CONCLUSION
En commentant avec soin les dogmes et les faits énoncés dans cet écrit, on reconnaît que le corps reçoit et rejette sans cesse, par sa périphérie, tous les agents poudérables qui sont assez ténus pour être soumis à ce flux et reflux qui est l’acte fondamental et primordial de la vie, Un autre phénomène également certain , c’est que les corps impondérables , tels : le lumique, le calorique et l’électrique, ont une influence positive sur le jeu des outillages électro-magnétiques de l’organisme ; le libre exercice des fonctions du système cellulo- lymphatique est par conséquent sous la dépendance directe des agents vivificateurs de toute la nature. D’après ces dogmes, il devient évident que le système celluleux est un vrai laboratoire, dans lequel s’opèrent une foule d’actions et de réactions occultes et mystérieuses qui, en raison de bien des occurrences, peuvent varier entre elles, même avec des données en apparence identiques. Tout en faisant une large part à toutes les influences sous lesquelles peut être placé un être vivant, on comprend qu’il importe en outre que le bol alimentaire soit varié et divers pour que chaque organe puisse y trouver les principes alibiles qu’il appète; des expériences authentiques, nous l’a-
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vons observé, ont mis ce dilemme hors de toute contestation. Le dogme hygiénique relatif à la nutrition est eneoie vrai lorsqu ii s agit d une combinaison médicamenteuse ; nos organes ne subissent pas toujours des modifications identiques des mêmes éléments réformateurs, et des additions de peu de valeur en apparence multiplient souvent les effets de nos agents thérapeutiques. A ce point de vue, je devais faire une etude aussi variée et aussi étendue que possible de toutes les réactions qui ont lieu dans le système celluleux chez un malade soumis à mes médications iatraleptiques, sans vouloir cependant appliquer avec ligueur nos connaissances scientifiques à ce genre de recherches, mais en ne négligeant aucun des résultats produits. A ce point de vue, me dira-t-on, la matière médicale devient d’une immense étendue, et vous ne pourrez jamais en connaître les bornes approximatives. L’immensité, répondrai-je à mon tour, n’est pas une raison suffisante pour nous faire abandonner nos incessantes investigations; marchons toujours du connu vers l’inconnu sans trop nous enquérir du terme où aboutiront nos efforts; marchons, car bien certainement nous ne parviendrons pas à des résultats aussi complets que nous pourrions le désirer. Quels que soient en effet les progrès de notre art dans les suites, il nous faudra nécessairement succomber et mourir; mais arrêtons quelques instants notre pensée sur une question qui intéresse tous les hommes et surtout le vieillard.
Un être vivant est obligé, contraint, forcé d’exister et de progresser en raison de la loi qui la produit ;
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l’homme, par conséquent, restant coordonné aux lois génératrices qui l’ont fait croître et l’ont forti fié dans le principe, devient, d’après ces mêmes lois, sursaturé dans les suites de matériaux solidificateurs, et un moment survient où il n’est plus qu’une semi-pétrification douée d’un reste de vie.
La puissance assimilatrice dont l’homme est doué est d’une grande énergie, et pour en avoir une idée approximative, jetons les yeux sur un malade qui entre en pleine convalescence. Les tissus de cet homme sont décolorés, flasques, comme desséchés, et cependant en peu de jours , on le voit reprendre la fraîcheur et l’éclat de son teint. Quelques jours plus tard ses parenchymes deviennent fermes, consistants et même durs. Or, cette loi d’assimilation étant constante, il en résulte que si un être est complet, s’il n’a plus rien à acquérir, cette faculté de résorption l’emplit outre mesure. De là l’embonpoint, plus tard, l’obésité, la densité extrême, enfin l’ossification des tissus d’où dérivent la lenteur, la détérioration et la torpeur de tous les actes de la vie qui précèdent la mort sénile. L’imbibition et la transsudation, facultés génératrices et conservatrices de toutes les autres, ont leur siège dans le système celluleux , ce système est donc le foyer le plus important de tous les actes de la vie. Heureux, par conséquent, les hommes chez lesquels le canevas aréolaire est doué d’une énergie suffisante, pour que cette double faculté de prendre et de rendre soit aussi bien équilibrée que possible ; pour eux, les stases sanguines, ainsi que les lymphatiques sont plus difficiles et plus rares. Pour eux, les
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maladies aiguës et chroniques s’établissent avec plus de difficultés et sont toujours moins intenses ; pour eux aussi, la sursaturation des parenchymes est plus longue à s’opérer. Chez eux enfin, toutes les périodes de la vie ont une plus longue portée ; la vieillesse , ainsi que la sénilité sont reculées jusqu’à leurs limites les plus extrêmes. ISe peut-on pas s’opposer à la polyémie sanguine et à la prédominance lymphatique?.... Pour les tempéraments sanguino-polyémiques , une diète austère, unie à une dépense convenable des forces musculaires, est déjà un moyen de prolonger la vie. L’anachorète qui coule ses jours entre le jeûne, les macérations de- toute espèce, l’état de veille et la culture de la terre, s’oppose, sans s’en rendre compte, à une accumulation incessante de matières alibiles dans le canevas de ses tissus ; aussi, n’est-il pas rare de le voir parvenir à une extrême vieillesse. La prolongation de la vie, obtenue par des moyens aussi rigides, ne saurait, je le comprends, convenir à tout le monde, mais on peut, on doit même adopter une diététique similaire jusqu’à un certain point, sans renoncer entièrement à nos besoins ainsi qu’à nos plaisirs sociaux. Fontenelle, sous ce rapport, est un modèle à suivre.
La diététique n’est pas à mes yeux le seul et unique moyen de tempérer l’ardeur, d’enrayer l’action assimilatrice des constitutions robustes. La matière médicale possède aussi quelques ressources, sur lesquelles j’aurai à m’expliquer dans les suites. Observons dans ce moment que si , durant le cours de l’enfance et de la jeunesse, le tempérament lymphatique est plus
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prédisposé aux maladies chroniques que les autres , il n’est pas rare cependant de voir parvenir à une extrême vieillesse des personnes douees d’un canevas celluleux excessivement lâche, et qui furent valétudinaires durant les premières périodes de la vie. Ce fait avéré par une masse imposante d’observations, s’explique aisément. L’assimilation, constante en effet, ou pour mieux dire les sursaturations parenchymateuses s’établissent plus lentement chez les hommes
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et à mailles serrées. Le système pulpeux des premiers étant plus mollasse, leurs organes conservent plus longtemps leur souplesse et leur flexibilité.
D’après ces dogmes, dont rauthenticité est incontestable, il devient évident qu’à l’avenir le rôle du médecin ne se bornera plus à maintenir l’équilibre dans le jeu de nos organes. Il aura à surveiller encore le mode de végétation de l’organisme, et à veiller surtout au maintien de la flexibilité du canevas celluleux, et prévenir ainsi bien des douleurs. Les limites de notre art pourront, par conséquent, être reculées ; mais quel est le terme où elles pourront atteindre? Je Lignore. Malheureusement, l’on ne pourra jamais établir l’équilibre entre la recette et la dépense; l’induration sénile, par conséquent, nous conduira toujours inévitablement dans la tombe. Heureux encore si en retardant la sursaturation de nos tissus, nous parvenons à ralentir la marche du