GLANDE SQUIRRHEUSE DU SEIN DROIT
Madame Bouchet , de Jeansonnas , commune de Bisset, canton de Pellucin (Loire), âgée de quarantesept ans (1851), d’un tempérament lymphatico-sanguin, d’une constitution forte et robuste, ayant joui constamment d’une santé parfaite, reçut vers sa quarantième année un coup dans le sein droit, qui provoqua l’apparition d’une tumeur. Traitée par le docteur Colrat, major à cette époque de l’hôpital de la Charité de Lyon ; elle vit disparaître cette tumeur, mais elle conserva toujours de la sensibilité dans l’intérieur de cet organe. Depuis un an (en septembre 1850), les évolutions mensuelles commencèrent à devenir moins régulières, et depuis cette époque, madame Bouchet s’aperçut que son sein se tuméfiait de plus en plus et devenait réellement douloureux.
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES. 2Ü
La permanence de ces douleurs détermina la malade à recourir aux lumières de M. Moulin, docteurmédecin à Bourg- Argentai (Loire), qui prescrivit des applications de sangsues aux alentours du sein, des frictions avec la pommade d’iodure de potassium; la nuit des applications de cataplasmes de riz, et le jour celle d’une peau de cliat sauvage. Peu satisfaite de ces médications, madame Bouchet se rendit bientôt à Celles, ou elle fut attirée par P exemple des guérisons de madame Cellard, de Lyon , qui habite Beuf durant le cours de l’été, et celui de la femme Cellard, qui
habite Condrieu.
Etat de la malade. La tumeur située vers la face interne et supérieure du sein droit offre le volume du poing d’un adulte ; elle est très dure et bosselée ; douleurs lancinantes et formicantes qui s’exaspèrent lorsque la malade fait le plus léger mouvement du bras. Les seins sont naturellement très volumineux, cependant le droit est plus compacte que le gauche et distendu dans tout son périmètre.
Prescriptions : Bains artésiens ; à V intérieur pastilles préparées avec les sels alcalms de la source artésienne ; frictions sous la plante des pieds , administrées sous V influence de l’électricité et préparées avec la poudre stanno-argentique n°397 de mon Formulaire général; lotions sur le sein avec l’eau distillée des .Boches désignée sous le n° 326 ( Formulaire général) .
Arrivée à Celles le 19 septembre 1851, la malade nous quitta le 9 novembre ; elle était alors dans un état très satisfaisant ; la santé s’était bien améliorée, et le faciès moins rouge et moins bouffi avait pris une
teinte de fraîcheur; le sein avait perdu de son volume et n’était plus rénitent ; la glande moins grosse ne faisait pour ainsi dire presque plus saillie, elle était aplatie, ne présentait plus de bosselures et commençait à se lacérer dans son parenchyme ; absence totale des douleurs lancinantes et formicantes. Pour entretenir ce progrès, je remis à la malade : une poudre nickélo-argcntique pour faire des frictions sur la langue ; dû une mixtion d’oxyde de plomb dans du vinaigre , de l’huile d’olive et de l’eau ferrique , n° 529, pour faire soir et matin des fomentations sur le sein ; pastilles avec les résidus alcalins de l’eau artésienne (1) .
Retour à Celles , le ii juillet 1852.
La malade est à peu près dans le même état que lors de son départ, en 1851, cependant il y a une certaine amélioration dans la glande, qui n’a plus la contexture squirrheuse et se fond mieux en quelque sorte avec le sein; absence totale de douleurs lancinantes et formicantes, le bras seulement est lourd lorsqu’elle s’en sert; santé parfaite.
Prescriptions : Les mêmes qu’en 1851 .
Départ , le 11 octobre 1852 : guérison complète.
J’ai eu des nouvelles de cette dame vers les premiers jours de décembre, elle est toujours très bien.
(1) La malade n’avait pas renouvelé ses provisions ; son traitement de novembre 1851 à juillet 1852 n’avait donc pas été d’une bien longue durée.
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
MADAME DE LA J*** (20 mai 1852 ).
HYPERTHR0P1IIE DES GLANDES MAMMAIRES. — SQUIRRHOSITÉS