FORMES DIFFUSES RÉGIONALES
Lorsque le foyer d'ostéite s'étend notablement, selon qu'il envahit la région antérieure ou postérieure on peut distinguer deux formes (Cadenat et Vilensky).
a) Antémarillite : ostéite du bloc osseux plein antérieur.
Le foxer primitif est sur une dent antérieure, incisive ou canine, le sillon vestibulaire est empâté à ce niveau : la fluxion envahit le nez ou la joue. comblant le sillon nasogénien, particulièrement douloureux, soulevant l'aile du nez. Le pus fuse le long de la branche montante. Enchifrènement unilatéral, larmoiement. Parfois issue de pus par le nez. La diaphanoscopie montre une transparence normale ou une opacité diffuse, surtout nasogénienne.
Incision de la tuméfaction vestibulaire, avec extraction ou traitement de la dent causale selon les cas. Vaccins. Bactériophage. Il peut être prudent de ne faire qu'un simple drainage pendant la phase très aiguë et de n'aller curetter le foyer d'origine qu'après avoir refroidi les lésions.
Lire les observations de D.38$, G. 1, S. 14.
b) Rétromazxillite ou périsinusite :
ostéite du bloc osseux creux postérieur.
La dent causale est une prémolaire ou une molaire, l'empâtement vestibulaire est postérieur, la fluxion est
peu visible, souvent localisée dans la région sousorbitaire, la diaphanoscopie montre une opacité légère.
Mais fréquemment la périsinusite provoque un empyème du sinus ou une sinusite. Le sinus apparaît alors nettement obscur à la diaphanoscopie (Cf les cas de Bu Besse
On enlève la dent causale, on curette le foyer, on incise les abcès voisins. Mais faut-il perforer le sinus par l'alvéole ? S'il n'y a pas mouchage net de pus, el provenant bien du sinus, il ne faut pas perforer le sinus qu'on risque d'infecter. S'il y a un sinus empli de pus (empyème du sinus par collection suppurée voisine déversée en son intérieur, ou sinusite vraie avec infection de la muqueuse), certains auteurs préfèrent traiter le sinus par vole nasale, mais la perforation par voie alvéolaire, suivie de quelques lavages, donne également de parfaits résultats, sans fistulisations bucco-smusales, lorsqu'elle est correctement pratiquée, et s'il n'y a pas altérations importantes des parois muqueuses sinusiennes. Même en ce cas, Darcissac dit obtenir la guérison par voie alvéolaire, par tamponnement avec acide
trichloracétique (D. 10 bis).
3° FORME TOTALE (RuPPE, CADENAT et VILENSKY).
Une poussée aussi violente semble avoir son origine dans un vieux foyer périapical torpide dont la virulence s'est trouvée relancée par un traumatisme opératoire ou une défaillance de l'état général. Tuméfaction de la joue, inflammatoire, douloureuse. Signes généraux plus ou moins accusés. Bientôt suppuration abondante,
abcès sous-périostés sur les deux tables de l'os : vestibulaires, palatins, orbitaires ou intrasinusiens. Fistules en divers points. Séquestres plus où moins étendus, généralement nombreux mais parcellaires. Ceux de l'infrastructure ou de la paroi antérieure du sinus sont vile éliminés par la bouche : ceux de la paroi interne seront retirés par les fosses nasales ou après ouverture du sinus. Il est rare de voir éliminer en un seul bloc une masse importante : toute la voûte palatine dans un cas observé par Pont, après multiples piqûres et extraclions en série, dans un cabinet commercial. Mais on voit souvent perdre, avec une ou plusieurs dents, une partie du rebord alvéolaire et la paroi externe du sinus.
Voir les cas de B. 27, C. 36, D. 29, G. 18, L. 8, P. 29, R. 32.
Dans les formes graves, 1l peut être prudent d'assurer précocement un large drainage en faisant sans tarder les extractions, la résection alvolaire et l'ouverture du sinus infecté.
Après drainage des collections suppurées et ablation des séquesires, la guérison survient généralement assez rapidement, mais sans régénération osseuse bien notable des masses superficielles. Les rechutes sont à craindre autour des séquestres profonds, difficiles à éliminer.
S'il existe un empyème du sinus ou une sinusite, le traitement sera pratiqué, selon les cas, par voie nasale ou buccale.
Pour les complications diverses : thromhophlébite, seplicémie, phlegmons de l'orbite où phlegmon diffus, ils seront vus au paragraphe suivant des complications.
Le traitement chirurgical des ostéites diffuses du
maxillaire supérieur se bornera donc à l'extraction des dents, au drainage des foyers, à l’ablation des séquestres formés, mais il sera aussi économe que possible, surtout chez l'enfant.
On aura recours aux vaccins, au sérum antigangréneux et au bactériophage, qui ont donné de remarquables résultats, surtout chez l'enfant et dans les formes seplicémiques, fréquentes au maxillaire supérieur.
Après guérison, il persiste des altérations limitées des arcades et, assez souvent, des troubles de la vue et une
notable déformation de la face.