‹ Traitement Des Plaies Infectées Et Des Foyers De Suppuration Par Le SavonChapitre 17 sur 40 · PAT · texte numérisé non relu

PAT

fesse gauche, les muscles fessiers ont été excisés largement laissant à nu la presque totalité de la fosse iliaque externe. Le débridement et l’excision intéressent les déux tiers supérieurs de la cuisse gauche. Une mince couche musculaire recouvre seule le fémur. Suppuration abondante et fétide. les mouvements sont très douloureux, les nuits très mauvaises. Après quelques jours de pansements humides au permanganate, l’état restant stationnaire, nous prenons la résolution de soumettre cet énorme délabrement au traitement savonneux.

Dès la première application, nous avons la satisfaction d'entendre dire au blessé : « j'ai dormi toute ma nuit sans souffrir ». Dans les 5 jours suivants les phénomènes inflammatoires disparaissent, la plaie se déterge, le bourgeonne-

ment apparaît, la douleur n'existe plus, l’état général se relève graduellement.

Le 20 mai, la surface osseuse dénudée est entièrement recouverte de bourgeons charnus de bonre nature. La température s’est constamment maintenue pendant le cours du traitement entre 370 et 3706. La guérison totale et définitive a été retardée de 3 semaines par des troubles trophiques survenus sur le tissu cicatriciel. Le blessé a quitté l'hôpital au commencement d'octobre avec une très légère claudication due à la rétraction musculaire. »

OBSERVATION III (plaie du crâne)

« Sergent H. À. du 23€ d'Infanterie, blessé le 9 septembre par éclat d’obus.

Arrivé le 18 septembre dans le service avec la fiche suivante :

Fracture esquilleuse de la région pariéto-occipitale gauche à 2 centimètres de la, ligne médiane. Trépan, fissure se prolongeant très loin en arrière vers l’occiput.

André Vincent. 2

Dure-mère intacte. Il est porteur d’une large plaie des dimensions d’une petite paume de main, infundibuliforme vers la partie supéro-interne, profonde de 3 centimètres ; les rebords de la plaie sont enflammés, œdématiés, très douloureux. Température : 38,5, douleurs de tête.

Dès le deuxième jour de pansement les phénomènes réactionnels disparaissent, la plaie est d’un beau rouge.

Le 24 septembre, la dépression est presque entièrement comblée par les bourgeons charnus. Le 29 septembre, issue spontanée d’une esquille. Le 22 octobre cicatrisation complète. Pendant la durée du traitement, le blessé n’a manifesté aucune douleur, le renouvellement des pansements n’a provoqué ni souffrances ni hémorragies. »

Ainsi les résultats thérapeutiques paraissent très favorables et plus constants qu'avec le simple savonnage.

Revenons sur un fait signalé par le Dr RaATyNski. Quand on renouvelle ces pansements, les compresses qui sont au contact même de la plaie sont assez fréquemment teintées en bleu. En effet, le bacillepyocyanique s'empare aisément ‘du terrain savonneux qui constitue pour lui un milieu de culture favorable et il s’y établit rapidement en maître, assurant sa prédominance sur les autres espèces microbiennes qui à la longue disparaissent. Sa présence ne nuit nullement à l’évolution favorable des plaies. Dans certaines de ces plaies bien détergées, alors que la présence du pyocyanique était incontestable, on n’a pas hésité à faire le rapprochement des lèvres par du diachylon et on a obtenu des réunions du plus bel aspect en 4 à 5 jours.

La faiblesse du pouvoir bactéricide de cette solution : à l’égard de la plupart des bacilles, et principalement'à

Te

fe

} Le a

rl :

b LS

Page 1