OBSERVATION I
« Soldat CL P. du 232 d'artillerie, 6€ batterie, blessé le 10 mai 1916 par lexplosion, d’une caisse de munitions. Entre le 16 mai à l'hôpital 292. Le pansement a été enlevé avec beaucoup de difficultés à cause de son adhérence. La face dans son entier est rouge tuméfiée, boursouflée, parsemée de phlyctènes les unes ouvertes et baignant dans le sang et le pus, les autres intactes ; les paupières œdématiées empêchent les yeux de s'ouvrir. En les écartant il se produit un écoulement de pus assez abondant provenant de la conjonctivite ; le dos du nez, les lèvres, le menton sont atteints’ de brûlures du 3° degré, de même que les rebords des deux oreilles. Les deux avant-bras dans leur 1/3 inférieur, le dos des deux mains portent des brûlures du 2€ et 3e degré saignantes et purulentes. A la figure comme aux membres, la peau, là où elle est intacte, est recouverte d’un enduit noir, sale. La température atteint 3997. Nous pra-
tiquons un lavage à l’eau savonneuse à 5 % après avoir pris
la précaution de préserver les yeux avec deux tampons d’ouate sèche et nous recouvrohs les surfaces lésées avec les compresses saturées à 20 %. Le lendemain : toilette plus soignée, les croûtes, les fragments de peau sont délicatement enlevés, les phlyctènes sont ouvertes et vidées. Sous la douche savonneuse, nous promenons, en glissant, les tampons de gaze imprégnés de savon sur toutes les surfaces saines ou lésées ;le blessé ne manifeste presque pas de douleur. Nous les recouvrons ensuite de compresses sa-
, ; NE nr ne
renouvelons tous les deux jours. Dès le 4e jour, l'aspect des
plaies est propre, la tuméfaction et la rougeur ont de beau-
coup diminué, la température vespérale tombe à 3709, la
douleur avait disparu dès la 2e apphcation. À partir du 5€
jour, le malade se maintient à 37 ,9, il dort bien, mange
vonneuses et d’une couche d’ouate. Pansement que nous
bien et son état général se relève de jour en jour. La con-
Jonctivite traitée par le permanganate de. potasse et pom-
made ichtyolée cède en une semaine. Le 11 ; jun, la presque
totalité des brûlures est: cicatrisée, sauf sur les paupières
et les rebords des oreilles où les apphcations n’ont pu être
aussi intimes ni permanentes. Le 19 ; juin, toutes les plaies
du visage, des poignets et des mains sont entièrement
-guéries. | Pendant toute la durée du renoue, le blessé ne s’est
jamais plaint, le renouvellement du pansement n ’occasion-
nait n1 douleurs ni hémorragies en nappe, il provoquait au
contraire une sensation.de fraicheur et de soulagement. ti
a quitté l'hôpital sans aucune ride, sans aucune cicatrice
avec une peau fine, souple, teintée légèrement en brun.
Cette ou avait COPINE disparu 1 mois
après. » te Fe s