‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 61 sur 91 · SQUIRRHES DE L’UN ET L’AUTRE SEINS · texte numérisé non relu

SQUIRRHES DE L’UN ET L’AUTRE SEINS

Madame D***, de Lyon, âgée de quarante-huit ans, issue de parents sains, d’un tempérament lymphaticosanguin, d’une constitution robuste, mariee à vingt ans, eut trois enfants, ayant essayé de nourrir les deux premiers, ne put continuer leur allaitement à cause de l’apparition de plusieurs dépôts dans les seins; elle eut son dernier entant a 1 âge de trente-deux ans, la malade avait joui d’une santé parfaite jusqu à 1 invasion de la maladie actuelle, elle eut une suppression menstruelle eu janvier dernier, mais l’écoulement reparut en février, ne s’étant aperçu d aucun mouvement fluxionnaire vers les seins, constata en juin 48-46, comme par un effet du hasard en se palpant, un gonflement squirrheux dans le sein droit ; cet engorgement augmenta peu a peu et vers les derniers temps du séjour de la malade à Lyon, les deux seins se prirent, ils gonflèrent avec rapidité, des douleurs lancinantes et formicantes, donnèrent enfin des inquiétudes à l’honorable docteur Gubiau qui m adressa sa malade en m’écrivant la lettre suivante :

« Je recommande à vos soins éclairés madame » D***, dont la constitution est brillante et qui , par

» excès même de force a une hypertrophie mammaire » qu’il convient de combattre à son début.

» Chez cette dame il v a toujours eu disposition » sthénique du côté des organes lactifères : il y a » vingt ans que des abcès formés à la surface dans la » profondeur des seins firent renoncer à nourrir le pre- » mierné. Même disposition à la dernière couche. Et » aujourd’hui que l’époque critique arrive , voilà une » turgescence générale aux seins avec développement » glanduleux.

» Le tempérament sanguin-nerveux lymphatique de » madame, la rend très susceptible; elle craint les éva- » cuations sanguines. Je pense que ce moyen puis- » sant, tout en étant indiqué, ne doit pas être sou- » vent répété par rapport à la réaction nerveuse.»

Etat de la malade : au 14 août 1846. La santé générale est parfaite ; Lécouîement mensuel est régulier; le sein droit présente le volume du poing d’un adulte; celui de gauche est aussi gros qu’un œuf d’oie ; l’une et l’autre de ces tumeurs sont dures , bosselées et sont le siège de douleurs lancinantes et formicantes ; la corde antérieure est fortement engorgée, des glandes squirrheuses s’observent dans le creux de l’aisselle et forment par leur réunion un paquet considérable.

Prescriptions : Bains artésiens bouillis; boisson de Veau artésienne ; médications stanno-ar identiques .

Durant le cours de ce traitement, j’eus l’occasion de faire examiner madame D*** au docteur Aubenas, qui sourit de mes prétentions ; cependant au vingt novembre, jour du départ de la malade, toutes mes médications avaient réussi, et au vingt-six no-

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

vembre , madame D*** m’écrivait line lettre dont j’extrais le passage suivant :

« Je suis arrivée heureusement auprès des miens,

» et à la joie que tous ont témoignée de me revoir, a se sont jointes bien des actions de grâces qui vous » étaient adressées; tous auraient voulu vous expri- » mer leur affectueuse gratitude, et je sais, Monsieur,

» que votre cœur l’eût compris et y eût été sensible ; » si quelquefois l’injustice et l’ingratitude viennent » briser votre âme, portez votre pensée sur les familles )> qui vous doivent la vie de quelques-uns de leurs » membres les plus chers; pensez que votre nom y » est béni, qu’il ne s’y oubliera jamais, et que cette » idée efface l’impression pénible de la mauvaise foi, » qui vous apprécie en secret, mais que l’orgueil et » l’intérêt vous donnent pour ennemis. »

Madame D*** revint à Celles en 1847, passer un mois seulement, pour y prendre des bains et des Eaux ; elle a toujours joui depuis cette époque d’une santé parfaite.

Cette malade récidiva il y a peu d’années, je ne la revis plus, elle fut soumise à d’autres médications et succomba avec rapidité. Si je mentionne cette observation, c’est que sa fatale terminaison elle-même démontre évidemment que j’avais traité une véritable affection.

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