NOTIONS DE PATHOLOGIE
Le traitement que nous allons étudier, ne s’adresse pas à tous les rétrécissements du rectum, mais bien aux rétrécissements inflammatoires, à l'exclusion des rétrécissements cicatriciels, congénitaux et des rétrécissements cancéreux.
C’est dire qu’il s'agira d’un malade venu consulter pour une constipation opiniâtre, résistant à toutes les thérapeutiques, s’accompagnant de déformation des matières, rubannées ou ovillées, et alternant avec des débâcles de fausse diarrhée.
Il se plaint aussi d’un écoulement de pus et de glaires par l’anus, écoulement abondant et continuel; parfois aussi d’hémorragies rectales plus ou moins abondantes.
Chez un tel malade, le toucher révèle dans les derniers centimètres du rectum, une muqueuse granuleuse, râpeuse, ayant perdu son élasticité, et qui donne au doigt la sensation de carton. Quelquefois, il y a de véritables végétations de rectite proliférante.
Au-dessus, le doigt s'engage dans un entonnoir à parois résistantes, bosselées, irrégulières, dures, se terminant en haut par un anneau fibreux.
La muqueuse : a perdu toute sa souplesse, elle est
cartonnée sur toute la circonférence du rectum. C’est
un véritable manchon, une gaine scléreuse qui immobi-
lise le rectum dans le bassin, tout en le rétrécissant.
Le plus souvent, le doigt ne peut franchir le rétrécissement pour aller reconnaître au-dessus la surface ulcérée.
Le rectoscope montre, dans les derniers centimètres, une cavité irrégulière, avec une muqueuse rouge, enflammée, ulcérée, ou bien blanchâtre, grisâtre avec des mamelons brillants faisant saillie.
Plus haut, le rétrécissement, tuyau rigide, à parois épaissies, recouvertes de muco-pus, sans ulcération à son niveau, mais avec des parties rouge vif, des taches ecchymotiques, hérissées de mamelons et d’autres parties d’aspect blanchâtre, cicatriciel.
Parfois le rétrécissement prend l'aspect d'un dia-
‘ phragme perforé au centre par un orifice circulaire ou
triangulaire. Ce diaphragme bordé de granulations, de mamelons opalins parfois très vascularisés, jamais friables, se distingue de celui des rétrécissements congénitaux qui est limité par un bord tranchant.
Au-dessus du rétrécissement que franchissent seulement, en général, les pétits rectoscopes de 10 ou de 15 mm., il existe de nombreuses petites ulcérations ou même une véritable recto-colite érosive. |
Ces ulcérations résultent en grande partie, au moins, de la stase fécale au-dessus de l'obstacle.
L'ulcération unique et très étendue, décrite par Gosselin, est exceptionnellement rencontrée lors de cet
examen.