Eugène S***, qui fut mis au collège; ce jeune homme jouit actuellement d’une santé qui ne laisse rien à désirer.

M. V*** ( avril 1851).

Page 1