MAL VERTÉBRAL DE POTT. — GUÉRISON
Faugier (Jacques), tailleur à Lavoult, âgé de trentequatre à trente-cinq ans en 1850, ayant eu deux frères
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
morts phthisiques, eut la gale dans son enfance, ensuite la teigne jusqu’à l’âge de douze ans ; cette teigne se dissipa sans remèdes , et F*** fut bien portant jusqu’à seize ans, époque où il commença son apprentissage.
De seize à vingt ans , F*** eut des indispositions assez fréquentes ; il habita Paris depuis vingt jusqu’à vingt-cinq, et sa conduite fut toujours très régulière ; à vingt-quatre ans, F*** contracta un point douloureux vers la région supérieure du côté droit de la pob trine. Cette douleur s’accrut insensiblement jusqu’au point d’empêcher le sommeil et d’obliger le malade de tenir le bras en l’air. Après avoir été traité pendant un an par M. le docteur Pourrat, qui prescrivit un régime sévère, de fréquentes saignées et l’usage de la digitale, ce jeune homme rentra au sein de sa famille, se maria peu de temps après, et jouit d’une santé passable jusqu’à sa trente -unième année. A eet âge, F*** commença à se plaindre de maux de reins, qui s’accrurent peu à peu , prirent à la fin beaucoup d’intensité, et forcèrent cet homme à se mettre à un traitement sérieux.
État du malade au 9 janvier 1850 : Corps charnu et épais, mais chairs flasques et molles; faciès bouffi ; douleurs lombaires qui ne permettent pas l’extension des jambes; marche difficile; pointes du pied en dedans ; toutes les fois que le malade veut faire une flexion du tronc, il éprouve autour du corps et à la hauteur de la quatrième lombaire la sensation d’un coup de fouet sanglé sur cette région ; il ne peut se
redresser que bien lentement et peu à peu ; impression
permanente d’endolorissement autour des reins; cette impression est douloureuse au plus léger mouvement du corps ; aussi, le malade est-il obligé de tenir constamment une main sur les lombes, et de marcher bien doucement comme s’il craignait instinctivement une dislocation du tronc ; enfin , saillie évidente de la quatrième vertèbre-lombaire poussée en arrière ; tension douloureuse et considérable du ventre, surtout dans la région inférieure du côté gauche ; l’abcès par congestion se dessine.
Prescriptions : Boisson de Veau de la source artésienne et traitement stanno-cuivrique ; application de deux cautères aux lombes sur les deux côtés de la quatrième vertèbre.
Le 7 avril 1850, le malade, après avoir suivi son traitement avec beaucoup de régularité pendant plus de deux mois , avait suspendu les médications cuivriques depuis quinze jours. La vertèbre lombaire était presque rentrée dans sa place, le malade pouvait faire quelques mouvements de flexion sans trop souffrir; le ventre était moins large et l’abcès par congestion semblait dissipé.
Prescriptions : Reprise du même traitement cuivrique.
15 juillet : Le malade a passé quinze jours à Celles, où il a pris les bains. Amélioration progressive mais moins suffisante.
F*** continua et quitta tour à tour son même traitement, et jusqu’à la fin de février 1851 ; depuis cette époque, il n’a plus fait de remèdes, mais il a entretenu ses cautères jusqu’à la fin de juin 1851 ; il jouit actuellement d’une santé parfaite, et sa maladie ne laisse plus de traces.
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
Je possède plusieurs cas analogues; mais évitons d’exposer des faits qui nous entraîneraient trop loin , et revenons à l’exposition de quelques cas de tumeurs blanches articulaires.