‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 45 sur 91 · ENGORGEMENT DE TOUT UN MEMBRE PELVIEN · texte numérisé non relu

ENGORGEMENT DE TOUT UN MEMBRE PELVIEN

Madame Bernard , de Montbart (Côte-d’Or) , âgée de trente-deux ans en 1846. D’un tempérament lymphatico-sanguin, d’une constitution robuste, fit une chute très grave , il y a sept ans ; le coup porta sur le bassin et le trochanter du côté gauche , et cette contusion fut si violente, quelle détermina l’engorgement de tout le membre. Les médecins de Montbart n’ayant pas réussi à dissiper cet engorgement , la malade fut

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

conduite à Paris où elle consulta un grand nombre de médecins , entre autres les professeurs Lisfranc et Marjolin; ce dernier donna des soins à madame Bernard pendant dix-huit mois, et en désespoir de cause il l’engagea à se résigner. Invités par feue madame la comtesse de Buffon, les parents de madame Bernard l’obligèrent de se rendre à Celles pour s'y soumettre aveuglément à tel traitement qu’il me plairait de lui prescrire ; cette malade n’entreprit ce voyage qu’avec beaucoup de répugnance parce qu’elle n’en attendait aucun résultat.

État de la malade : Le faciès présente de la bouffissure et je ne sais quelle altération qui dénote une affection lymphatique ; le membre pelvien cylindrique est aussi gros que le corps d’un enfant et comme soudé dans l’articulation tibio-fém orale, les mouvements de l’articulation coxo-fémorale sont euxmêmes excessivement limités, et si gênés que la malade ne peut marcher qu’à l'aide d’un bras et avec beaucoup de lenteur, la peau est saine et cependant les chairs résistent au doigt qui les explore avec autant de fermeté que celle de l’éléphantiasis. Madame Bernard enfin passe, pour ainsi dire, sa vie au lit ou sur une chaise longue.

Prescriptions : Bains artésiens prolongés de six heures , boisson de Veau de la source artésienne , médications stannocuivriques .

Ces médications ne tardèrent pas à ramener un dégorgement lent, mais constant et progressif de tout le membre; dès le second mois madame Bernard marchait avec des béquilles, au troisième avec un bâton,

et à la fin du quatrième la malade, en nous quittant, ne conservait plus qu’un peu de faiblesse dans un membre qui avait repris ses formes normales.

J’ai revu madame Bernard en novembre 18o3, elle n’avait plus fait de remèdes depuis son départ de Celles ; elle avait constamment joui de la santé la plus florissante ; le faciès et le corps amincis lui donnaient un air de jeunesse qu’elle n’avait pas en 4846, enfin elle était aussi ingambe et aussi leste que possible.

Ces faits sont concluants en faveur de l’administration du cuivre concurremment avec les eaux ou les

résidus alcalins de la source artésienne de Celles; mais pourquoi, me dira-t-on, tant de variétés dans vos formules? doublions pas que cet écrit n’est qu’une sorte d’annonce, la préface d’un autre écrit pour mieux dire : ajournons par conséquent toutes explications ultérieures , et bornons-nous à exposer dans ce moment une autre série de faits qui mettront hors de doute la curabilité du cancer.

PHLEGMASIES CHRONIQUES ET NDIRATIYES

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