‹ Traitement des pleurésies purulentesChapitre 6 sur 38 · Sedillot, Thèse de concours · texte numérisé non relu

Sedillot, Thèse de concours

DES PLËUEÉSIES PURULENTES

tiques, on est plus tenté de s'étonner de l'oubli et presque du dédain dans lesquels l'opération de l'empyème fut tenue pendant si longtemps, qui fut si redoutée, et dont la réhabilitation date d'hier à peine.

Hippocrate avait décrit le procédé opératoire ; les méthodes diverses sont en germe dans son œuvre; les injections consécutives n'y sont même pas oubliées.

Un grand nombre d'indications existaient alors à l'opération de l'empyème. Elle était recommandée : i" pour les épanchements purulents, suite de pleurésie; 2° pour l'hydrothorax; 3° pour les épanchements circonscrits et peu étendus de la pleurésie; 4° pour les abcès du poumon; 5° pour les épanchements de pus déterminés par les blessures de la poitrine.

Dans la pleurésie purulente, lorsque le 15^ jour il y avait toux et fièvre violente, douleur de côté, impossibilité de se coucher sur le côté sain, décubitus sur le côté malade, gonflement des pieds et des cavités orbitaires, on devait mettre le malade dans un bain chaud, puis, l'ayant assis sur un siège solide, on lui faisait tenir les mains, imprimer une secousse aux épaules, et l'on cherchait à saisir de quel côté de la poitrine venait le bruit liquide. Lorsque l'épanch ement de pus résulte d'une blessure de la paroi Ihoracique, les signes sont les mêmes que ceux de l'empyème pleurétique; on les peut reconnaître — lorsque la succussion ne donne aucun signe — en étendant une

T H A ITEMENT

couche de lerrn (Véréine. délayée sur If thorax. L'endroit qui se sèche le plus tôt est celui où est le pus.

Dans les empyomes pleurétiques, on devait inciser inférieurement, et en arrière plutôt qu'en avant, la tumeur qui était apparue, afin d'offrir au pus une issue plus facile. La peau était d'abord divisée, avec un rasoir, dans l'intervalle des côtes ; puis, on ouvrait la tumeur par ponction, avec un bistouri aigu, dont la lame devait être enveloppée d'un linge, à l'exception de la pointe, qu'on laissait libre dans la hauteur de l'ongle du doigt médius.

Lorsque la quantité du pus écoulé était jugée suffisante, on fermait la plaie avec un tampon de lin auquel on attachait un fil qui pendait au dehors, et chaque fois on donnait au pus une issue nouvelle. Le 10" jour, après avoir fait sortir la totalité du liquide, on introduisait un tube dans la poitrine dans laquelle on injectait un mélange tiède devin et d'huile, pour que le poumon, habitué à l'humidité du pus, ne restât pas trop longtemps desséché. On faisait écouler le soir le liquide injecté le matin, et le matin, celui du soir. Dès que le pus n'était pas plus épais que de l'eau, et qu'il paraissait doux et onctueux au doigt, on plaçait dans la plaie une canule d'étain, que l'on diminuait peu à peu, pour que l'ulcère pût se resserrer ; on arrivait à la retirer complètement. Les tumeurs de la plèvre se traitaient de la même manière, mais on pommait les ouvrir

avec le fer rouge ou par l'incision, et l'injection du mélange d'huile et de vin se faisait seulement pendant 5 jours. Lorsque le pus ressemblait à de la tisane et qu'il était doux au toucher, on plaçait la canule et l'on agissait comme dans le cas précédent.

Lorsque l'opération de l'empyème avait été pratiquée ou qu'une blessure de la poitrine avait eu lieu, il arrivait que le poumon tombait sur le côté blessé, et il en résultait un obstacle à l'issue du pus; alors, on introduisait une petite vessie dans la plaie, on l'insufflait et l'on engageait profondément la canule d'étain.

Le pronostic avait chez les anciens une trop grande importance pour n'être pas arrivé cà des principes fixes. Aussi', voyons-nous, dans les Aphorismes', que « les empyématiques ouïes hydropiques opérés par incision ou cautérisation, si le pus ou l'eau est évacué tout d'un coup, périssent infailliblement ».

« Quand on ouvre un enipyème par cautérisation ou par incision, si le pus coule pur et blanc, les malades réchappent, mais, s'il est sanguinolent, bourbeux et fétide, ils succom-bent. »

N'était donc l'incertitude dans le diagnostic, on trouve dans l'œuvre d'IIippocrate une méthode' opératoire, l'indication des soins après' l'ouvertm-e de la poitrine, et des déductions

i. Traduction de Littré, p. 571.

Disciples d'Hippocrate.

Galien.

Découverte de l'aspiration.

L'opé ration de l'empyème commence à être moins souvent pratiquée.

pronostiques auxquelles il n'y a presque rien à reprendre aujourd'hui.

Pendant longtemps, les disciples d'Hippocrate, sans renoncer complètement à l'opération, tentèrent d'en modifier les procédés. Quelques-uns eurent recours, pour pénétrer dans le thorax, à la térébration de la 4« côte, comptée en commençant par en bas, et ce moyen, qui resta en faveur jusqu'à Gelse, fut ensuite abandonné, puis repris de nos jours par Sedillot.

Galien revint à la pratique des incisions et des cautérisations d'Hippocrate : «' Ouvrez, disait-il, l'empyème entre deux côtes et laissez couler le pus peu à peu, ou bien perforez la poitrine avec en fer rouge. » On retrouve, la môme opinion, exprimée, dans le traité » des différentes pleurésies » , mais, aux deux procédés anciennement connus, Galien ajouta dans les plaies de poitrine le procédé par succion, au moyen d'un instrument de son invention, appelé pyulque*. Ce n'e.st en somme qu'une seringue aspirante garnie d'une longue canule ^ A Galien donc remonterait la métiiode aspiralricc.

Après Galien, et pendant les siècles qui suivirent, l'opération de l'empyème tomba vite en discrédit. Les médecins latins de la décadence en parlent à peine, paraissent ne l'avoir guère pratiquée. LahaVdiesse manquait aux opérateurs. Puis

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