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lises. De plus pour que celte mélhode donne vraiment de bons résultats il faut non seulement que les malades ne soient pas groupés en trop grand nombre, mais encore qu'ils soient à l'abri de toutes influences fâcheuses, de toute contre-persuasion ; conditions difficiles à réaliser dans les services spécialisés où se trouvent réunis les sujets de bonne et de mauvaise mentalité.
Alors que par la persuasion seule on n'obtient que bien rarement la disparition soudaine d'un accident psyclionévropathique, l'adjonction d'un moyen de suggestion permettra d'atteindre ce but. Cette guérison soudaine du trouble moteur n'est pas sans influencer heureusement le psychisme du malade. C'est sur le principe de cette association thérapeutique qu'est basée la méthode brusquée de M. Babinski. C'est elle que nous avons mise en pratique avec quelques modifications destinées à l'adapter à la mentalité spéciale des hystériques militaires. Elle nous a donné d'excellents résultats.
Les moyens de suggestion, adjuvants de la persuasion, varient suivant le tempérament de ceux qui les mettent en œuvre, et se jugent à leurs résultats. Le cadre de ce livre nous empêchant de les décrire tous, nous nous bornerons à exposer les moyens dont personnellement nous nous sommes servis depuis un an et demi à Salins pour aider notre persuasion et à dire comment nous avons pratiqué celle ci.
B. — Comment nous appliquons la psychothérapie.
Pour changer l'état psychique de malades anciens, ayant subi déjà de très nombreux traitements, ayant souvent perdu toute confiance dans la médecine et les médecins, il nous a semblé qu'une période de préparation était indispensable. C'est seulement après celle-ci que nous cherchons à faire disparaître, à «décrocher» l'accident psychonévropathique. Ce résultat obtenu, nous continuons par des séances quotidiennes, dans le cabinet médical, a confirmer la guérison de l'accident moteur. Nous soumettons enfin nos malades à un entraînement militaire. Nous allons examiner successivement chacune de ces phases du traitement :
lo Préparation ; — 2° Réduction du trouble moteur (décro-
chage, déclanchement, etc.); 3° — Consolidation du résultat obtenu (ou fixation) ; — 4" Entraînement médical et militaire.
1° Préparation.
C'est là à notre avis, le temps capital de notre méthode psychothérapique. Cette préparation commence au Noyau central de notre Centre Neurologique où se fait le triage entre les organiques et les fonctionnels. Après un examen approfondi, ces derniers sont avertis de la curabilité de leur maladie. Dès lors l'on s'efforce progressivement d'enlever de l'esprit du malade l'idée trop souvent ancrée que les médecins ne peuvent plus rien pour lui, qu'il est définitivement infirme, qu'il n'y a plus qu'à le laisser se promener, s'occuper, se distraire comme il l'entend. Au contraire, nous lui demandons de garder le repos au lit en lui expliquant combien ce repos pourra faciliter sa guérison prochaine. Les conversations persuasives du médecin parviennent généralement déjà à modifier la mentalité du malade, à lui faire entrevoir la possibilité d'une guérison à laquelle il avait souvent renoncé depuis longtemps, à lui faire accepter un nouvel essai de traitement qu'il était parfois décidé à refuser. Les causeries avec des camarades antérieurement guéris ou les lettres d'amis qui viennent d'être traités, achèvent fréquemment d'entraîner une conviction jusque-là hésitante.
« Cette psychothérapie, dit Rimbaud, que j'appellerai volontiers « psychothérapie mutuelle » est certainement de toute efficacité. Je veux en donner un exemple. Nous avions envoyé du Centre