‹ Traitement des pseudarthroses par l'autoplastie périostiqueChapitre 6 sur 7 · INDICATIONS DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

INDICATIONS DE LA MÉTHODE

Relativement à l’application de notre méthode, nous avons à examiner actuellement si elle peut avoir lieu dans toutes les pseudarthroses.

On sait qu’il existe plusieurs variétés de pseudarthroses : les unes consistent dans une sorte de méningose; les deux bouts sont plus ou moins amincis et réunis par un trousseau fibreux plus ou moins épais. Dans ce cas la résection avec conservation du périoste est parfaitement applicable, elle offre en outre les plus grands avantages en ce qu’elle permet de détruire complètement ces liens fibreux interosseux et périphériques qui forment le plus grand obstacle à la consolidation.

D’autres pseudarthroses sont très serrées, les fragments se touchent par une surface transversale assez large, le lien qui les unit est très court, de sorte que les fragments jouissent d’une mobilité très restreinte; ces fausses articulations sont de véritables arthroses. Dans ce cas encore, notre méthode est indiquée et son exécution n’offrira aucune difficulté.

Enfin il existe une troisième variété de pseudarthrose qui consiste dans la jonction des deux fragments dans une direction plus ou moins oblique, avec des liens fibreux interposés, mais avec des surfaces plus ou moins anfractueuses, ce sont comme des articulations par emboîtement réciproque. Dans ce cas, si la pseudarthrose

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n’offre qu’une très petite obliquité, notre méthode est bonne et applicable. Que faisons-nous, en effet, si ce n est une section parfaitement semblable à celle-ci ? Il ne saurait donc y avoir là aucune difficulté; nous dirions même plus, ce cas est celui qui se prête le mieux à notre opération.

Mais il n’en est plus de même si la pseudarthrose est très oblique. Il nous faudrait alors faire une section des parties très étendues et une section des os vraiment trop considérable pour que nous n’ayons pas à exprimer quelques craintes sur les dangers et sur le résultat de l’opération. Mais dans cette circonstance, l’on peut se demander s’il n’y aurait pas possibilité de faire une résection incomplète du fragment supérieur et du fragment inférieur en pratiquant tout de même la dissection du périoste. C’est certainement ainsi que nous nous comporterions en présence d’un cas semblable.

Nous ne voulons pas terminersans ajouter une dernière réflexion. Malgré toute la supériorité que nous nous plaisons à accorder à notre méthode, nous devons dire qu’elle n’est pas exempte de danger. Nous reconnaissons qu’elle est tout aussi dangereuse que la méthode de White et que ses indications sont les mêmes. Il est évident qu’un chirurgien prudent n’ira pas d’emblée pratiquer une opération de résection sans avoir tenté des moyens plus simples, tels que le frottement des fragments, l’incision sous-cutanée des bouts des fragments, ainsi que M. Velpeau l’a pratiquée récemment, à l’hêpilaldela Charité; mais si, après avoir employé ces moyens, la consolidation ne survient point, il n’y a plus d’autres ressources, et c’est alors que nous conseillons la résection avec conservation du périoste, c’est alors que l’autoplastie périostique nous offrira les plus grandes chances de guérison.

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