CANCER DU SEIN
Justine Estèbe, de Sens, département de l’ Yonne, âgée de quarante-deux ans (i844 juillet) , époque de son arrivée à Celles ; d’un tempérament lymphaticonerveux, d’une constitution délicate, ayant eu durant le cours de son enfance les glandes cervicales engorgées; avait eu depuis sa vingt-huitième jusqu’à sa trente-deuxième année une gastro-entérite qui la fit cruellement souffrir. Elle vit paraître aux approches de sa quarantième année des ganglions durs et roulants sous les doigts sur l’un et l’autre sein ; bientôt des douleurs lancinantes et formiçantes dénotèrent le
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
triste caractère de ccs douleurs. Monsieur le docteur Rétif qui donnait des soins à la malade proposa l’extirpation de l’un et l’autre sein; aidé de monsieur le docteur Métivier, il allait opérer la malade lorsqu’après de mûres réllexions ils reculèrent et prononcèrent un pronostic funeste et prochain.
État de la malade : Le corps est très maigre; la peau desséchée et comme collée sur les os ; les seins sont très petits et n’offrent l’un et l'autre que le volume d’une pomme d’api; ils sont pleins de petits noyaux glanduleux très durs et bosselés; les noyaux du sein droit forment par leur réunion une masse presque compacte; aussi la malade prétend que cet organe est beaucoup plus pesant que son congénère ; enfin symptômes non équivoques d’une gastro-entérite chronique et pourtant assez légère.
Prescriptions : Bains artésiens ; boisson de Veau artésienne ?* pilules stanno-argentiques ; frictions sous la plante des pieds sous l'influence du bain électrique avec la préparation stanno-argentique; fomentations sur les seins avec la préparation stanno-argentigue très légère et à très petites doses .
Départ le 25 septembre t8 hk. Peu de temps après l’entrée en traitement de cette malade, j avais remplacé le stanno-argentique par le plombo-bismutho-stannique , parce que j’avais cru remarquer qu’il agissait trop vivement sur les glandes. Au départ de la malade la santé s’était bien améliorée ; les seins arrondis avaient pris une forme convenable et tous les ganglions plus isolés entre eux s’etaient arrondis , les dou* leurs lancinantes n’existaient plus.
Retour en mai 4845. La santé a été bonne pendant tout le cours de l’hiver ; les glandes se sont maintenues dans le même état qu’au départ; les douleurs lancinantes n’ont plus reparu et de rares douleurs formicantes ont eu lieu dans les temps froids.
Prescriptions : Bains artésiens ; boisson de Veau artésienne; friction sous la plante des pieds avec le stanno-argen tique ; fomentations sur les seins.
Peu satisfait du résultat de ces médications, je me rapprochai des médications de l’année précédente par les numéros plombo-bismutho-stanno-argentique.
Cette nouvelle médication produisit un peu de bien mais beaucoup moins que le traitement de l’année précédente, auquel je revins vers la mi-octobre ; dès ce moment une amélioration proportionnelle à celle de l’année 1844, s’établit et vers les premiers jours de décembre, Estèbe était dans un état satisfaisant.
Cette malade revint en 4 846 ; son séjour fut court et je n’ai pas tenu note de ce que je fis pour elle cette année, mais en nous quittant elle n’était point mal.
En 1847, madame Patris de Feu, m’écrivit à son sujet pour me demander des remèdes en me disant qu’il lui était impossible, à défaut de moyens pécuniaires, de revenir à Celles. J’étais altéré de mes revers, je ne répondis pas.
Cette observation est très intéressante en ce qu’elle établit la valeur de ces numéros 421 et 122, qui servent de base à tous mes traitements actuels; qui ont procuré les guérisons si remarquables de mesdames Saint-Louis, Boitard, Duhamel, etc., etc....
Je n’avais plus ouï parler d’ Estèbe, lorsque vers les
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premiers jours de l’année 1855, je reçus une lettre de monsieur Patris de Feû, dans laquelle il me disait qu’Estèbe allait assez bien.
MADAME D*** (août 184G).