‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 44 sur 91 · TUMEUR BLANCHE DU GENOU DROIT · texte numérisé non relu

TUMEUR BLANCHE DU GENOU DROIT

Marie Seignobose , d’ Avezin , près Annonay , âgée de vingt-un ans en 1853, me fut adressée par mon jeune et bien estimable confrère le docteur Dufour ,

d’Annonay.

Marie Seignobose est d’un tempérament lymphatique, d’une constitution assez robuste; elle eut la teigne dans son enfance, à cela près elle avait joui d une santé parfaite jusqu’à sa quinzième année; l’évolution mensuelle s’opéra sans orages, mais vers la seizième

annëe Marie eut l’imprudence de se baigner dans une eau très froide dans un moment ou elle ruisselait de sueur; au sortir de ce bain elle éprouva un malaise subit et futsidolenteà l’instant qu’elle ne pouvait, sans souffrir, se toucher n’importe sur quelle partie du corps ; des croûtes ne tardèrent pas à paraître sur la tête; les glandes cervicales s’engorgèrent. Trois mois après le genou droit devint dolent et se tuméfia ; les croûtes de la tête ainsi que les glandes cervicales s’effacèrent; au fur et à mesure de leur résolution le genou devenait de plus en plus dolent. Le docteur Garidel consulté fit appliquer un cataplasme préparé avec des graines de bruyère, du miel et du petit lait; ce mélange fit d’abord assez bien; il fut cependant remplacé dans les suites par une espèce d’onguent composé d’une mixtion de savon blanc, d’huile d’olive, moelle de bœuf et de quelques gouttes d’eau-de-vie; la tumeur s’abcéda. Ce dernier remède prescrit fut alors remplacé par un onguent inconnu de la malade ; ce dernier onguent soulagea beaucoup, et cette jeune personne fut pendant trois ans sans éprouver de souffrances. A vingt ans l’articulation tibio-fémorale droite prit un plus grand volume et redevint douloureuse.

Les médicaments dont Marie fit usage à cette époque n’eurent pas le même succès que la première fois.

Etat de la Malade au 12 juillet 1853. Expression de douleur empreinte sur toute sa physionomie , grands yeux bleus , saillie des pommettes et des angles des mâchoires, tous les traits en un mot portent l’empreinte du type lymphatique. Corps assez bien nourri malgré

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

que l’appétit soit capricieux et faible. Evacuations alvines irrégulières, crottinées, peu abondantes et pénibles. Sommeil inquiet et peu réparateur , fonctions menstruelles rares et peu abondantes, la malade reste plusieurs mois sans les a voir (cinq à six mois) . Cependant il n’y a pas d’écoulement leucorrhéique. L’enflure du genou est énorme, elle s’étend depuis le milieu de la cuisse jusqu’au milieu de la jambe ; son périmètre irrégulier et informe est celui d’une tête d’enfant; les tendons sont durs et inflexibles; au-dessous des condyles du tibia existent des deux côtés des engorgements très durs et enflammés; dans le creux du jarret on palpe des corps glanduleux très gros et très durs ; on y voit aussi un ulcère profond à bords calleux qui rend une sérosité ichoreuse ; enfin la rotule enchâssée dans la tuméfaction antérieure est gonflée, immobile, et présente le volume du creux de la main; l’irrégularité de ces tuméfactions donne un aspect difforme à ce membre; la malade cependant imprime un petit mouvement à la jambe qu’elle fléchit légèrement sur la cuisse ; au niveau du pli de la jambe il existe deux cicatrices adhérentes irradiées et d’une coloration bleuâtre ; l’une de ces cicatrices est sur le devant de la corde interne et l’autre en arrière delà corde extérieure; enfin l’extrémité de la jambe amaigrie se raidit si la malade reste longtemps assise ; quand Marie marche elle fléchit beaucoup le corps , elle progresse lentement et boite d’une manière pénible à voir.

Prescriptions : Bains et boissons de Veau de la source artésienne ; médications cuivriques et à titre de topiques arj c/entiques ou cuivriques tour à tour.

Le succès de ce traitement fut remarquable ; la tumeur diminua dès le principe ; cette diminution fut progressive et constante sans se ralentir jamais; toutes les parties dures et enflammées, les tendons euxmêmes devinrent souples et ne tardèrent pas à reprendre leur consistance normale; le membre se redressa à un tel point qu’à la fin du premier mois la claudication était presque nulle ; l’ulcère du jarret était cicatrisé; le genou n’était presque plus tuméfié; la santé était parfaite.

Après le second mois la guérison ne laissait rien à désirer, elle était aussi complète que possible.

Je n’ai plus eu de nouvelle de cette malade.

Les empâtements lymphatiques, même très anciens, peuvent être guéris par le traitement que j’oppose aux affections tuberculeuses, alors même que le malade ne présente pas le cachet strumeux. L’exemple suivant est une preuve remarquable de cette assertion.

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