‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 75 sur 91 · COPIE DU N · texte numérisé non relu

COPIE DU N

« A mon arrivée à Lyon, où je suis restée huit » jours, j’ai vu plusieurs personnes qui connaissaient » la gravité de mon mal et qui désespéraient de me » voir jamais guérie; elles ont toutes crié au mi- » racle.

» M. le docteur Pommier, qui avait vu mon mal à » Celles, et qui a voulu le voir de nouveau ne pouvait » en croire ses yeux , ni revenir de sa surprise, il m’a » félicité et fait beaucoup d’éloges de mon bienfaiteur. » Vous apprendrez avec plaisir que depuis mon dé- » part de Celles, je vais de mieux en mieux, etc., etc.

«Marie PEYRE.

» 13 octobre 1847. »

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

En mai 1848, mademoiselle Peyre m’écrivit une seconde lettre, dans laquelle je trouve les paragraphes que je copie :

« Le médecin de la maison à qui j’ai fait voir mon » mal, a été on ne peut plus étonné que l’on pût guérir » le cancer squirrheux suivi d’hémorrhagies; il avait » pensé comme ses confrères qu’il n’y avait pas de » guérison possible.

» Savignes, chez madame Lhomond (Saône-et-Loire).

« Mai 1848. »

En 1849, mademoiselle Peyre, moins heureuse, redoutait une récidive et m’écrivait en ces termes :

« MONSIEUR

, Si j’ ai différé aussi longtemps à vous écrire, c’est » que je croyais de jour en jour aller à Celles, passer » quelque temps auprès de vous, à cet effet. Tout » espoir de guérison est donc perdu pour moi si vous » ne me continuez vos soins comme par le passé, car » mon mal s’est un peu accru, du moment où je n’ai » plus eu de remèdes pour y mettre; je crois qu’un » mois passé auprès de vous, etc. De chez monsieur » Lhomond, rue de la Pyramide, n° 10, à Mâcon » (Saône-et-Loire.)

» 2 août 1849. »

J’obtempérai aux désirs de mademoiselle Peyre , elle vint à Celles, y passa un mois, y fit le traitement

stanno-argentique et plombo-bismutho-nickélique ; ces médications lui firent du bien et dans une lettre qu’elle m’écrivit, en date du 16 octobre , elle me témoigne sa gratitude du nouveau service que je lui ai rendu.

De retour à Mâcon, mademoiselle Peyre se livra à des travaux manuels, son sein s’engorgea et tous les accidents redevinrent bien pénibles ; retour à Celles, le 45 juillet 1850.

Etat de la malade : Le sein gros et même volumineux adhère aux côtes • la corde antérieure de l’aisselle correspondante est engorgée ainsi que le sommet de l’épaule ; le champignon éolipyle , gonflé de nouveau, procure des hémorrhagies moins intenses qu’autrefois mais assez fréquentes ; douleurs lancinantes et formicantes; mouvements bornés et fort pénibles du bras qui interdisent toute espèce de travail.

Prescriptions : Boisson de Veau de la Bonne Fontaine. Traitements argentiques.

Je ne tracerai pas avec détails une très longue observation qui s’est terminée par la mort en septembre d 855 ; mais je dois faire observer que mes médications ont produit souvent beaucoup de bien et noter que depuis longtemps l’épaule, le bras et toute la poitrine complètement dégorgés n’avaient pour ainsi dire aucun rapport avec une tumeur appendue uniquement à la peau. Cette tumeur avait acquis une puissancede végétation que je comprimais à des intervalles assez éloignées, par de petites applications de potasse caustique disséminées çà et là. La dissolution de la potasse faisait exsuder un sang excessivement noir et très épais qni diminuait rapidement le volume de la tu-

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

meur; je pansais ensuite avec la poudre nikélique et la charpie sèche ; par ce mode de médication, je me suis opposé constamment à toutes les fluxions hémorrhagiques. Cette malade a succombé à une sorte d’épuisement sénile, dans sa soixante-deuxième année. Elle n’a pas éprouvé de souffrances et n’a pas été dévorée par son cancer ; la fin en un mot de cette pauvre fille n’a rien offert de tragique.

L’observation de mademoiselle Peyre prouve évidemment que le cancer est encore malléable, alors même qu’il est parvenu à une dégénération extrême; mais le tableau historique des maladies du sein traitées à Celles est assez étendue; mentionnons actuellement d’autres faits relatifs aux lésions de l’utérus.

MADAME D’O*** (juin 1863 et 18 hk).

SQUIRRHOSITÉ DE L’UTÉRUS.

Madame d’O***, de Carpentras (Vaucluse), âgée de trente-huit à quarante ans lors de son arrivée à Celles, en juin 1843, d’un tempérament bilioso-sanguin, d’un squelette élancé, d’une constitution robuste, portait depuis plusieurs années une squirrhosité de l’utérus caractérisée par la déformation totale du col ; renversement de tout l’organe dont le museau de tanche regardait le sacrum; tuméfaction de toutes ces parties qui étaient dures et très douloureuses au toucher; douleurs lancinantes et formicantes; exsudation habituelle séro-sanguinolente; pesanteur incessante à 1 anus ; marche vacillante et pénible ; dérangement habituel des fonc-

tions gastriques; faciès jaunâtre et propre à ces sortes d’indurations.

Messieurs Mathieu , docteur-médecin à Carpentras, et Chauffare , d Avignon , après avoir longtemps prodigue leurs soins à cette malade, l’avaient engagée à aller à Montpellier. Les Conseils de plusieurs médecins célèbres de cette ville, n’ayant pas été couronnés de succès, madame d’O*** se rendit à Celles, en juin 4 843, ou elle fut soumise aux bains artésiens bouillis, aux frictions stanno-argentiques administrées sous la plante des pieds et sous l’influence de l’électricité, aux pilules stanno-argentiques; aux lotions ou fomentations congénères. Deux mois et demi de ce traitement procurèrent un dégorgement considérable qui s accrut après le départ de cette malade. L’hiver fut très bon , mais vers la fin de février, madame d’O*** fit une chute grave qui aurait pu avoir des conséquences très fâcheuses; cependant au 15 juin 48 44, le faciès était bon, le teint parfait, la mélancolie était remplacée par des idées gaies ; la marche était facile; la mati ice, redressee dans le bassin, n’offrait plus qu’un engorgement mollasse vers la partie postérieure du col; cet organe était cependant plus délicat et le pourtour était encore déformé.

Six semaines du même traitement que l’année précédente firent un tel bien, que madame d’O*** en nous quittant fut se promener à Grenoble et dans tous les alentours, notamment à la Chartreuse. De retour au 19 novembre, madame d’O***, fit encore six autres semaines de traitement, sa guérison fut parfaite et se maintient toujours.

SCROFULEUSES ET ULCÉREUSES.

Madame LAMURE (juin 1844, 1845 ET 1846).

Madame Lamure, delà Croix-Rousse, demeurant au Solitaire, n° 101 , lors de son arrivée à Celles , était âgée de quarante-cinq ans, d’une constitution usée , d’un teint jaune paillé. Elle avait le nez pâle et allongé, les tours des yeux cernés et plombés, les lèvres et les gencives décolorées, les yeux abattus, tout le faciès en un mot dénotait de profondes et anciennes douleurs. Le corps lui-même, mal posé sur les extrémités inferieures, décelait au premier coup d’œil une difficulté extrême pour la marche, et une sorte de claudication vacillante de gauche à droite et de droite à gauche, indiquait que cette malade éprouvait de grandes souffrances dans la région hypogastrique. Depuis plus de douze ans , en effet, madame Lamure avait commence à se plaindre de douleurs dans les reins et dans les organes sexuels; après divers traitements infructueux, m/ le docteur Gensoul avait ordonné la cautérisation de l’utérus. Cette opération avait été pratiquée a douze reprises sans aucun succès ; les douleurs de la malade étaient devenues atroces, des pertes abondantes la retenaient au lit ; elle était sans espoir , lorsqu’elle entendit parler des eaux de Celles. Elle me fit écrire par le vicaire de sa paroisse, M. Duperrav. qui, tout en me la recommandant, me dépeignait exactement son état; malgré le peu d’espérance que je donnai à madame Lamure , elle se rendit a

Celles vers les premiers jours de juin 1844.

État de la malade : Le faciès dénote les plus pro-

fondes douleurs ; la marche est excessivement pénible; nuits sans sommeil; digestions presque nulles; la malade éprouve d’abondantes pertes en blanc, souvent roussâtres , et par intervalles des hémorrhagies utérines abondantes ; pesanteurs dans les lombes ; il semble à la malade qu’on entr’ouvre le bassin ; poids incommode à l’anus ; fausses envies d’aller à la selle; constipation opiniâtre ; le tact fait connaître l’abaissement et l’antéversion de la matrice ; son orifice, entièrement déformé, présente l’aspect d’une sorte de chou-fleur formé par de gros tubercules durs , anguleux et saignants au plus léger toucher.

Prescriptions : Traitement par les eaux artésiennes bouillies et les médications stanno-argentiques .

Quatre mois de séjour à Celles procurèrent un grand dégorgement, rappellèrent le sommeil et rétablirent les digestions. La malade, en nous quittant, était dans un état satisfaisant, mais cette amélioration fut bien compromise par une chute de voiture qu’elle fit en se retirant, ainsi que nous l’a appris le passage suivant d’une lettre de M. Duperray, du 29 octobre 1844.

« MONSIEUR

» Permettez-moi , de vous demander votre avis » sur l’état delà santé de madame Lamure, et quel- « les sont les espérances que vous auriez de sa » guérison.

» Depuis son retour des eaux de Celles, cette bonne » dame, dont le sort m’intéresse, n’a eu que des

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

» souffrances plus grandes. Faut-il attribuer cela à la » chute qu’elle a faite dans la voiture et aux contu- » sions que lui ont fait subir les personnes qui étaient y avec elle ? Je n’en sais rien ; toutefois, elle se plaint » d’une douleur lancinante dans le bas des reins, des » battements violents dans la poitrine ; elle a beau- » coup d’amertume dans la bouche , et l’appétit a » disparu .

Cet aggravement de douleurs ne tarda pas sans doute à se dissiper, et le bien produit par la saison de \ 845 à se manifester. Je suis du moins en droit de conclure ainsi, d’après une lettre que m’adressa madame Lamure en mai 1845, dont j’extrais les passages suivants :

J’aurais pourtant bien à cœur de me gué- » rir en me confiant à votre art si expérimenté, car, » depuis plus de sept ans, je n’ai trouvé du soulage- » ment qu’auprès de vous ; je voudrais déjà être à » Celles, tant que je vis de l’espérance d’y trouver le v calme à mes longues et inaltérables douleurs.

» Je vous prie bien de m’honorer d’une prompte » réponse, en m’indiquant le moment ou je devrai » aller vous trouver à Celles; j’ai été si bien à mon » aise depuis mon retour, malgré mon accident de » voiture, que j’ai lieu d’espérer de votre pitié géné-

» reuse que vous ne m’abandonnerez pas en si bon » chemin. »

Après un long séjour à Celles, madame Lamure se retira dans un état satisfaisant sur la fin de septembre, et le 5 novembre, en m’écrivant, elle me dit entre autres choses :

« Ce n’est donc qu’en vous, Monsieur, que j’ai » placé maintenant toute ma confiance, parce que je » reconnus que votre art seul après Dieu m’avait » procuré du soulagement dans mes horribles soufx) frances. »

En 1846, madame Lamure passa les derniers mois de l’été à Celles. En se retirant , son état équivalait à celui d’une guérison, mais un double accident faillit la précipiter dans ses anciennes douleurs, ainsi qu’elle nous l’apprit elle-même par une lettre du 13 novembre \ 846. »

» . Mais par surcroît de malheur, j’ai eu la

» rencontre d’un coup de pied qui m’a été lancé « contre le bas-ventre au milieu d’une querelle. Je » ne m’attendais pas, pour prix d’une observation » légitime, à un semblable traitement.

» Sur-le-champ je me suis évanouie, et depuis » lors, mes douleurs ont redoublé d’intensité, en » sorte que je désespère maintenant de trouver la » guérison complète à mes maux .

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

» Veuillez m’honorer d’une prompte réponse, afin » de relever mon courage et me procurer quelques » soulagements. Je ne sais plus que devenir tant je » suis abattue ; indiquez-moi le régime que je dois » suivre, afin de remonter mon estomac; si je dois » appliquer des sangsues ou me mettre quelque em- » plâtre pour lever le coup; enfin, ce que je dois » faire pour arrêter mes crachements de sang, et rap- » peler, si c’est possible, mes règles . »

Cet accident n’eut pas de suites , madame Lamure revint à Celles eiH847, elle y fit un court séjour; je constatai sa guérison; elle jouit d’une santé parfaite.

J’ai revu plusieurs fois madame Lamure, elle était toujours bien, très-bien.

Les études des lésions utérines ont moins fixé mon attention que celles des seins; cependant, je crois devoir annexer ici encore deux faits de ce genre, pour donner une idée de la valeur de nos eaux factices concentrées, appliquées à titre de topiques contre certaines indurations de la matrice.

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