TUMEUR BLANCHE DE L’ARTICULATION DU COUDE ET ABCÈS FROID
M. G***, de l’Argentière, élève du collège de Privas, âgé de quinze ans, fut conduit à Celles en juin 1847, pour y être traité d’une tumeur blanche de l’articulation humero -cubitale gauche, avec formation d’un vaste abcès situé sur la région antérieure du bras ; la tumeur affectait toute l’articulation ; l’abcès était vaste; douleurs sourdes ; ganglions engorgés selon le trajet des veines jugulaires ; l’enfant était pâle, bouffi et étiolé ; ses souffrances et tout ce cortège de misères dataient de longues années, ainsi que nous l’apprend la lettre du père.
« Je ne mets pas en doute les paroles consolantes » que vous m’avez dites au sujet de la guérison de » mon fils, et mon cœur les a recueillies; mais j’ai u pensé qu’après deux mois de traitement, vous pour-
SCROFULEUSES ET CANCEREUSES.
» riez me dire d une manière plus certaine encore ce »> que vous en pensez pour l’avenir.
» Il me dit que son bras droit est encore un peu » gros, quoiqu’il y ait du soulagement dans son état; » mais de là à une guérison complète il y a loin. » Chaque année, dans cette saison surtout, on obtient » bien un soulagement momentané, mais viennent » ensuite l’hiver et le printemps, avec les pluies les » douleurs recommencent. Une remarque que j’ai » faite, c’est qu’ici il est moins sujet aux douleurs » qu’à Privas. Serait-ce dans ce dernier lieu le froid, » l’air plus vif, ou tout autre cause qui lui serait » contraire? Le maigre régime du collège lui con- » vient-il ou non ? Si vous pouviez, Monsieur, trou- » ver le moyen de prévenir cette cruelle maladie, » vous nous rendriez un service signalé ; je sais cepen- » dant qu’il n’y a rien de certain, et qu’on ne peut » refaire la constitution d’un individu. Il s’agirait » donc de la modifier assez pour obtenir une amélio- » ration plus constante que par le passé. Mon fils » aura bientôt quinze ans, et il y en a treize qu’il est » malade. »
L’enfant était donc réellement et profondément scrofuleux ; trois mois de traitement par la boisson de l'eau artésienne , les bains artésiens , les frictions stanno cuivriques sous la plante des pieds , des pilules congénères , et des pansements plomba- cuivriques le guérirent radicalement.
J’ai revu plusieurs fois ce jeune homme au collège de Privas, où il a terminé ses études; sa santé ne laissait rien à desirer sous aucun rapport.
MADAME BOUSQUEYNAUD (septembre 1849).