ORTEILS
Il nous paraît inutile de revenir sur ce que nous avons dit à propos du poignet et des doigts, nous nous bornons à dondonner nos observations.
Obs. XXXIX.
Raideur de V articulation tibio- tarsienne droit. Arthrite chronique. Extension, flexion , rotations forcées. Massage. Guérison.
T..., 29 ans. Il y a trois ans, rhumatisme subaigu, salicylate de soude. Bains chauds, électricité ; galvanisme. La tuméfaction disparut peu à peu sans laisser de traces ; la marche est pourtant sérieusement entravée ; elle n’est accompagnée ni de douleur, ni de fatigue. S’il marche un peu, la jambe et le pied lui semblent très lourds ; il éprouve une sensation singulière d’engourdissement, comme s’il avait, dit-il, une jambe de bois. Il est mieux aussitôt qu’il se couche. Peu à peu la mobilité du pied a diminué. Tuméfaction au niveau de l’articulation tibio-tarsienne et du tendon d’Achille, un peu de fluctuation au même niveau.
Ne peut marcher sans s’appuyer sur une canne. Pas de douleurs spon-
lanées, sauf aux changements de temps et après une marche assez longue ; points douloureux derrière les malléoles du côté droit avec irradiation dans le triceps sural. Tuméfaction sur le trajet du long péronier et douleur au même niveau. La marche sur un terrain incliné est extrêmement difficile. Extension et surtout flexion très limitées. Mouvements de circumduction très limités. Massage. Extension, rotation, flexions forcées. Presque pas de réaction.
La tuméfaction disparut peu à peu, au bout de six semaines, la marche redevint libre. M’a écrit depuis qu’il pouvait gravir sans fatigue les pentes rapides.
Obs. XL.
Raideur de /’ articulation tibio- tarsienne consécutive à une entorse. Extension, flexion , rotation forcées. Guérison.
M. J..., 46 ans, cultivateur. Il y a quatre ans, tombe d’une échelle, eut à ce moment la sensation que quelque chose se déplaçait dans le pied droit. Tuméfaction immédiate considérable, sugillations de la peau, chaleur et douleur. Garde le lit pendant trois semaines. Au bout de ce temps peut marcher en s’appuyant sur une canne. Tous les jours pendant quinze jours pointes de feu ; pas de résultat. En 1882, fait une saison dans une station thermale: on administre des douches chaudes sur le pied en même temps qu’on a recours au massage et aux mouvements passifs. Ce traitement ne fut suivi d’aucune amélioration. Au contraire, à son retour, la raideur avait tellement augmenté que les moindres mouvements étaient difficiles. Voici l’état du malade au mois de mars 1885 : Marche difficilement en s’appuyant sur une canne. Toute la région tibio-tarsienne est le siège d’une tuméfaction assez dure ; elle est surtout prononcée dans la région de la malléole externe. Pas de fluctuation nette, un peu de sensibilité à la pression.
La flexion est limitée : l’extension l’est davantage. Dans les tentatives d’extension passive du pied, on éprouve bientôt une résistance assez accusée, lorsqu’on veut la prolonger au delà de l’angle droit; cette tentative est accompagnée d’un craquement.
La rotation surtout du côté droit est notablement diminuée. Atrophie prononcée des muscles de la jambe et surtout du jarret. L’extension et surtout la flexion forcée sont très douloureuses, de telle sorte que, les premiers jours du traite ment, le malade les supporte mal, plus tard la douleur est beaucoup moindre, il n’y a plus comme au début de sugillations sanguines sur la face dorsale du pied ; après deux mois et demi de traitement, le malade a regagné la plus grande partie du mouvement qu’il avait perdu. Il peut étendre son pied sans difficulté, la flexion se fait bien. La rotation et les mouvements de latéralité ne laissent rien à désirer.
La marche n’est ni gênce ni accompagnée d’une grande fatigue. Massage énergique des muscles et des articulations. Plus de tuméfaction.
Obs. XLT.
Raideur désarticulations phalangiennes des orteils des deux côtés consécutives au rhumatisme chronique. Déformation en griffe. Extension forcée. Massage. Guérison.
M. L..., 44 ans, capitaine au long cours. Je vois ce malade pour la première fois au mois de décembre 1882. A ce moment, présente différentes manifestations rhumatoïdes, les plus anciennes remontent à cinq ans. Infiltration œdémateuse des deux genoux, épanchement de sérosité dans l’articulation tibio-tarsienne gauche, dans une des bourses sereuses du creux poplité, des indurations inflammatoires du muscle moyen fessier du côté droit. Je finis par avoir raison de tout à la suite d’un traitement assez long. Je ne revis le malade qu’au mois de mars 1885, il n’a eu de récidives pour aucun des accidents traités ; seulement, il éprouve depuis quelque temps des douleurs peu marquées du pied gauche ou du voisinage avec un peu de tuméfaction des phalanges des orteils ; la marche est entravée, de telle sorte qu’il ne peut faire une promenade sans se reposer de temps en temps.
A ce moment, je constate non sans étonnement que les quatre derniers orteils sont fortement fléchis; que cette difformité a atteint un tel degré dans le second et le troisième que, pendant la marche, c’est leur face dorsale qui touche le sol. Les articulations phalangiennes sont fortement tuméfiées, on provoque de la douleur en pressant audessus d’elles. Les tendons des fléchisseurs font saillie vers la plante du pied, ils semblent tuméfiés et légèrement endoloris. La mobilité des doigts est très faible ; résistance assez forte à l’extension forcée. Au bout de dix semaines, l’extension des orteils est suffisante pour que le malade puisse marcher sans la moindre difficulté.
Obs. XLII.
Raideur des articulations phalangiennes des orteils consécutives au rhumatisme blennorragique. Massage. Extension et flexion forcées . Guérison.
M. D.. Il y a quelques années, arthrite blennorragique du genou droit. Autre arthrite de même nature, au mois de novembre 1884, les articulations phalangiennes du pied du même côté sont également prises. A la suitede la première attaque il n’est restéqu’une raideur articulaire légère et facile à vaincre. Après la seconde, les orteils sont restés rigides. Au moment où je vois pour la première fois ce malade, je constate que la
deuxième phalange du troisième orteil est fortement dévice vers le dos du pied, tandis que l’extrémité est infléchie vers la face plantaire. Les articulations correspondantes sont tuméfiées, mais non douloureuses à la pression. La mobilité est limitée, soit dans l’extension soit dans la flexion. Avant de rectifier la direction de ces orteils, nous faisons le massage. L’extension et la flexion forcée sont très douloureuses, mais suivies d’une réaction très faible. Ce malade peut marcher sans difficulté immédiatement après l’application du procédé. Au bout de neuf semaines, la déviation est presque corrigée, la marche n’est plus entravée.
UBRARV