‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 72 sur 91 · CANCER AU SEIN DROIT · texte numérisé non relu

CANCER AU SEIN DROIT

Madame sœur Rosalie, supérieure du Sacré-Cœur de Saint-Pierreville (Ardèche), âgée de cinquante ans, d’un tempérament lympliatico-sanguin, d’une constitution robuste autrefois, ayant fait en différentes circonstances des chutes, avait eu plusieurs crises d’un rhumatisme articulaire; profondément gastritée depuis plusieurs années, d’une impressionnabilité extrême , reçut en octobre "1851 un coup assez violent sur le sein droit, et au printemps de l’année \ 852 , elle s’aperçut de l'existence d’une glande dans cette mamelle ; cette glande avait alors le volume d’une noix ; elle n’eût pas éveillé l’attention de la malade si des souffrances assez vives, survenues peu de temps après cette triste découverte, n’eussent obligé madame Rosalie à recourir aux lumières du médecin de sa

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Maison, M. le docteur Pouzet de Privas. Des fumigations d’encens , des applications de sangsues et celle d’une pommade inconnue firent d’abord un peu de bien , mais cette sédation fut de courte durée ; les cuissons , les fourmillements et les douleurs lancinantes s’établirent d’une manière positive et prirent un degré proportionnel au développement rapide de la tumeur ; la malade se refusant à l’opération proposée par mon honorable confrère, se rendit à Celles le7avriH855.

État de la malade : Le faciès paraît assez bien, cependant, il est comme bouffi et ne dénote pas une nutrition parfaite; madame Rosalie, en effet, soulfre depuis longues années d’un profond dérangement de l’estomac ; elle nevit plus que sous l'influence d’un régime excessivement ténu et féculent; enfin, l'irritabilité nerveuse est extrême, et madame la supérieure pourrait être regardée comme sérieusement malade , alors même que le cancer n’existerait pas ; les deux seins sont naturellement volumineux , mais le droit est infiniment plus lourd et plus gros que le gauche ; sur le bord externe de ce sein , en effet , on trouve une tumeur très dure, fortement bosselée, adhérente aux côtes, qui s’étend depuis le bas de la mamelle jusque dans le creux de l’aisselle où elle adhère avec la corde antérieure du bras dont elle gêne les mouvements ; elle est cependant plus mince vers son sommet qu’à son milieu et à sa base, où elle présente à peu près le volume du poing d’un adulte ; elle est labourée, en quelque sorte, par de nombreuses anfractuosités ; douleurs formicantes et lancinantes intenses et

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fréquentes; enfin, redisons-le avec soin, le bras est engourdi, douloureux surtout vers sa face interne, et cette douleur s’étend jusque dans le pouce ; les mouvements de ce membre, surtout ceux d’ascension, sont très douloureux; nuits sans sommeil, ou du moins cette fonction est fréquemment entrecoupée par la douleur ou une excitation nerveuse difficile à décrire.

Prescriptions : Traitement argentique adouci ; lotions sur le sein affecté , tantôt avec une préparation éthèrèe , d'autres fois et dans les derniers temps toujours avec des eaux factices plus ou moins concentrées , et dont f avais précipité le fer ; à V intérieur , eau de la bonne fontaine à petites doses ; plus tard, quelques bains artésiens bouillis à de longs intervalles.

Sous l’influence de ces médications, madame sœur Rosalie éprouve d’abord une amélioration dans l’état de sa glande squirrheuse, mais la malade était obligée de compter en quelque sorte les gouttes du n° d22, sous peine de voir trop gonfler sa tumeur qui devenait ensuite stationnaire ; ce fut alors que j’activai la préparation argentique destinée aux frictions des pieds; le squirrhe perdit de nouveau de son volume , il redevint ensuite stationnaire; j’eus recours alors à une autre formule et aux bains artésiens bouillis ; l’estomac et le tube digestif se trouvèrent beaucoup mieux sous l’influence de ces dernières médications, mais des maux de tête survenus dans cet intervalle m’ayant donné de l’inquiétude, je fus obligé de suspendre les bains et de me borner aux frictions des pieds. Sous cette simple administration, l’état général ainsi que la glande ( qui avait perdu depuis longtemps son caractère

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squirrheux , et ne ressemblait plus quà une petite glande lymphatique bien molle ) furent si bien que, vers la fin d’aout, j’entrevoyais et j’espérais une guérison radicale et peu éloignée.

Je n’ai point revu cette malade, mais la sœur Saint- Joseph qui lui donnait des soins pendant leur séjour à Celles, est venue trois fois me demander des remèdes pour sa supérieure ; elle m’a affirmé que madame Rosalie, guérie de sa gastrite; remplit tous les devoirs de sa charge ; quant au sein, sans être entièrement résolu, il est très bien; c’est au reste ce que m’apprend madame Rosalie elle-même dans une lettre, en date du 22 mai 1855, et dont j’extrais le premier paragraphe que je copie textuellement.

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