‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 56 sur 91 · GLANDES ENGORGÉES DANS LA MAMELLE DROITE · texte numérisé non relu

GLANDES ENGORGÉES DANS LA MAMELLE DROITE

Mademoiselle Magnard, de Serricre, femme de charge d’un ecclésiastique, âgée de quarante-sept ans lors de son arrivée à Celles, en juillet 1841, d’un tempérament lymphatique, d’une constitution assez robuste, ayant eu, vers sa quarante-deuxième année, des perturbations dans les fonctions menstruelles , s’était rendue à Celles, où elle prit les bains et les eaux Ventadour, dont elle s’était très bien trouvée; éprouva en mars -1841 quelques petites douleurs dans 1 intérieur de la mamelle droite ; elle fut très étonnée d’y rencontrer, en se palpant, trois glandes bien distinctes; ces glandes

offraient chacune le volume d’une amande à bosselures arrondies. De temps en temps elles étaient le siège de quelques douleurs qui s’irradiaient tout le long du bras.

Prescriptions : Bains artésiens bouillis ; boisson de l’eau Artésienne ; frictions ; traitement stanno-auro-argentique .

Départ de la malade, le 3 août ; les glandes avaient déjà perdu beaucoup de leur volume: elles s’étaient aplaties, et la malade n’y éprouvait déjà plus de douleurs.

Prescriptions : Les mêmes pilules.

Peu de temps après son retour chez elle, mademoiselle Magnard fut entièrement guérie , elle revintà Celles trois ans après, elle jouissait d’une santé parfaite; j’ai été dans le cas de recevoir de ses nouvelles récemment, elle va toujours très bien.

MADAME B*v* ( 11 juillet ).

GLANDES SQUIRRHEUSES AU SEIN DROIT. — MÉTRITE.

Madame B***t de Mâcon, âgée de quarante-neuf ans, d’un tempérament sanguin nerveux, d’une constitution médiocre, ayant été sujette à des éruptions furfuracées à la face, n’ayant eu que deux enfants, eut à la suite de sa dernière grossesse une métrite très intense, qui n’est même pas entièrement dissipée; cette malade avait habité pendant vingt ans un rez-dechaussée sans cave sous-jacente ; madame B*** a été opérée il y a huit ans d’une glande du sein, du volume d’unenoix, parM. le docteur Gensoul, de Lyon, en pré-

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sence de M. le docteur Passaquay-Ludger, cette glande fut reconnue pour être larda cée.

Etat de la malade lors de son arrivée à Celles : Le faciès est assez bon, cependant le corps est amaigri; douleurs errantes qui se portent par préférence vers le côté gauche du thorax ; une douleur fixe qui semble prendre naissance vers la cicatrice pour s’irradier dans le bras droit, gêne les mouvements de ce membre ; douleurs aux reins ; pesanteur au sacrum ; gastro-entéralgie ; existence d’une glande de la grosseur d’une amande couverte de son enveloppe, vers la commissure externe de la cicatrice, enfin induration du col

de l’utérus.

Prescriptions : Bains artésiens bouillis ; médications stanno-argentiqnes.

Eprouvée par ce traitement, la malade fut d’abord obligée de le suspendre ; soulagée ensuite par des frictions plombo-bismulho-stanniques que je lui fis pratiquer sur le bas-ventre et sur la région des reins, elle ne ne tarda pas à reprendre ses premières médications; deux mois et demi plus tard la malade, en nous quittant, était dans un état satisfaisant ; la glande du sein était réduite à un bien petit volume, et la cicatrice n’était pour ainsi dire plus cordée.

Madame B*** revint à Celles eu \ 844 faire encore un traitement d’un mois.

En 1845, je la revis à Lyon, et je lui remis quelques pilules stanno-argentiques .

En 1849, au mois de décembre, madame B*** m’écrivit pour me témoigner toute sa satisfaction. En 1852ec 1853 j’ai su, par les dames deChignon, de Saint-

Amour (Jura), et par madame Offarel, de Tournon (Ardèche), que cette guérison a été aussi ferme que solide.

MADAME DE L*** (juin 18A3).

CANCER

(Morte après la sixième année de traitement.)

Il faut demander à la mort les secrets de la vie .

Madame de L***, de Grenoble, me fut adressée en d 843 par le docteur Romme de Voiron.

Madame de L*** était d’un tempérament sanguin, d’un squelette élancé, même grêle, elle avait porté durant la cours de son enfance des glandes engorgées, selon le trajet des veines jugulaires; dix-huit mois avant son arrivée à Celles, elle avait reçu un coup dans le sein et une petite glande s’était immédiatement développée dans cet organe ; depuis trois ou quatre mois, madame de L*** n’était plus réglée ; elle était alors âgée de cinquante-deux ans. La glande du sein n’avait pas tardé à s’irradier dans le creux de l’aisselle, des empâtements, ou pour mieux dire des engorgements accessoires, avaient frappé les cordes du bras, la glande primitive était de l’épaisseur de la main, rouge, ulcérée, aplatie, recroquevillée dans tout son pourtour et adhérente aux côtes ; douleurs lancinantes et formicantes.

La première année, je traitai madame de L*** par les bains artésiens, la boisson des Eaux et les préparations stanno-argentiques ; elle éprouva des amendements notables dans sa tumeur.

SCROFULEUSES ET CANCEREUSES.

Durant l’hiver de \ 845 à 1846, l’affection cancéreuse avait progressé, il était même survenu une tumeur d’un rouge vif, bosselée, à douleurs lancinantes et formicantes, de la grosseur d’une aveline, située au travers de la racine du nez, de telle sorte qu’elle commençait à atteindre les deux yeux et paraissait devoir en* vahir et dévorer bientôt toute la face; frémissant pour ma pauvre malade, je maudissais mes Eaux, mon art et mes prescriptions diverses. Affectant une confiance que je n’avais pas, je consolai madame de L*** autant que; je pus, je lui administrai diverses préparations tour à tour stanno ou plombo- argento-nickéliques concurremment avec le traitement par les bains. Je fus heureux : l’affreuse tumeur qui s’était développée à la racine du nez disparut complètement ; la maladie du sein s’amenda d’une manière notable ; sa santé se rétablit, le calme enfin revint dans l’esprit de la malade.

En i84 7, l’état de madame de L*** fut stationnaire.

En 1848, voulant vaincre à tout prix le cancer, je lui administrai ainsi qu’à tous mes malades de cette époque quelques préparations internes. Madame de L*** supporta d’abord assez bien ce genre de médication, mais il survint une irritation gastro-intestinale, qu’il ne fut plus possible de maîtriser et qui paralysa tous mes efforts postérieurs; cette pauvre malade qui ne succomba cependant qu’en 1849, m’a laissé des sounenirs d’autant plus pénibles, que je lui avais été réellement utile, et que j’avais espéré de l’être plus encore dans les suites.

Ici peut-être le lecteur sera tenté de me jeter la

pierre, mais qu’il songe que les améliorations obtenues durant le cours de ce traitement, que la disparition de la tumeur située à la racine du nez sont des preuves évidentes et palpables que la matière cancéreuse est résoluble ; j’avais donc le droit de me livrer à des recherches nouvelles.

FRANÇOISE BERAUD ((1844 et 1845).

SQUIRRHE DU SEIN.

Françoise Béraud , femme Giraud , demeurant au lieu du Pouzat, près Celles, âgée de trente-sept ans, d’une constitution robuste, d’un tempérament lymphatique , ayant eu trois enfants , quelle avait tous nourris du sein gauche seulement , parce que le droit n’avait point de lait et que son bout était déformé.

Les deux premiers allaitements furent très heureux, mais au troisième le sein droit s’engorgea, devint très dur et douloureux ; lorsque l’enfant eut atteint son dix-huitième mois on le sevra , mais les indurations et les douleurs du sein se maintinrent avec persévérance, elles s’accrurent même jusqu’en mai 1844, époque où cette femme se détermina à réclamer mes soins.

Etat de la malade : Le sein offrait le volume du poing d’un adulte , il était dur et bosselé , douleurs lancinantes et formicantes assez fréquentes , pesanteur considérable de tout l’organe, la malade est dans le plus profond désespoir.

Prescriptions : Médications stanno-argentiques.

Ce traitement , suivi avec persévérance pendant six

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES,

semaines, procura un si grand soulagement, que la malade se crut guérie et cessa de me voir.

Au temps des vendanges de d 84 4 la femme Giraud se plaignit de nouveau de son sein, elle attribuait cette récidive à l’imprudence qu’elle avait eu de s’exposer, deux fois, à de violentes pluies d’orage; depuis ce moment son sein s’était durci , tuméfié et redevenu progressivement de plus en plus douloureux.

Consulté de nouveau vers la mi-janvier 4 84 5, je trouvai le sein de la malade plus gros, plus dur et plus enflammé que la première fois , le désespoir de cette femme était à son apogée.

Prescriptions : Pilules plombo-bismutho-stanniques ; application, sur le sein , d'une préparation congénère dissoute dans une crème auoc œufs et au lait.

Quelque temps plus tard je modifiai ces mêmes préparations par l’addition de la digitale concentrée.

Sous l’influence de ce traitement les douleurs disparurent, le sein s’affaissa, s’assouplit et au 40 avril la malade était guérie.

Durant le cours de l’été cette femme devint enceinte et elle n’a plus rien ressenti de son mal.

Cette observation appartient probablement à l’histoire des mammites plutôt qu a celle du cancer ; elle devrait donc être rangée auprès de celle d’Euphrosine Bérenger. Cependant, j’avoue que l’aspect et la consis tance de la tumeur m’en avait imposé, et je persiste à croire que cette femme serait morte d’un vrai cancer si je ne l’eusse traitée en temps opportun.

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