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Et pendant l'année qui suivit sa communication, le chirurgien lyonnais pratiqua plusieurs fois la résection des côtes pour obtenir la cicatrisation de vieux empyèmes. Il put en opérer 3 pendant l'année 1875. Ceci prouve que, dès cette époque, il avait conçu et praticiué une opération qui prit plus tard une grande place dans le traitement de la pleurésie purulente, et à laquelle son nom est indissolublement lié. Estlander, il est vrai, — le témoignage de ses élèves en fait foi, — n'avait pas eu connaissance de la publication de Letievant. Et, bien plus, même en France, le mémoire d'Estlander eut d'abord peu de retentissement.
C'est à Weiss, de Nancy, que l'on doit ensuite la première observation d'empyème traité par cette méthode; la seconde fut pratiquée à Lyon, par M. Poncet, en 1882 ; la troisième à Paris, la même année, par M. Bouilly.
C'est cette dernière observation qui fit l'objet d'un rapport de M. Berger, et le point de départ de nombreuses discussions au sein de la Société
de chirurgie.
Le rapport de M. Berger, présenté en 1883, plus d'un an après l'opération de M. Bouilly. contenait déjà, outre les relations de cette opération, quatre observations inédites, dont deux de M. Berger lui-même, une de M. J- Bœckel, de Strasbourg, et une seconde de M. Bouilly.
« En réunissant à ces observations celles qui avaient déjà paru dans la littérature chirurgicale étrangère, M. Berger arrivait au total de 26 cas
parmi lesquels il y a 10 guérisons complètes, 5 améliorations notables, 3 insuccès, 4 résultats inconnus, et 4 cas dans lesquels l'insuccès fut suivi, plus ou moins longtemps après l'opération, de la mort du malade. En s'appuyant sur ces faits, M. Berger fit une étude complète de la résection costale, appliquée au traitement des vieux empyèmes. » (Boicveret, p. 708.)
Dès cette époque, les observations se multiplièrent et cette question revint fréquemment devant des Sociétés savantes. MM. Lucas-Ckampionnière, Chauvel, Nicaise, Perier, Bouillij, Berger, Trelat, Verneuil apportèrent des faits nouveaux. Et, alors, on s'aperçut que les résultats devenaient moins favorables, et, surtout, que les indications opératoires en étaient mal connues. Bien souvent, l'évacuation du pus ne fut pas suffisante et l'on en vint à chercher à agir directement sur la plèvre, par des moyens que l'antisepsie avait rendus faciles, par le curage, le grattage et même l'excision d'une partie de la paroi de la poche purulente. Ce complément à l'opération fut d'abord pratiqué Jssi. par Max Schede. Après avoir fait la résection de 3 à 4 côtes dans l'étendue de 10 à 12 centimètres, Max Schede enlevait à l'aide de ciseaux toutes les parties molles correspondantes, sauf la peau, et liait les vaisseaux intercostaux. Le lambeau cutané retombait dans la perte de substance et s'appliquait sur la plèvre pulmonaire.
Beckel (de Strasbourg) a décrit un procédé isse. opératoire qui complète avantageusement tous
les précédents. Il fait une large résection costale et, par là, mobilise la paroi thoracique; il peut ainsi découvrir la plèvre dans une grande étendue; puis, il l'incise crucialement, racle et gratte la face interne de la cavité suppurante. 1891. Dernièrement, M. Quénu (Académie de médecine, 1891), pour obtenir la mobilisation de la paroi, sans avoir recours à de grandes résections costales, a proposé et pratiqué une opération qui consiste dans la résection de 5 à 6 côtes sur une faible étendue, 2 centimètres, une première fois en avant, et une deuxième fois en arrière, suivant deux lignes verticales. 11 résulte de cette intervention très ingénieuse, un volet mobile qui, dans les cas observés par M. Quénu, s'affaissa facilement.
DEUXIÈME PAllTIE
SOMMAIRE
Des opérations pratiquées contre les pleurésies purulentes.
A. Thoracenlèse.
i° Indications générales ; 2» Manuel opératoire;
30 Instrument de choix. Accidents delà thoracenlèse. io De la méthode dite <r des Ponctions répétées » ; 2° De la méthode dite « des Ponctions suivies d'injections ». Exposé des opérations. Critiques.
B. De l'opéralion de l'empyème.
10 Uliliié de l'opération. Il n'y a qu'une seule opération de l'empyème. Ce qui diffère seulement, ce sont les soins consécutifs ;
2» Manuel opératoire, a. Ponction exploi-alrice. b. Lavage du champ opératoire. Désinfection des chirurgiens et des instruments, c. Chloroformisation. d. L'opération. E. Pansement, f. Etude détaillée du choix de l'espace à inciser.
30 Soins consécutifs. Lavages de la plèvre. Leurs indications. Principaux liquides employés.
4° Des accidents et complications de l'opéralion.
A. Accidents opératoires.
B. Accidents post-opératoires.
c. Accidents nerveux après l'opération de l'empyème : Embolies.
Troubles moteurs.
Attaques syncopales.
Eclampsie pleurétique.
c. Du traitement de certains empijémcs chroniques.
Des opérations applicables aux fistules pleuro-cutanèes
permanentes. Opération d'Estlander.
A. Examen de la cavité purulente, b. Manuel opératoire.
c. Suites de l'opération.