‹ Traitement Des Plaies Infectées Et Des Foyers De Suppuration Par Le SavonChapitre 18 sur 40 · DRE · texte numérisé non relu

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que nous allons étudier maintenant. À f.

Ce sont ces. solutions additionnées d’un antiseptique 1

Il. TRAITEMENT DES PLAIES ET DES FOYERS DE SUPPURATION PAR DES SOLUTIONS DE SAVON ADDITIONNÉES D'UN ANTISEPTIQUE

a) Tout d’abord la solution de savon addilionnée d’alcool.

La solution que nous proposons n’est pas nouvelle. C'est la formule qui figure sous le nom de savon liquide dans le gros formulaire des hôpitaux militaires : voici cette formule :

Savon de Marseille tu sniru 150 grammes Carbona ter de REA ee Toro ATCO01 20 50 PERRE à + re M 400 grammes Eau boule RENE REA 1 litre

On prend du savon de Marseille de bonne qualité, titré à 72 %, bien blanc, sans marbrures, bien sec, que l’on : râpe, ou que l’on coupe en petites lamelles. On le dissout dans de l’eau distillée que l’on maintient à 600 en agitant jusqu’à dissolution complète. Dans cette eau distillée, on a, au préalable, ajouté 7 grammes de carbonate de K pour faciliter la dissolution du savon. La solution savonneuse ainsi obtenue est opaline louche, se prenant en masse sous l'influence du froid. Filtrée à chaud sur un

sn,

MST us

double filtre plissé, on obtient un liquide clair, transparent, ambré, dont la couleur rappelle celle de certaines urines. On termine en ajoutant à froid de l’alcool. Le liquide est filtré une dernière fois pour le rendre plus limpide. Il sera maintenu de préférence dans une pièce pas trop froide pour éviter la précipitation du savon en flocons ; si celle-ci se produit, il suffira de faire tiédir le liquide.

Ce liquide a été employé dans le traitement des plaies avec gros délabrement, attrition des parties molles, des

0s, plaies présentant le maximum d'infection tenant à

la présence presque constante de corps étrangers (terre, vêtement) chez des sujets présentant le minimum de résistance par suite des fatigues, des privations, du traitement tardif. À: |

. Ces plaies ont été traitées de la facon suivante : excision des bords de la plaie, débridement méthodique pour rechercher les corps étrangers ; ablation des tissus mortifiés, des esquilles libres, recherche de tous les récessus. Après quoi, on inonde la plaie de sérum ou de liquide hydroalcoolique, puis on installe dans les cavités des tubes de Carrel obturés à une extrémité, mais dont les orifices sont plus larges pour faciliter l'écoulement de ce liquide assez visqueux. Ces tubes seront toujours placés de telle manière que toute la plaie soit bien humectée. II est inutile de les entourer de tissu éponge pour maintenir l’imbibition ; ces tubes sont simplement calés par les compresses du pansement. Après s’être assuré de leur bon fonctionnement, on recouvre la plaie de plusieurs épaisseurs de compresses imbibées de la solution hydroalcoo-

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-lique de savon, puis on met une couche de coton hydro-

phile et l’on maintient le tout avec des bandes. Jamais on ne mettra de pansement imperméable. Les tubes doivent sortir du pansement et sont fixés aux bandes

par des épingles afin d’éviter leur déplacement lors des

mouvements du malade. Toutes les deux ou trois heures il faut irriguer la plaie. Pour cela on adapte une seringue aux tubes et on injecte une première fois violemment le liquide pour décoller les particules de savon susceptibles d’obturer les orifices, puis la seconde fois on pousse le liquide lentement de manière à ce qu’il se répande bien sur toute la surface de la plaie.

Cette irrigation peut se faire également avec le boc de CARREL en utilisant les peignes de verre à triple ou quadruple voie pour répartir le liquide aux différents tubes.

Lorsque le liquide arrive au contact de la plaie, le blessé. éprouve parfois une sensation de cuisson fugace, en général une sensation de fraîcheur. Quoi qu’il en soit cette irrigation n’est nullement douloureuse, pratiquée la nuit elle ne réveille même pas le sujet.

Les pansements ne sont renouvelés que tous les 3 ou 4 jours, en tenant compte de l’état général, de la température, de l’importance du délabrement. Au bout du 26 jour, il est possible que le pansement commence à s’imbiber superficiellement, il suffit d’ajouter du coton hydrophile et des bandes.

Quand on défait le pansement, de préférence dans une salle d'opération septique, on voit que les compresses ne présentent nulle part d’adhérence aux tissus, elles sont facilement enlevées sans faire souffrir le malade.

Avant tout nettoyage,la plaie apparaît recouverte d’un

enduit visqueux, filant, incolore, sans odeur de putréfaction,sans trace de pus. Ce liquide visqueux est facilement enlevé, soit par lavage à l’éther, soit avec la solution de

savon ; ce lavage entraîne en même temps des débris de

tissus mortifiés. La peau de voisinage,qui n’a été enduite d'aucune préparation grasse telle que les compresses vaselinées de la méthode de CARRE, ne présente aucune rougeur, aucune irritation, tout au plus à la fin du traite- ment une légère desquamation. La plaie est rouge, couleur chair musculaire, elle ne saigne pas, bourgeonne bien et va rapidement se cicatriser.

En général, le traitement au savon ne dure guère plus d’une dizaine de jours,les foyers de fracture par exemple, au bout de ce temps, sont déjà largement recouverts de tissus de cicatrisation ; la consolidation n’est nullement

contrariée par ce traitement. Voici quelques observations

de malades traités par ce procédé :

4 y AVES OBSERVATION I (inédite)

Cal... Camille, 77€ régiment d'Infanterie, blessé au bras le 18 avril 41918. Le diagnostic est le suivant : Séton inféroexterne du bras droit, avec broiement sus-articulaire de lPhumérus, sans lésion de l’articultaion du coude, par balle.

On débride les orifices et on enlève les esquilles et les tissus lésés, puis la plaie est lavée à l’éther et recouverte de compresses imbibées d’une solution de savon alcool. Le membre est immobilisé en flexion. L'évolution est favorable pendant 5 jours, puis la température s'élève brusquemment à 40 ; le soir elle atteint 4003. Le pansement est défait. Le bras apparaît très œdématié. On élargit le débridement et on

installe l’irrigation discontinue au savon : 20 centimètres

cubes de solution toutes les deux heures.

En deux jours la température descend, l’état général s'améliore, l’æœdème diminue puis disparaît. Au pansement suivant, 3 jours après, la plaie apparaît bien rouge, sans suppuration. La température se maintient au-dessous de

Au bout de 8 jours l'irrigation est supprimée, il ne s’est produit à ce moment aucune élévation thermique.

Au moment de l'évacuation, un mois après la blessure, il ne présente plus qu’une simple plaie.en surface ne communiquant plus avec le foyer de fracture ; la fracture est presque consolidée.

OBSERVATION IT (inédite)

M... Elie, blessé à la jambe. Blessure en séton antéropostérieur de la jambe droite, avec gros orifices de sortie au milieu du mollet.

Anesthésie générale. Grande incision médiane postérieure passant entre les jumeaux et sectionnant le soléaire déjà déchiré sur la ligne médiane, épluchage des muscles, Partère proplitée sectionnée est liée immédiatemént au-dessus de Panneau du soléaire. Les veines paraissent intactes. On débride l’orifise d’entrée et on fait un pansement à l’éther. A la fin de l'intervention, le pied est complètement froid, le Pachon ne donne rien. Le soir, le pied est redevenu chaud, la circulation est rétablie (10 mai).

La plaie postérieure, qui n’a jamais suppuré, évolue normalement vers la guérison, mais au niveau de l’orifice d’entrée,il se forme un gros phlegmon qui se développe dans la loge antéro-externe de la jambe. On passe un clan par lorifice antérieur et on le dirige vers le point le plus déclive de la collection. On fait à ce niveau une incision de 2 centimètres le long de ce clan. Par cette nouvelle plaie sort un

verre de pus chocolat ; on introduitipar ces deux orifices les: tubes perforés de crie ce qui permet de faire l'injection

de liquide dans les deux sens. On répète ces injections toutes les deux heures.

* Au bout de deux jours,la fièvre tombe;le gonflement dis-

& paraît, la suppuration a complètement disparu, remplacée k par le liquide filant et gluant,résidu de l’action du savon sur le pus et les tissus nécrosés. Il est évacué au bout de 15 jours sans suppuration avec un très bon état général et local.

Voici deux examens bactériologiques du DT Pierre-Louis.

Marre, pratiqués, l’un le jour de louverture du phlegmon :

ga

Frottis : Microbes assez nombreux, 10 à 50 par champ. Prédominance de diplocoques gram + amas de staphylocoques. Bacilles gram + type Perfringens.

Culture : Aérobie. Pas de développement de colonie. Dans le frottis d’ensemencement on trouve du staphylocoque.

— Anaérobie 80 colonies de Pont à \ 280 colonies d’un bacille gram +.

L'autre est pratiqué 8 jours plus tard :

Frottis : Pas de microbes visibles.

Culture : Aérobie. 1 colonie de cuti.

Anaérobie : 20 colonies de staphylocoques anaérobies..

OBSERVATION III (inédite)

F... Aspirant aviateur, blessé le 25 juin 1918, par balles - incendiaires. Il présente :

19 Une plaie commissurale inter-médius index gauche.

20 Une fracture compliquée articulaire phalango-phalangienne du pouce gauche.

30 Un arrachement des deux dernières phalanges du médius et index droit,

49 Un gros fracas articulaire du coude droit par séton,

ag Le

l’orifice d'entrée est situé dans la région supéro-interne de l'avant-bras, l’orifice de sortie dans la région inféro-interne du bras.

! On intervient sur le coude : Incision latérale interne rejoignant les orifices et découvrant les lésions ; on constate :

\ . Fig. 1. — Radiographie prise en 1918.

a __ un broiement de l'extrémité inférieure de l’humérus. LR __ un arrachement du erochet olécranien ; __ un arrachement du nerf cubital, perte de substance: 4 centimètres ; -—.le radius, les vaisseaux huméraux sont intacts. Après épluchage et ablation des seules esquilles libres on

lave à l’éther et à la solution de savon. Puis on installe Virrigation discontinue au savon ävec un peigne de Carrel à 4 voies que l’on introduit dans la cavité résultant de la ÿ

wa

Fig. 2. — Radiographie prise en 1918

perte de substance osseuse. Le membre est maintenu immobilisé en extension forcée par store.

Le 28 juin, 17 pansement. Il n’y a aucun gonflement, aucune suppuration, aucune odeur. Sous anesthésie au

NTM

Kélène on met le membre en flexion forcée. L’irrigation au savon est continuée, mais le peigne est sur la plaie et non plus dans la cavité.

Le 13 juillet, 22 pansement. La plaie est rouge, la cavité

Fig. 3. — Radiographie prise en 1937.

a disparu. On panse avec de simples compresses imbibées de savon. :

Le 20 juillet, la plaie est cicatrisée et recouverte de compresses, la mobilisation provoquée est indolore au bout de quelques jours, les mouvements spontanés augmentent rapidement d'amplitude. La rééducation est faite par le blessé lui-même qui s’astreint à balayer la salle, à porter des brocs.

Le 22 août, sur la demande du Dr Lar.…, le blessé

DE 7 je est présenté à la réunion médico-chirurgicale de Beauvais.

Résultat : Extension provoquée complète (supporte un poids de 10 kilos).

Fig. 4. — Radiographie prise en 1937.

Q Q A 2 : que TA PRIS Extension active gênée par la suppression de l’olécrâne et du tendon du triceps.

ee

DST) LE:

Flexion presque complète.

Prono-supination complète.

Il déplace son membre supérieur dans toutes les positions, se sert de sa main pour écrire malgré la section du cubital.

Une radiographie du coude lésé pratiquée, après cicatri-

sation complète des parties molles, par le D? Bril.."le 20

juillet 1918, face et profil, a montré d'énormes lésions osseuses. Fe

10 Au niveau de Pan inténeure de ere) l’épitrochlée a disparu ; ainsi la trochlée tout entière avec les cavités olécraniennes et coronoïdienne n'existe plus, il ne reste que le condyle avec son épicondyle déjeté en dehors, surmonté d’une lame osseuse triangulaire à pointe supérieure légèrement subluxée en arrière. Ce reliquat humé ral de l'articulation du coude est relié à la diaphyse humé-: rale par un cal osseux aplati, irrégulièrement quadrilatère, bien ossifié allant du bord interne du fragment condylien au bord externe de la diaphyse humérale, et ayant une hauteur de eimq centimètres.

A l'extrémité supérieure du fragment sus-condylien, on

note une petite particule opaque, reliquat e balle explo-

sible.

Du côté du squelette AREA, les lésions sont inégalement réparties.

Au niveau du radius. La tête radiale est presque intacte, elle présente seulement un arrachement de la partie antérosupéro-externe, au niveau de laquelle on voit un cal irréœulier mais bien ossifié ; aussi, la cupule radiale, qu'on voit nettement de face et de profil, a gardé son contact avec. le condyle ; c’est tout ce qui reste de l’articulation normale du coude.

Au niveau du cubitus. Les dégâts sont bien plus considérables, lapophyse coronoïde, au niveau de son bec, et de sa partie articulaire, l’olécrâne est détruit sur une longueur

de plus d’un centimètre. Suppression de sa surface arti-

Les MR HÉRE DA D : Fe LR résumé, l'articulation “humérocubitale a bte tement disparu. | HAUSSE MEN à A

Nous avons pu avoir, grâce à l’obligeance du Dr Jouveau . Dusreuur, une nouvelle radio “E ce coude faite 18 ans res. 2 PSC Be ARS ”

Du côté de l humérus, on constate : 10 que le cal reliant le condyle à la diaphyse s’est réduit et organisé, on y voit 4 nettement les nouvelles travées osseuses ; 20 au niveau de: ù Ja région sus-Jacente aux cavités coronoïdienne et olécra- nienne disparues, il existe des proliférations osseuses, avec une sorte d’ interligne irrégulier qui paraît s’articuler avec = ce qui reste d’une partie de l° extrémité supérieure du cubitus. = Du côté du radius, il existe au niveau de la partie externe dé la tête du radius une collerette de tissu de néoformation. St osseuse, bien organisée ; l’interligne radio-huméral est plus net que sur la première radiographie.

Du côté du cubitus. Il existe des prohférations osseuses. au hiveau des lésions coronoïdienne et olécranienne.

OBSERVATION IV (inédite)

Del... 1 étranger, biais: le 26 avril, 8 h. 30, opéré 27 L même heure.

Diagnostic. Séton région inférieure de la jambe droite, : fracture de la diaphyse péronière, épanchement intra-arti- eulaire de la tibiotarsienne.

Opération. Débridement des orifices, ablation des es-

quilles libres et des tissus mortifiés, lavage éther, avec mèche, pansement à plat au savon.

Le 28 avril, la température monte à 40. Installation de lPirrigation discontinue, au savon, dans les trajets et ‘au niveau du foyer de la fracture: Le 29, la température est

du mollet, par éclat d’obus.

: JMD

stationnaire ; le 30, elle commence à descendre, l'irrigation

a lieu toutes les deux heures, le jour, et d’abord deux fois la nuit. | Les pansements sont faits tous les deux jours, puis tous les 3 jours, la plaie est bien rouge, sans aucune suppuration. Evacué au bout de 3 semaines, en très bon état local et général, malgré une élévation de température de 3 jours due à un léger embarras gastrique.

OBSERVATION V (inédite).

Tex. Broiement du tarse et du métatarse pied droit par éclat d’obus.

Opération. Amputation du pied (Syme). Suture partielle, installation de l’irigation discontinue au savon pendant huit jours ; pas de gonflement, pas de suppuration. Evacué au bout de 3 semaines, en très bon état local et général ;

les points de la suture partielle n’ont pas bougé, et la plaie est presque complètement cicatrisée.

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